L'homme raconte le jeune rapatrié d'Algérie qu'il fut, de son exil à Paris à l'age de 11 ans jusqu'à l’émergence de sa conscience politique.
L'homme raconte le jeune rapatrié d'Algérie qu'il fut, de son exil à Paris à l'age de 11 ans jusqu'à l’émergence de sa conscience politique.
Marc Ferro. Éditions de l’EHESS, Paris, 2023, 146 pages, 9,80 euros
Auteur de travaux majeurs sur la révolution russe et l’URSS, pionnier de l’utilisation du film dans la recherche, biographe rigoureux de Philippe Pétain, animateur pendant douze ans de l’émission de télévision « Histoire parallèle », observateur et analyste des sociétés coloniales, critique des historiographies nationales : Marc Ferro (1924-2021) ne bridait pas sa curiosité. Prolifique et inclassable, il était un adepte des questionnements originaux, un fin pédagogue et un grand défaiseur de mythes. S’il occupa au cours de sa vie quelques positions enviées (à la tête des Annales, ou à l’École des hautes études en sciences sociales [EHESS]), il n’est pas certain qu’il ait aujourd’hui, au panthéon des historiens, la place qu’il mérite.
Deux ans après sa disparition, la publication de ces entretiens — menés par son confrère Benjamin Stora, et diffusés en 2006 sur France Culture — vient rappeler les grandes lignes de son parcours personnel, en s’arrêtant sur quelques expériences fondatrices (le maquis du Vercors, l’Algérie des années 1950) et sur plusieurs facettes d’une œuvre riche, protéiforme et souvent réfractaire aux vérités officielles.
Antony Burlaud
La cérémonie de remise du Prix Ibn Khaldoun pour la promotion des études et des recherches en sciences humaines et sociales en Méditerranée aura lieu le vendredi 26 mai 2023 à 15 heures à La Khaldounia, Souk El Attarine, Médina de Tunis.
Ce prix est décerné par le programme Med 21 présidé par le poète et écrivain Mohamed Aziza, en collaboration avec la Bibliothèque nationale de Tunisie et la Fondation Rosa Luxembourg.
Les lauréats de ce prix pour cette année 2023 sont pour la Rive Nord Benjamin Stora (France) et Anna-Maria Medeci (Italie), pour la Rive Sud, Hassan Remaoun (Algérie), pour le Pays d’accueil Leïla Blili et Brahim Chabbouh (Tunisie). Les lauréats à titre posthume sont Hichem Djaït (Tunisie), Michel Serres (France) et Abdelwahab Mahjoub (Tunisie).
L’Arrivée, de Benjamin Stora, premières lignes du livre.
Parution 7 septembre 2023. Ed Taillandier.
« Dans l’avion, au moment du décollage, j’observe les passagers. Certains pleurent. Les visages sont tristes, fatigués. Très vite, un grand silence s’installe. L’inquiétude, la violence de la situation écrasent tout désir de conversation. Plus personne n’ose parler. Puis, derrière les hublots, la nuit apparaît. Si soudainement que nous n’avons pu voir la terre algérienne s’éloigner. Cette terre déjà absente. Ainsi, je n’ai pas conservé dans ma mémoire la “dernière image” d’un pays disparu.
L’historien Benjamin Stora, qui co-préside la commission mixte d’historiens algériens et français chargée d’étudier la colonisation et la guerre d’Algérie, sort de son silence ce vendredi 19 mai sur RFI. Un mois – jour pour jour – après la première réunion de cette commission, l’historien en trace les perspectives et évoque les grandes questions qui devront être tranchées par les historiens français et algériens. Au-delà, Benjamin Stora s’émeut surtout de l’absence de moyens dévolus aux historiens français de cette commission. « On ne peut pas continuer à fonctionner sur le bénévolat», alerte-t-il, critiquant là en creux le manque d’investissement des autorités françaises sur ce dossier.
La commission mixte d’historiens algériens et français, décidée par le président de la République algérien, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue français, Emmanuel Macron, à l’occasion de la visite officielle de ce dernier en Algérie, en août 2022, a tenu, mercredi 19 avril, sa première réunion, a annoncé un communiqué de la Présidence française.
Cette commission indépendante devra travailler d’abord sur les «origines de la colonisation française en Algérie, au XIXe siècle». Elle aura ainsi à dresser «un inventaire des archives déposées en France et en Algérie, et qui traitent particulièrement de la conquête coloniale.
Discours de Jean Philippe Ould-Aoudia
Une cérémonie commémorative s’est déroulée mercredi 15 mars 2023 au ministère de la Transformation et de la Fonction Publiques, 101 rue de Grenelle à Paris VIIè, devant la plaque apposée en hommage aux six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, massacrés par l’OAS le 15 mars 1962 au siège administratif de ce service de l’Éducation nationale à Alger.
Discours de Jean-Philippe Ould-Aoudia dont le père a été assassiné, ainsi que l’écrivain Mouloud Féraoun, par un commando de l’OAS, le 15 mars 1962.
Je me souviens de, Gisèle Halimi et l’Algérie
Par Benjamin Stora.
Je faisais partie du petit cercle de ses invités au moment de sa remise de la légion d'honneur, reçue des mains du Président de la République française Jacques Chirac, à l’Elysée en septembre2006. Et pourtant, nous n’étions pas de la même génération. Mais elle avait suivi mon itinéraire, connaissant mes engagements dans les années 1970 avec la lutte pour la justice sociale, pour la paix entre Israël et les Palestiniens, et contre la politique de colonisation menée par l’extrême-droite israélienne; et aussi les batailles contre l’antisémitisme, le racisme et pour l’égalité des droits. A mes yeux, pendant toutes ces années, Gisèle Halimi s’était imposée comme une figure de référence. Par delà les différences d’âges et de générations, j’ai toujours senti en quoi nous partagions les mêmes valeurs.
Madame Agnès Laurent, journaliste à l’Express, m’avait annoncé par un mail en date du 11 janvier 2023 qu’elle voulait me rencontrer pour un « portrait » dans l’Express. Elle écrivait : « J’aimerais travailler à un portrait de vous. Dans ce cadre, il me paraît indispensable de vous rencontrer. Etes-vous partant ? »
Elle précisait ensuite, par téléphone, qu’il s’agissait, dans ce portrait, de me défendre contre des textes antisémites publiés récemment sur un site en Algérie. Argument qu’elle a utilisée auprès d’autres personnes rencontrées. Je l’ai rencontré pendant une heure environ le 18 janvier 2023.
Nouvelle introduction à l’édition de poche (février 2023) - Le « Rapport Stora » et ses suites.
Un historien dans la mêlée. Par Benjamin Stora.
« Il s’agit de servir la dignité de l’homme par des moyens qui restent dignes au milieu d’une histoire qui ne l’est pas. [...] Tant il est vrai que l’Histoire n’est que l’effort désespéré des hommes pour donner corps aux plus clairvoyants de leurs rêves ».
Albert Camus.
Le 20 janvier 2021, à la demande du président de la République française, je remettais un rapport sur « la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie » commandé six mois plus tôt. Ce rapport a été publié aux éditions Albin Michel en mars 2021 sous la forme d’un ouvrage : France-Algérie, les passions douloureuses, intégralement repris dans cette nouvelle édition Cette publication a provoqué pendant plusieurs mois un flot de commentaires, de critiques mais aussi d’approbations et, surtout, de discussions vives.
Victime récurrente d’attaques antisémites en France de la part de l’extrême droite et des nostalgiques de l’OAS, qui ne lui pardonnent pas son travail intellectuel de compréhension du combat de libération des Algériennes et des Algériens, Benjamin Stora vient de subir, comme en écho, une charge méprisable sur le média électronique « Algérie patriotique » – une charge qui, débordant sa personne, vise explicitement toute la communauté algérienne de confession juive dans sa longue histoire.
La réédition en poche en février 2023 (Albin Michel) de mon Rapport remis au Président de la République en janvier 2021.
Dans une longue introduction originale, ma réponse aux réactions à ce travail, en France et en Algérie.
Ainsi qu'une analyse sur les réalisations effectuées, à partir des préconisations proposées dans ce rapport.
Communiqué LDH
Un site Internet proche de certains milieux militaires du pouvoir en Algérie a reproduit, au prétexte de « patriotisme », des propos antisémites inacceptables. Il s’en est pris à l’historien Benjamin Stora, écrivant par exemple que « le peuple algérien refuse d’emprunter ce même chemin tracé par Benjamin Stora, ses semblables et ses aïeux. Ceux-là mêmes qui furent à l’origine de la prise d’Alger, les Bacri et les Busnach – commerçants véreux convoitant l’immense trésor de la Régence pour leurs maîtres, les Rotschild, les Seillière et les Schneider ». Ce qui est une manière de stigmatiser cet historien originaire d’une famille juive de Constantine, dont les travaux sont particulièrement appréciés en Algérie et ont grandement contribué à mettre en lumière l’injustice et la violence de la colonisation française, en alléguant son appartenance à un groupe ethnique maléfique.
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CONFÉRENCE :
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Par Benjamin Stora, historien de l'Algérie contemporaine
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Série documentaire en cinq épisodes, conçue et réalisée par Georges-Marc Benamou et Benjamin Stora, sur la base d’archives rares, restaurées et colorisées, « C’était la Guerre d’Algérie » prend le parti d’un film sans tabou et à hauteur d’hommes.
Par L'Obs avec AFP.
En marge de la visite présidentielle de trois jours en Algérie d’Emmanuel Macron, l’historien Benjamin Stora estime que la transmission de l’histoire de la colonisation française est indispensable pour apaiser les tensions, notamment sur l’héritage de la guerre d’Algérie.
Juin 2022 : Par le Président de la République directement
L'historien Benjamin Stora vient présenter son Histoire dessinée des juifs d'Algérie, publiée avec le dessinateur Nicolas Le Scanff, ce jeudi 12 mai, au Musée gallo-romain.
Sous sa présidence, d’indéniables avancées mémorielles ont été réalisées, rappelle l’historien Benjamin Stora, qui s’apprête à voter pour lui le 24 avril.
J’entends autour de moi depuis dimanche une petite musique qui met sur le même plan Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et certains de mes camarades de gauche, hésitent, veulent même s’abstenir, voter blanc… Sur un sujet particulier que je connais bien, celui de la mémoire de la guerre d’Algérie, je voudrais rappeler quelques faits d’évidence. Marine Le Pen est l’héritière directe d’une histoire qui est celle des partisans de l’Algérie française, parmi les plus radicaux, ceux qui voulaient tuer le général de Gaulle au moment du passage à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Très nombreuses sont les citations où Marine Le Pen, dans la continuité de son père, refuse absolument de reconnaître la moindre responsabilité de la France dans les exactions commises au temps de la colonisation (au nom du refus de la «repentance»).
Le rapport de Benjamin Stora contient vingt-deux préconisations qui concernent l’histoire mémorielle de la France avec l’Algérie
En un an, souligne l’historien, plus de gestes ont été réalisés que pendant soixante ans, depuis l’indépendance de l’Algérie
PARIS: Demandé par Emmanuel Macron, un rapport sur la question mémorielle entre l’Algérie et la France a été rédigé par Benjamin Stora, historien, professeur des universités, spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain des XIXe et XXe siècles), de l’immigration maghrébine en Europe et des guerres de décolonisation. Remis à l’Élysée en janvier 2021, il contient vingt-deux préconisations qui concernent l’histoire mémorielle de la France avec l’Algérie. Le texte a été publié par Albin Michel sous le titre France-Algérie, les passions douloureuses.
Paris - "Juifs et musulmans, de la France coloniale à nos jours": une exposition à Paris apporte un regard historique et nuancé sur un siècle et demi de relations complexes et sensibles entre deux communautés, avec pour objectif de "conserver des passerelles".
« Au cœur des accords d’Évian » (1/4). Comment ont été reçus les accords du 18 mars 1962 ? Quelles ont été leurs conséquences immédiates ? À l’occasion du 60ème anniversaire de leur signature, l’historien Benjamin Stora revient sur ce tournant pour l’Algérie et la France.
Par Renaud de Rochebrune
Diffusée à l’occasion du soixantième anniversaire des accords d’Évian, la série documentaire de France 2 propose des archives visuelles exceptionnelles.
Par Nathalie Funès, l'OBS.
Il faut absolument regarder « C’était la guerre d’Algérie », la série documentaire en cinq épisodes que diffuse France 2 ce soir et demain soir. Ne serait-ce que pour ces incroyables images d’archives : celles de Messali Hadj au Ruisseau, le grand stade municipal d’Alger, en août 1936, à l’occasion du Premier congrès musulman, organisé notamment par Ferhat Abbas et les Oulemas, les religieux modernistes. Le père du nationalisme algérien et président de l’Etoile nord-africaine (ENA), fondée dix ans auparavant, s’apprête à faire son fameux discours. Il va se baisser pour ramasser une poignée de terre et à la brandir en criant : « Cette terre n’est pas à vendre ».
La série documentaire C’était la guerre d’Algérie, réalisée par Georges-Marc Benamou, en lien avec l’historien Benjamin Stora, revient sur la colonisation et la guerre d’Algérie de façon sensible et didactique. Cinq épisodes à voir sur France 2 à 21h10 les lundi 14 et mardi 15 mars.
Même si, parfois, l’on retrouve les mêmes images d’archives et les mêmes témoins de la guerre d’Algérie tels Bachir Hadjadj, ex-membre de l’Armée de libération nationale, ou Slimane Zeghidour, alors jeune Kabyle qui a grandi dans un des camps de regroupement des villageois créés par la puissance coloniale –, la série documentaire en cinq épisodes C’était la guerre d’Algérie, réalisée par Georges-Marc Benamou, en lien avec l’historien Benjamin Stora, ne redonde pas avec celle d’En guerre d’Algérie réalisée sous la houlette de l’historienne Raphaëlle Branche, diffusée sur Arte deux semaines auparavant. Au contraire, elles se complètent intelligemment.
À l’occasion du 60e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, France 2, en partenariat avec France Inter, propose 2 soirées spéciales autour de la série documentaire événement de Georges-Marc Benamou, écrite avec Benjamin Stora.
Alors qu’il affirme qu’il se situe plutôt «dans la lignée des historiens-citoyens engagés, comme le furent Pierre Vidal-Naquet, André Mandouze ou André Nouschi», Benjamin Stora rappelle qu’en réalisant, en un temps très court (six mois), le rapport que lui avait demandé le président Macron, son objectif «n’était pas de recommencer un énième livre sur l’histoire de la colonisation, de la résistance, des massacres ou de la naissance du nationalisme algérien. C’était de dresser l’inventaire des relations mémorielles entre la France et l’Algérie, pour essayer de trouver les voies d’un apaisement mémoriel, d’une réconciliation possible à partir de questions particulières».
Propos recueillis par Nadjia Bouzeghrane
La bande annonce pour l'émission diffusée dimanche 27 février sur France 2 de 9h15 à 10h, sur l'exposition "Juifs d'Orient".
Né à Constantine, l’intellectuel a vécu au plus près le drame par “la solitude de ceux qui l’ont traversé” : Algériens, immigrés, pieds-noirs, juifs, harkis, appelé...
Propos recueillis par SARAH DIFFALAH et NATHALIE FUNÈS
Inauguration d'une sculpture en hommage à l'émir Abdelkader, héros national algérien
L'historien Benjamin Stora a dénoncé samedi "l'obscurantisme et l'ignorance" de ceux qui ont vandalisé la sculpture en hommage à l'émir Abdelkader (1808-1883), appelant à ce que l'inauguration soit maintenue et la statue restaurée.
"C'est consternant", a déclaré à l'AFP l'auteur du rapport sur "Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d'Algérie", remis à Emmanuel Macron en janvier 2021.
La silhouette de l’émir Abdelkader trône sur les bords de Loire. Une façon d’honorer ce modèle de tolérance, érigé en symbole de réconciliation.
Personnage charismatique, mystique et chef de guerre, l’émir Abdelkader a durablement marqué la ville d’Amboise. Le retentissement de son séjour dépasse largement les murs du château, dans lequel il a été emprisonné.
Samedi 5 février, une sculpture lui rendant hommage sera inaugurée sur les bords de Loire. Un hommage qui répond à une proposition de l’historien Benjamin Stora dans le cadre de la réconciliation mémorielle entre la France et l’Algérie.
