C’est au sein de la prestigieuse collection “Bouquins” chez Robert Laffont que Benjamin Stora publie “Une Mémoire algérienne”. Il s’agit d’un recueil de textes écrits à partir de 2003. Ouvrage en grande partie autobiographique, car – sur les six essais – les trois premiers nous dévoilent l’homme, son enfance, son militantisme politique, son parcours professionnel. Le quatrième raconte l’histoire des juifs d’Algérie qui est aussi la sienne. Les deux derniers ont un caractère historique plus classique, apportant un éclairage sur le rôle du général de Gaulle et sur celui, moins connu – mais tout aussi surprenant – de François Mitterrand pendant la guerre d’Algérie. D’emblée ce titre pose question : ce n’est pas “une mémoire d’un pied noir”, ou “une mémoire d’un Français d’Algérie”, mais “Une mémoire algérienne”. L’auteur s’affirme donc “Algérien”. Voilà le fil rouge de la vie de Benjamin Stora, l’un des plus éminents spécialistes de l’Algérie dont les travaux sont une référence internationale.

Benjamin Stora
C’est avec une biographie de Messali Hadj, leader nationaliste algérien combattu et évincé par le FLN, que Benjamin Stora a entamé sa carrière d’historien, largement consacrée à la guerre d’Algérie. Dans les Mémoires de cet homme politique, il avait retrouvé, raconte-t-il, cette « Algérie communautaire » qu’il avait rencontrée « étant enfant à Constantine, pendant la guerre d’Algérie ».
Six ouvrages de l’éminent historien Benjamin Stora viennent d’être réédités dans un volumineux opus de plus de mille pages chez Robert Laffont dans la collection “Bouquins” sous le titre Une mémoire algérienne. Regroupant les titres Les Clés retrouvées, Dernière génération d’Octobre, Les Guerres sans fin, Le Mystère de Gaulle, François Mitterrand et la guerre d’Algérie et Les Trois exils, les trois chapitres évoquent des thèmes liés à la fois à son vécu, à “la mémoire et l’histoire” de l’Algérie et à son parcours d’historien qui puise sans cesse dans ce pan de son existence.
Jean Daniel et Albert Memmi (photo, B.Stora) Par Youssef Zerarka.
La contestation algérienne a démarré il y a tout juste un an, le 22 février 2019. Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, revient sur ce mouvement inédit depuis l’indépendance de 1962 qu’il assimile à une « révolution ». Par Nathalie Funès.
Comme Jean Daniel, l’historien Benjamin Stora est né en Algérie. L’homme aux filiations variées était nourri de ses liens avec son pays natal, en particulier pendant la guerre d’indépendance, que le journaliste a couvert avec exigence et courage.
Doit-on s’offusquer qu’un journaliste de la droite conservatrice portraiture un intellectuel de gauche en « poussah pontifiant » qui a « fait du gras » depuis ses jeunes années d’étudiant ?
Environ 400 intellectuels ont signé une pétition soutenant le chercheur, spécialiste de l’Algérie, après une attaque jugée « antisémite » de l’hebdomadaire ultraconservateur.
C’est une charge d’une violence inouïe. Et profondément injuste. A ce niveau de haine et de malveillance, ce n’est d’ailleurs plus une charge. Cela pourrait s’apparenter à une sorte de « chasse » à l’intellectuel. L’intellectuel et historien se nomme Benjamin Stora, professeur à l’Université de Paris XII, éminent spécialiste de l’histoire de la guerre d’Algérie et plus généralement de l’histoire du Maghreb contemporain.


































































