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retours histoire b stora1Introduction. L’histoire en marche l'Algérie après Bouteflika

Raconter une révolution toujours en acte, quasiment en temps réel et en direct, n’est pas une tâche facile. Les révolutions ouvrent « l’horizon des possibles ». Elles posent un défi à la narration historique de cet évènement. Le récit de l’historien est alors constamment bousculé par les aléas, confronté aux incertitudes d’une histoire qui s’amuse à décevoir les plus hardis de ses explorateurs.

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Renaud de Rochebrune, Benjamin Stora. Editions Denoël, octobre 2011. Préface de Mohammed Harbi

Introduction de l'ouvrage

CouvDenoel02« La lutte s’est engagée entre deux peuples différents, entre le maître et le serviteur. Voilà tout. Il est superficiel de parler comme le font les journaux d’un réveil de la conscience algérienne. C’est là une expression vide de sens […]. Les Algériens n’ont pas attendu le xxe siècle pour se savoir algériens. » Le montagnard kabyle qui écrit ces lignes fin 1955, un an après le début de la guerre d’Algérie, n’est pas un indépendantiste radical.

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Le poids des groupes de mémoire


La guerre d’Algérie, livrée entre 1954 et 1962, réveille sans cesse de vieilles blessures qui n’en finissent pas de cicatriser. Cette guerre livrée contre des Algériens qui réclamaient leur indépendance apparaît comme un mélange tragique de souvenirs cruels, de regrets, peut-être de remords… « Des feux mal éteints », comme l’écrivait le journaliste Philippe Labro dans son roman autobiographique paru en 1967. Ils sont nombreux, en France, les groupes porteurs de cette mémoire diffuse : combattants désespérés de l’OAS1 , et déserteurs ou insoumis rangés du côté du FLN2  ; simples soldats du contingent ou officiers de l’armée française ; fils de harkis3  de nationalité française, ou jeunes enfants de nationalistes algériens ; hommes politiques d’aujourd’hui qu’obsède le souvenir de cette guerre et, parfois, de leurs reniements ; partisans de l’Algérie française, ou défenseurs de l’indépendance algérienne ; et bien sûr, la masse des « pieds noirs »4 , chrétiens ou juifs, de droite ou de gauche, originaires des villes ou des campagnes, mêlés…
 
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benjamin-stora-algerieAuteur d’une profusion d’ouvrages sur l’Algérie, dont La Gangrène de l’oubli, Transfert d’une mémoire et Imaginaire de guerre, professeur d’université à l’INALCO et directeur scientifique de l’Institut Maghreb-Europe, l’historien et sociologue Benjamin Stora restitue dans cet ouvrage une épisode fondamentale de l’Algérie coloniale.

 

Algerie_1954Algérie 1954, publié aux éditions “Bargakh”, plonge aux sources du mouvement national, relate les différents cycles résistance-répression et jette un regard sur la crise de l’empire colonial. L’auteur projette ainsi un rayon  de lumière sur les tenants et les aboutissants des événements politiques et donne une grille de lecture qui aide à mieux comprendre l’expression insurrectionnelle du 1er novembre 1954.

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Les saignements de la mémoire
21_LaGangrene_et_lOubli_BStoraCet ouvrage sur la mémoire de la guerre d’Algérie a été rédigé en 1990-1991. Trente ans après l’indépendance de l’Algérie, j’ai tenté de montrer comment cette guerre ne se finissait pas, dans les têtes et dans les cœurs. Parce que, de part et d’autre de la Méditerranée, elle n’a pas été suffisamment nommée, montrée, assumée dans et par une mémoire collective.

La mise en mémoire qui devait permettre l’apaisement par une évaluation rationnelle de la guerre d’Algérie a été « empêchée » par les acteurs belligérants. Le lecteur verra comment se sont mis en place les mécanismes de fabrication de l’oubli de ce conflit inavouable ; comment les « événements » qui se sont produits entre 1954 et 1962 ont structuré en profondeur la culture politique française contemporaine ; comment une frénésie de la commémoration de la guerre, en Algérie, a fondé une légitimité militaire étatique, appuyée sur un parti unique.
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Avertissement
La_France_en_guerre_dAlgerie"La France en guerre d'Algérie" n'est pas un de ces grands sujets d'histoire contemporaine qu'on peut exposer avec la sérénité de l'âge et la tranquillité du savoir établi. Trois décennies après la signature des accords d'Évian, qui oserait soutenir que la douleur n'est pas vivace, que le débat ternit, que le silence s'ébruite, que les mémoires ont baissé les armes ? Et même si l'on parie, d'une génération l'autre, sur l'effet apaisant du temps qui passe, trop d'enjeux nouveaux, sur les deux rives de la Méditerranée, ont aujourd'hui quelque rapport avec cette guerre mal enterrée pour que le travail du deuil puisse suivre sans sursauts son cours inévitable.
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Le 3 juillet 1962, l'Algérie est indépendante. Les premières forces militaires françaises s'apprêtent à quitter le territoire. Le pays doit sortir de l'état colonial, du sous-développement, bâtir un État, devenir une nation à part entière.
Comment cette grande partie du Maghreb central aux paysages contrastés est-elle devenue une contrée politique, puis une patrie ; ou plutôt, comment l'Algérie qui n'était pas une nécessité géographique l' est-elle devenue ? L'« invention » d'une Algérie dans ses frontières et ses langues actuelles, la fluidité des espaces de peuplement, la vigueur des échanges culturels qui unissent en esprit, le mélange de sociabilités politiques pour l'indépendance, le rôle unificateur de l'islam sont étudiés dans deux ouvrages de la collection « Repères » qui ont précédé celui-ci. L'Histoire de l'Algérie coloniale 1830-1954, et L'Histoire de la guerre d'Algérie (1954-1962) disent comment l'Algérie est née d'une volonté politique apparue au début du XXe siècle, et poursuivie par une longue guerre d'indépendance contre la puissance coloniale française.
 
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Algerie_histoire_contemporaineCet ouvrage se présente comme la « fusion » de trois récits parus, en France, entre 1991 et 1994 dans la petite collection « Repères ». Il s’agissait alors de présenter à un public francophone une histoire accessible et claire de l’histoire de l’Algérie contemporaine au XIXe siècle et XXe siècle.

Le premier récit traitait de la période allant de la conquête de l’Algérie par les troupes françaises en 1830, jusqu’au déclenchement de la guerre d’indépendance en novembre 1954. Il ne s’agissait certes pas de faire commencer, coïncider, l’histoire contemporaine de l’Algérie avec celle de la conquête coloniale. C’est pourquoi, j’ai procédé à de nombreux retours en arrière dans la longue histoire de l’Algérie, de la connaissance de la « berbérie » jusqu’à la présence ottomane avec, au centre de cette chronique, l’enracinement de l’Islam parmi les populations berbères.
 
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Ancien membre du FLN, Mohammed Harbi est historien, professeur à l’université Paris VIII. Il a consacré de nombreux ouvrages à l’histoire du FLN.
Benjamin Stora est spécialiste de l’histoire de la guerre d’Algérie et de sa mémoire. Il est professeur à l’Inalco.

Véritable somme consacrée à la guerre d’Algérie, ce livre rassemble les travaux de plus de vingt historiens. Pour la première fois contribuent ainsi côte à côte des historiens français et algériens, qui reviennent sur les principaux acteurs du conflit, sans laisser dans l’ombre les sujets de controverses – conflit entre FLN et messalistes du MTLD, massacres de harkis. Cet ouvrage éclaire aussi des points moins connus de l’histoire de la guerre d’Algérie, comme le rôle des femmes ou encore les luttes d’influence à l’intérieur de l’armée française. Enfin, il accorde une place substantielle à l’étude des expressions culturelles suscitées par la guerre, à l’institution des mémoires, au chantier des archives.

Messali Hadj, le retour d’une grande figure
Ce livre sur Messali Hadj a été rédigé entre 1975 et 1977 pour les besoins d’une thèse soutenue à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en mai 1978. Le jury de cette thèse, qui a obtenu la mention très honorable avec les félicitations, était composé de Jacques Berque, Annie Rey Goldzeiguer et Charles-Robert Ageron. Depuis cette thèse , de nombreux travaux ont été réalisés sur cette grande figure du nationalisme algérien. Messali Hadj, placé dans le silence d’une histoire officielle pendant de nombreuses années, est revenu en pleine lumière.
 
Dans le silence d’une histoire officielle
En Algérie, pendant très longtemps, l’histoire a été massivement utilisée pour justifier le sens d’une orientation politique1 . Une histoire officielle s’édifie après 1962 qui met au secret des pans entiers de la guerre d’indépendance (les affrontements tragiques entre le FLN et les messalistes, le rôle des immigrés dans la construction du nationalisme algérien, la mise à l’écart des « berbéristes » et communistes dans les maquis, l’engagement des femmes dans la lutte nationaliste etc..), efface les noms des principaux acteurs de cette révolution.
 
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Les contextes historiques d’une élaboration

Le présent volume rassemble des articles publiés dans les années 1980 à la suite de la soutenance de mes deux thèses de 3ème cycle, l’une en histoire à l’École des Hautes Études en Sciences sociales, l’autre en sociologie à Paris VII1 , où j’ai enseigné cette discipline de 1981 à 1986. Ces deux thèses traitaient de sujets complémentaires : Messali Hadj, père du nationalisme algérien, et les militants des organisations qu’il a fondées.La première a été publiée sous une forme allégée en 19822 .  Dans la seconde thèse, de sociologie, soutenue en 1984 à l’université de Paris 7, j’ai rassemblé systématiquement des données biographiques (dates et lieux de naissance, origines sociales, itinéraires professionnels et politiques...) de tous les dirigeants de l’Étoile nord-africaine (ENA) fondée en 1926, du Parti du Peuple Algérien (PPA) fondé en 1937, et du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD) fondé en 1946, que j’ai pu identifier. Toutes ces données biographiques ont été rassemblées pour la publication d’un dictionnaire biographique paru en 19853 .
 
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Hommage à Benjamin Stora, Mucem, Marseille, 31 mai 2018

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Ouvrages