Comment expliquez-vous que histoire des catholiques engagés pour l'indépendance algérienne soit si peu connue ?
L'histoire des engagements de soutiens aux côtés des indépendantistes algériens est beaucoup mieux connue à partir de la gauche, ou de l'extrême gauche politique française. A l'image des porteurs de valise très engagés à gauche, dans des mouvements proches du PCF, de l'extrême gauche trotskiste ou anarchiste. On a, je crois, sous-estimé dans l'écriture de cette histoire la part jouée par des fractions importantes de l'Église catholique française, dans l'engagement et le soutien à l'indépendantisme algérien. La raison est que la gauche traditionnelle française, en particulier le PCF, était dominante sur le plan culturel. L'engagement de ce qu'on appelle « les chrétiens de gauche progressistes » a été, peu travaillé, peu étudié. Il y a une injustice quelque part, à réparer dans cette histoire.

Rencontre avec Benjamin Stora autour de son ouvrage France/Algérie. Anatomie d'une déchirure (Les Arènes), avec Xavier Le Clerc (écrivain, Le pain des Français, Ed Gallimard) comme invité exceptionnel.
Rare dans les médias sur le sujet depuis le début de guerre entre Israël et le Hamas, l’historien Benjamin Stora, spécialiste des relations franco-algériennes a aussi beaucoup travaillé sur les relations judéo-arabes. C’est en historien de la mémoire qu’il répond à nos questions… avec Albert Camus dans sa besace.
Benjamin Stora est un historien français reconnu pour ses travaux sur l’Algérie contemporaine, la colonisation et les mémoires postcoloniales. Né à Constantine dans une famille juive, il porte les traces profondes de l’exil et des silences entourant la guerre d’indépendance, ce qui a façonné son travail d’historien.
Benjamin Stora : Pourquoi la France tarde à reconnaître les massacres du 8 mai 1945 en Algérie
































































