par Sonia Dayan-Herzbrun 23 juin 2020
C’est avec une biographie de Messali Hadj, leader nationaliste algérien combattu et évincé par le FLN, que Benjamin Stora a entamé sa carrière d’historien, largement consacrée à la guerre d’Algérie. Dans les Mémoires de cet homme politique, il avait retrouvé, raconte-t-il, cette « Algérie communautaire » qu’il avait rencontrée « étant enfant à Constantine, pendant la guerre d’Algérie ».

Six ouvrages de l’éminent historien Benjamin Stora viennent d’être réédités dans un volumineux opus de plus de mille pages chez Robert Laffont dans la collection “Bouquins” sous le titre Une mémoire algérienne. Regroupant les titres Les Clés retrouvées, Dernière génération d’Octobre, Les Guerres sans fin, Le Mystère de Gaulle, François Mitterrand et la guerre d’Algérie et Les Trois exils, les trois chapitres évoquent des thèmes liés à la fois à son vécu, à “la mémoire et l’histoire” de l’Algérie et à son parcours d’historien qui puise sans cesse dans ce pan de son existence.
Jean Daniel et Albert Memmi (photo, B.Stora) Par Youssef Zerarka.
La contestation algérienne a démarré il y a tout juste un an, le 22 février 2019. Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, revient sur ce mouvement inédit depuis l’indépendance de 1962 qu’il assimile à une « révolution ». Par Nathalie Funès.
Comme Jean Daniel, l’historien Benjamin Stora est né en Algérie. L’homme aux filiations variées était nourri de ses liens avec son pays natal, en particulier pendant la guerre d’indépendance, que le journaliste a couvert avec exigence et courage.
Doit-on s’offusquer qu’un journaliste de la droite conservatrice portraiture un intellectuel de gauche en « poussah pontifiant » qui a « fait du gras » depuis ses jeunes années d’étudiant ?
Environ 400 intellectuels ont signé une pétition soutenant le chercheur, spécialiste de l’Algérie, après une attaque jugée « antisémite » de l’hebdomadaire ultraconservateur.
C’est une charge d’une violence inouïe. Et profondément injuste. A ce niveau de haine et de malveillance, ce n’est d’ailleurs plus une charge. Cela pourrait s’apparenter à une sorte de « chasse » à l’intellectuel. L’intellectuel et historien se nomme Benjamin Stora, professeur à l’Université de Paris XII, éminent spécialiste de l’histoire de la guerre d’Algérie et plus généralement de l’histoire du Maghreb contemporain.



En prise avec les questionnements sociétaux cruciaux, le Musée de l’Histoire de l’immigration poursuit sa série d’expositions visant à explorer, via un solide travail scientifique, les différentes facettes des immigrations qui, dès la fin du XIXe siècle et au gré des colonisations, ont imprégné l’Europe.


































































