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Premières pages

Messali Hadj, le retour d’une grande figure
Ce livre sur Messali Hadj a été rédigé entre 1975 et 1977 pour les besoins d’une thèse soutenue à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en mai 1978. Le jury de cette thèse, qui a obtenu la mention très honorable avec les félicitations, était composé de Jacques Berque, Annie Rey Goldzeiguer et Charles-Robert Ageron. Depuis cette thèse , de nombreux travaux ont été réalisés sur cette grande figure du nationalisme algérien. Messali Hadj, placé dans le silence d’une histoire officielle pendant de nombreuses années, est revenu en pleine lumière.
 
Dans le silence d’une histoire officielle
En Algérie, pendant très longtemps, l’histoire a été massivement utilisée pour justifier le sens d’une orientation politique1 . Une histoire officielle s’édifie après 1962 qui met au secret des pans entiers de la guerre d’indépendance (les affrontements tragiques entre le FLN et les messalistes, le rôle des immigrés dans la construction du nationalisme algérien, la mise à l’écart des « berbéristes » et communistes dans les maquis, l’engagement des femmes dans la lutte nationaliste etc..), efface les noms des principaux acteurs de cette révolution.
 
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Le poids des groupes de mémoire


La guerre d’Algérie, livrée entre 1954 et 1962, réveille sans cesse de vieilles blessures qui n’en finissent pas de cicatriser. Cette guerre livrée contre des Algériens qui réclamaient leur indépendance apparaît comme un mélange tragique de souvenirs cruels, de regrets, peut-être de remords… « Des feux mal éteints », comme l’écrivait le journaliste Philippe Labro dans son roman autobiographique paru en 1967. Ils sont nombreux, en France, les groupes porteurs de cette mémoire diffuse : combattants désespérés de l’OAS1 , et déserteurs ou insoumis rangés du côté du FLN2  ; simples soldats du contingent ou officiers de l’armée française ; fils de harkis3  de nationalité française, ou jeunes enfants de nationalistes algériens ; hommes politiques d’aujourd’hui qu’obsède le souvenir de cette guerre et, parfois, de leurs reniements ; partisans de l’Algérie française, ou défenseurs de l’indépendance algérienne ; et bien sûr, la masse des « pieds noirs »4 , chrétiens ou juifs, de droite ou de gauche, originaires des villes ou des campagnes, mêlés…
 
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Les saignements de la mémoire
21_LaGangrene_et_lOubli_BStoraCet ouvrage sur la mémoire de la guerre d’Algérie a été rédigé en 1990-1991. Trente ans après l’indépendance de l’Algérie, j’ai tenté de montrer comment cette guerre ne se finissait pas, dans les têtes et dans les cœurs. Parce que, de part et d’autre de la Méditerranée, elle n’a pas été suffisamment nommée, montrée, assumée dans et par une mémoire collective.

La mise en mémoire qui devait permettre l’apaisement par une évaluation rationnelle de la guerre d’Algérie a été « empêchée » par les acteurs belligérants. Le lecteur verra comment se sont mis en place les mécanismes de fabrication de l’oubli de ce conflit inavouable ; comment les « événements » qui se sont produits entre 1954 et 1962 ont structuré en profondeur la culture politique française contemporaine ; comment une frénésie de la commémoration de la guerre, en Algérie, a fondé une légitimité militaire étatique, appuyée sur un parti unique.
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Le 3 juillet 1962, l'Algérie est indépendante. Les premières forces militaires françaises s'apprêtent à quitter le territoire. Le pays doit sortir de l'état colonial, du sous-développement, bâtir un État, devenir une nation à part entière.
Comment cette grande partie du Maghreb central aux paysages contrastés est-elle devenue une contrée politique, puis une patrie ; ou plutôt, comment l'Algérie qui n'était pas une nécessité géographique l' est-elle devenue ? L'« invention » d'une Algérie dans ses frontières et ses langues actuelles, la fluidité des espaces de peuplement, la vigueur des échanges culturels qui unissent en esprit, le mélange de sociabilités politiques pour l'indépendance, le rôle unificateur de l'islam sont étudiés dans deux ouvrages de la collection « Repères » qui ont précédé celui-ci. L'Histoire de l'Algérie coloniale 1830-1954, et L'Histoire de la guerre d'Algérie (1954-1962) disent comment l'Algérie est née d'une volonté politique apparue au début du XXe siècle, et poursuivie par une longue guerre d'indépendance contre la puissance coloniale française.
 
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Hommage à Benjamin Stora, Mucem, Marseille, 31 mai 2018

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