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Actualités

par Benjamin Stora

2016 14 octobre College de France Stora Bonjour, je vois que vous êtes nombreux. Le thème de la migration mobilise beaucoup de personnes dans la société française d’aujourd’hui. Cette question reste au centre du débat politique, notamment en prévision de l’élection présidentielle de 2017.

Je voudrais, tout d’abord, en introduction de mon intervention, remercier le Collège de France pour le partenariat que nous avons réalisé avec le Musée National de l’histoire de l’immigration.  Et en tant que Président du Conseil d’orientation du Musée, je voudrais remercier tout particulièrement Patrick Boucheron qui m’a invité à participer à cette rencontre ; ainsi que madame Florence Terrasse-Riou qui a travaillé avec la Directrice de l’établissement, Hélène Orain, notamment pour l’exposition qui se déroule ici, au Collège de France. Dans cette introduction, je tenais à signaler ce fait : le Musée national de l’histoire de l’immigration qui n’a été inauguré que très récemment, en décembre 2014, s’affirme progressivement pour envisager des partenariats avec de nombreuses institutions, au niveau de l’Education nationale en particulier.

Mon intervention portera sur trois questions que je me pose, toujours, à partir de ma recherche très ancienne sur l’histoire de l’immigration algérienne en France, Mon premier travail était une thèse consacrée à Messali Hadj[1]. Messali était un immigré dans la France de l’entre-deux-guerres. Il a été l’un des bâtisseurs des premières organisations indépendantistes algériennes en situation de migration, l’Etoile-nord-africaine en 1926, puis le Parti du peuple algérien, proclamé en mars 1937 à Nanterre. Après ce travail commencé à la fin des années 1970, j’ai publié un dictionnaire biographique, six cents biographies de ce mouvement politique. Des centaines de portraits d’immigrés algériens arrivant en France dans les années 1920-1930 jusqu’aux années 60, à la fin de la guerre d’Algérie[2]. Autour de ce travail ancien de recherche, je voudrais ici poser trois questions.

  • La première porte sur de l’absence de nomination de cette immigration pendant de très longues années, dans l’histoire générale de l’immigration en France. Pourquoi cette absence de nomination, et dans quelles conditions, a-t-on commencé à parler de cette immigration ?
  • La deuxième question porte sur la violence autour de la trajectoire migratoire algérienne, notamment pendant la guerre d’Algérie. Cette séquence-guerre de 1955 à 1962, a été le moment d’une double violence, entre Français et Algériens, mais aussi entre Algériens eux-mêmes. Cette double violence a pesé surle destin de cette immigration.
  • La troisième aborde la désorientation d’une immigration prise en tenaille entre stratégie du retour au pays natal, et nécessité de l’intégration politique en France. Cette attitude apparemment contradictoire a bousculé le modèle républicain classique français, celui de l’assimilation.

Trois questions autour de l’immigration algérienne, en prise avec l’actualité politique récente. Ce n’est pas un secret de dire que beaucoup de « spécialistes » ont soulevé des questions autour des continuités possibles entre certains acteurs qui avaient accompli des actes terroristes en France, et les origines migratoires maghrébines ou algériennes, de ces tueurs de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher, ou de Molenbeeck en Belgique. Ces événements terroristes sanglants ont laissé des traces dans les imaginaires, des représentations autour de cette histoire et de cette immigration.  Une interrogation subsiste : y a-t-il des continuités, ou au contraire des brisures, des séparations, des reconstructions d’histoire, entre les histoires d’hier et celles d’aujourd’hui ?

La première question porte sur la nomination. J’ouvre une parenthèse pour dire que lorsqu’on parle très souvent des musulmans en France, d’origine immigrée ou pas, on ignore que 90 % d’entre eux sont des Maghrébins, ou s’inscrivent dans une longue histoire politique et culturelle, maghrébine.  L’immigration maghrébine ne se réduit donc pas exclusivement à la question religieuse, l’appartenance à l’Islam, dans sa forme religieuse ou culturelle. Quand on évoque l’histoire de l’immigration algérienne en France, le problème du nom est important. Lorsque Cette immigration commence vraiment à la fin de la première guerre mondiale. Il y a donc un siècle, un siècle de présence algérienne en France. Ces hommes qui sont venus après la première guerre mondiale étaient environ cent mille entre 1919 et 1939, principalement originaires de la Kabylie. Ces hommes, quel est leur statut, quel est leur nom, comment les appelait-on ? Ils n’étaient pas des étrangers puisque l’Algérie c’était la France. Ils ne pouvaient pas  appartenir à la catégorie « étranger » au même titre que les Italiens, les Polonais, les Espagnols à la même époque, et qui, eux aussi, sont venus nombreux en France. Est-ce qu’ils étaient pour autant des Français à part entière, circulant à l’intérieur du territoire national ? En fait, la plupart des « indigènes musulmans » comme on les appelait à l’époque, n’avaient pas la nationalité française, ils n’étaient des Français à part entière. Alors étaient-ils pour autant, des sujets coloniaux ? Puisqu’on a utilisé aussi cette expression, notamment, entre autres, pour les Indochinois ou pour les Marocains. Là non plus, ils n’étaient pas non plus des sujets coloniaux, puisque « l’Algérie, c’était la France », composé de trois départements français rattachés à la métropole.  Ils n’étaient en fait ni des Français, ni des étrangers, ni des sujets coloniaux. Mais alors, qu’étaient-ils ? Comment les comptabiliser ? Ils n’entraient pas dans les statistiques des étrangers en France, ni des Français d’Algérie puisqu’ils n’étaient ni français, ni étrangers, ni sujets coloniaux. Vous voyez que la question de l’appartenance juridique renvoie à des questions beaucoup plus profondes sur la présence de cette immigration particulière. En fait, les chercheurs de l’époque ont travaillé sur les archives portuaires puisqu’ils arrivaient surtout par les ports. La recherche des noms algériens en particulier se faisait sur les listes d’embarquements, notamment dans les ports d’Alger ou de Philippeville (aujourd’hui Skikda), de Bône (aujourd’hui Annaba). Des années 1920 à 1962, ils ne s’appelaient « Algériens ». L’absence de possibilité de la nomination crée obligatoirement beaucoup de problèmes identitaires, tout simplement. On ne pense pas suffisamment à cette question-là, celle des « hommes invisibles ». Pas simplement dans l’espace public, avec la restriction de leur circulation, ou de leur ghettoïsation spatiale.  Mais invisible du point de vue juridique. Sur deux générations au moins, l’invisibilité dans le paysage politique et culturel provoque le constat d’une immigration toujours nouvelle, précaire, démarrant seulement en 1960 au moment où se dessine l’indépendance algérienne.  

 L’impression s’installe d’une immigration algérienne, et par extension maghrébine, qui commence dans les années 1960, alors qu’elle avait débuté bien avant, dans les années 1920. Alors, comment ces « hommes sans nom » vont-ils se forger un nom qui leur appartienne en propre ? Et bien, par l’engagement, politique, et non pas strictement religieuse. Cet engagement politique ils ne le feront pas, à la différence des autres immigrations, par l’intermédiaire des partis, des syndicats et des organisations de la gauche française traditionnelle, comme  le PCF, la SFIO, ancêtre du Parti socialiste, Ligue des Droits de l’Homme, ou des syndicats, de la CGT, et la centrale syndicale révolutionnaire, la CGTU. Ils vont entrer dans la société française, de manière paradoxale, par la construction d’organisations politiques qui se réclament de l’indépendance de l’Algérie, de la séparation avec la métropole coloniale française. Ils récupèrent un nom en propre, le leur, à travers un combat politique et à travers la construction d’organisations politiques, l’Étoile nord-africaine (ENA) en 1926, le Parti du peuple algérien (PPA). Des organisations qui vont devenir très puissantes dès l’entre-deux-guerres. Dès les années 1930, sur cent mille Algériens, dont la plupart sont kabyles, on trouve déjà cinq à six mille militants de ces organisations, ce qui est considérable. Six mille militants aguerris, se réunissant régulièrement en cellules parce qu’ils avaient repris le vocable « cellule » en héritage reçu du Parti Communiste Français de l’époque. Leur principal leader, Messali Hadj, était passé par le Parti communiste en 1925-1928 et avait transmis cette forme d’organisation, et ce vocabulaire particulier du léninisme. Par l’engagement politique nationaliste, ils se fabriquent une identité. Un mixte entre attachement à la langue arabe et la langue berbère, à la religion, l’Islam, et une influence des idéaux révolutionnaires de l’époque, entre républicanisme kémaliste et communisme. Un rapport complexe s’établit à la France d’entrée de jeu, dès leur arrivée. Alors qu’à cette époque syndicats et partis politiques français étaient de véritables écoles d’intégration, les organisations nationalistes algériennes vont bien souvent se heurter à ces formations françaises, parce qu’elles ne prenaient en compte la dimension coloniale dans leurs activités. Plus grave, le Front Populaire, en qui les immigrés algériens avaient placé beaucoup d’espoirs, va dissoudre l’Étoile nord-africaine en janvier 1937. Cette dissolution provoquera une opposition très importante entre la gauche française et les organisations algériennes, notamment avec le Parti Communiste. Ce dernier accuse, en 1937, les nationalistes algériens de devenir des « fascistes ». Dans le journal L’Humanité, la confusion est entretenue volontairement entre le sigle du parti de Doriot (Parti populaire français, PPF), avec celui de Messali Hadj (Parti du peuple algérien, PPA). Mais un certain nombre d’intellectuels français de l’époque, situés dans une mouvance antistalinienne, vont soutenir les Algériens. Ils sont peut nombreux, mais citons les : le surréaliste André Breton par exemple ou des gens comme Daniel Guerin militant anarchiste, historien considérable du nazisme avec son livre, « Fascisme et grand capital », Jean Rous, Marceau Pivert, Fred Zeller, militants à la gauche du Parti socialiste.  Ce petit nombre de militants soutiennent les nationalistes algériens, notamment lorsque le Parti du peuple algérien a été fondée à Nanterre le 11 mars 37. Nanterre était déjà un lieu d’enracinement de l’immigration algérienne, avec, plus tard, progressivement, la construction  de «  bidonvilles ».

Après la seconde guerre mondiale, une organisation va se développer davantage encore: le MTLD, le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, et qui va compter près de vingt mille militants à la veille de la guerre d’Algérie. En 1954-1955, environ 220 000 Algériens vivaient en France. Ils ne portaient toujours pas le nom « d’Algériens ». On assiste à un début de la migration familiale. Vingt mille militants organisés, avec des pseudonymes, encadrés dans des cellules à la Fédération de France du MTLD, c’est considérable. C’est dire la tradition d’enracinement politique de cette immigration dans son rapport compliqué à la France. Et où la question coloniale joue un rôle majeur. Le « retour » dans un pays débarrassé de la colonisation s’installe durablement dans les esprits dans les années 1950.

Sur l’absence de nom, les Algériens deviendront des immigrés algériens en France, lorsque l’indépendance de l’Algérie sera effective, à partir de 1962. La question nationale, du nationalisme politique dans cette immigration est décisive, avec l’importance du drapeau ou de l’hymne national qui frabrique de l’identité. Mais dans le même temps, progressivement, la plupart de ces immigrés vont s’intégrer socialement dans la société française. Leur attachement nationaliste algérien est aussi fort que celui de l’intégration sociale dans la société française. De là va naitre un paradoxe de cette immigration qui ne sera pratiquement jamais levée dans les histoires ultérieures.

Une seconde question va percuter considérablement cette histoire migratoire : la séquence de la guerre d’Algérie. L’immigration algérienne va être multipliée par deux pendant cette période tourmentée, passant de deux cents mille à près de quatre cents mille personnes,  avec une migration familiale de plus en plus importante. L’immigration algérienne va connaître, et subir, une double violence. D’abord celle de l’enfermement, de la ghettoïsation spatiale dans les villes et les banlieues industrielles. Un quasi-couvre-feu s’instaure progressivement dès les années 1955-1956-1957, avec limitation de circulation à l’intérieur de l’espace urbain. L’interdiction est portée au paroxysme avec la décision du 5 octobre 1961 du Préfet de police de Paris, Maurice Papon,  d’interdire aux immigrés algériens d’être présents dans les rues après 20 h. Cette interdiction est brisée le 17 octobre 1961 par des manifestations décidées par le Front de libération nationale (FLN). La répression sera terrible, fera des dizaines de morts dans les rues de Paris, et l’arrestation de onze mille Algériens. Les violences policières vont affecter considérablement la vie, l’histoire des immigrés et de leurs enfants.  Le traumatisme de cette violence sera transmis d’une génération à l’autre, et l’événement sanglant s’inscrira dans le temps comme un marqueur historique essentiel.

Mais une seconde violence va déferler, beaucoup plus secrète celle-là, beaucoup moins transmise : les affrontements entre Algériens, entre le FLN et le MNA qui regroupait les partisans de Messali Hadj. Un affrontement terrible entre deux organisations indépendantistes se réclamant toutes les deux du nationalisme, et qui va faire quatre mille morts et douze mille blessés sur le territoire métropolitain[3]. C’est considérable. Pratiquement toutes les villes de France ont connu cet affrontement, Lyon, Nanterre, Paris, la Région Parisienne, l’Est de la France, le Nord bien sûr, Lille, Roubaix, Tourcoing. Les grands centres d’enracinement de l’immigration algérienne en France vont connaître cette situation sanglante, absolument terrible. La transmission du souvenir de cette violence intérieure, ses motivations, ses origines, sera vécue comme un secret de famille, à l’intérieur de cette immigration.  Avec d’un côté une organisation, le MNA, restée fidèle à son vieux chef Messali, lui-même ami d’Albert Camus ; et l’autre, le FLN, engagé dans la construction d’un parti unique, avec définition d’une revendication : devenir, être l’interlocuteur politique central pour les autorités françaises. L’istoire de l’affrontement, à l’époque appelé dans le vocabulaire journalistique « règlements de compte », ne sera pas transmise pendant de longues années dans l’espace familial et public. Cela va compliquer les rapports à l’Algérie, pays de départ si aimé, si espéré dans son indépendance.  Mais qui en même temps émerge à travers le souvenir, longtemps effacé, d’une terrible violence.

Après l’indépendance de 1962, l’immigration algérienne devient la première immigration en France en 1974. Les retours espérés n’ont pas eu lieu, et les espoirs nés de l’indépendance vont vite se heurter à la réalité d’un système politique et économique, notamment après le coup d’État de 1965 en Algérie de Boumediene. Les principaux leaders politiques, et l’on sait combien la question politique était importante dans cette immigration, ont été écartés de la scène en Algérie après l’indépendance. Comme Mohamed Boudiaf, Omar Boudaoud, Ali Haroun.  C’est donc une immigration qui va se retrouver orpheline, à la fois de l’Algérie indépendante, mais aussi d’une France qui ne comprend pas pourquoi elle est encore là alors que l’indépendance de l’Algérie est survenue, et que le retour n’a pas lieu. L’ambiguïté s’installe. Le rapport compliqué, difficile autour des immigrations maghrébines, vient de se nouer là, dans cette contradiction initiale des années 1960. En effaçant les problèmes évoqués précédemment, ceux de la nomination, de l’installation dans la durée. L’histoire commence après 1962, l’histoire d’un rapport conflictuel, entre cette immigration, la France et l’Algérie.

Enfin, troisième question, importante, autour de cette immigration particulière. Une désorientation s’est installée entre la question toujours inscrite dans les têtes et dans les cœurs du retour en Algérie, et le problème de l’intégration ou assimilation dans la société française. Assimilation politique réclamée par des Algériens eux-mêmes, comme Ferhat Abbas dans les années 1930, et refusée. Le ballottement, l’hésitation, l’incertitude, presque de l’errance, entre le fait de rester attaché à l’Algérie, et en même temps de rentrer dans la société française, va se dénouer lentement. En fait, ils étaient déjà « intégrés » parce que présents depuis longtemps, notamment par la migration familiale et la scolarisation des enfants.  Par les enfants, le « retour » devient difficile, puis impossible. Une assimilation réelle facilitée par la langue française pratiquée dans les familles et renforcée par le passage dans l’école républicaine. A la fin des années 1980, au début des années 90, une stabilisation s’opère avec le fait de se sentir, de se vivre profondément comme Français dans la troisième génération qui arrive. Tout en voulant absolument rester fidèle à la mémoire de leurs pères et de leurs grands-pères qui eux, n’étaient pas, et ne se voulaient pas Français. Une stabilité  s’opère dans le récit identitaire, dans un récit familial et national. Un statu quo s’installe, mais la société française va avoir du mal à regarder en face ce nouveau modèle, fait de multiples appartenances. Le modèle républicain français, comme on le sait, est fondé sur l’assimilation notamment dans l’espace public. Il n’admet pas la préservation à l’origine perpétuée, préservée, sauvegardée. Les Français d’Algérie, avaient eux aussi vécu quelque part, sans le savoir, cette trajectoire, même s’ils étaient eux-mêmes Français au moment de leur départ d’Algérie, mais ils ont été obligés, eux aussi, de s’adapter à ce modèle-là.

En conclusion, il faut également signaler la faible connaissance de cette histoire singulière pour pouvoir apporter des réponses culturelles, universitaires, politiques. Un retard a été rattrapé dans le savoir académique.  Mais dans les années 1980, lorsque sortaient des ouvrages sur l’histoire de l’immigration en France, où l’on évoquait « la mosaïque France », ou « le creuset français », la présence algérienne était très faiblement montrée. Encore aujourd’hui, dans document distribué en 2016 aux « Rencontres de l’histoire à Blois », « textes et documents pour la classe » sur l’histoire de l’immigration, il n’y avait rien sur l’immigration maghrébine. Le  travail de connaissance est encore long. C’est pour cela que je félicite les organisateurs de ce colloque, et vous dire à quel point existent encore des manques, des hésitations, des inconscients aussi qui continuent de fonctionner autour de l’immigration algérienne, maghrébine. Il nous faut relever ce défi de la connaissance de l’autre. On ne soupçonne pas, par exemple, que la plupart des Algériens aujourd’hui en France, pendant très longtemps, ne parlaient pas l’arabe mais le berbère. Dans les années 1930 par exemple, ceux qu’on appelait les Nord-Africains jusque dans les années 1950, la plupart ne parlaient pas arabe. Une histoire personnelle : lorsque ma mère est rentrée en usine en 1964, à Peugeot à la Garenne-Bezons, elle parlait l’arabe parce qu’elle appartenait à une histoire d’Algérie, où les Juifs de Constantine parlaient l’arabe dialectale.  Mais les ouvriers qui étaient à côté d’elle, Algériens, ne parlaient que kabyle. C’était au début de mes engagements politiques de l’après-1968, et de mes études universitaires sur l’Algérie. Et je me suis dit : « quelle est cette histoire où les immigrés algériens, qui ont été identifiés comme faisant partie d’une mouvance idéologique proche du nationalisme arabe, parlent berbère ? » Alors je me suis dit qu’il faut commencer par comprendre, vraiment, un petit peu l’histoire des autres. Je vous remercie.

 


[1] Benjamin Stora, Messali Hadj, Messali Hadj, pionnier du nationalisme algérien, thèse soutenue en 1978, publiée en 2004 aux éditions Hachette, collection « Pluriels ».

[2] Benjamin Stora, Dictionnaire biographique de militants nationalistes algériens, 1926-1954, Paris, Ed l’Harmattan, 1985.

[3] Sur cet affrontement, Benjamin Stora, Les Algériens en France. Une histoire politique. Paris, Ed Hachette 2005, collection « Pluriels » (résumé d’une thèse d’Etat soutenue en 1991).

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