Retrouvons nos enfances algériennes
Rencontre, dédicaces avec Benjamin Stora et Xavier Le Clerc
à l'occasion du nouveau roman de Xavier Le Clerc : Le garçon ébloui. (Gallimard).
Institut du Monde Arabe
Retrouvons nos enfances algériennes
Rencontre, dédicaces avec Benjamin Stora et Xavier Le Clerc
à l'occasion du nouveau roman de Xavier Le Clerc : Le garçon ébloui. (Gallimard).
Institut du Monde Arabe
Sami Boumendjel, la mémoire d’un combat
Le 10 septembre 2014, au lendemain de la visite que je lui avais faite à l’hôpital, j’ai appris la disparition du militant et ami Sami Boumendjel.
Le choc fut rude.
Je le connaissais depuis des années. Nous avions battu le pavé à de nombreuses reprises sur les questions anticolonialistes, dans les manifestations en faveur du peuple palestinien depuis le début des années 2000, mais surtout autour de la question de la mémoire algérienne et des massacres du 17 octobre 1961.
Par Slimane Ould Brahim.
C’est sous le signe de la transmission et de la rigueur scientifique que l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris, en partenariat avec le Groupe de Réflexion sur l’Algérie (GRAL), a réuni, le 4 juin, un public nombreux pour célébrer le centenaire de la fondation de l’Étoile Nord-Africaine (ENA). Initié par le célèbre historien Benjamin Stora, ce rendez-vous mémoriel d’envergure a mis en lumière l’acte de naissance du nationalisme algérien moderne. Un siècle après sa création au sein de l’immigration ouvrière en France, ce mouvement pionnier demeure la matrice d’où a jailli l’idéal indépendantiste, porté à bout de bras par des figures d’exception.
Fondée en 1926, l’Étoile Nord-Africaine est une association née dans le contexte de l’immigration ouvrière nord-africaine en France. Il s’agit de la première organisation politique structurée des travailleurs algériens en France. Son rôle décisif dans l’émergence du nationalisme algérien moderne, autour de figures telles que Messali Hadj, Hadj Ali Abdelkader, Imache Amar, et Radjef Belkacem, s’inscrit dans des dynamiques plus larges de mouvements anticoloniaux.
Par Amin Zaoui, écrivain, et ancien directeur de la Bibliothèque nationale d'Algérie
La sincérité dans la recherche historique est la capacité intellectuelle d’accomplir l’équation alchimique complexe, capable de conjuguer les battements du cœur et la clairvoyance de la raison. Et lorsque l’historien est lui-même une part de l’Histoire qu’il écrit, qu’il en soit acteur ou objet, et qu’il s’efforce de rester objectif, il ressemble à quelqu’un qui marche sur un fil ténu, tendu entre le cœur et la raison. Tel est le cas de l’historien franco-algérien Benjamin Stora, l’un des plus grands historiens contemporains spécialisés dans l’Histoire du Mouvement national algérien et de la révolution algérienne.
Comment une organisation ouvrière née dans l’exil parisien a-t-elle pu devenir le moteur de l’indépendance algérienne ? Réunis à Béjaïa pour commémorer les 100 ans de l’Étoile Nord-Africaine, des chercheurs internationaux ont déconstruit les récits officiels pour réhabiliter les figures de l’ombre et analyser les piliers idéologiques du nationalisme. Retour sur un colloque où l’histoire s’écrit au présent.
L’historien français Benjamin Stora est revenu, à l’occasion d’un colloque international organisé à l’université Abderrahmane Mira, sur la genèse de l’Étoile Nord-Africaine (ENA). Entre influences communistes et soif d’émancipation, il a retracé le parcours complexe des pères fondateurs d’un mouvement qui allait changer le cours de l’histoire.
> Lire l'article Par N. Bensalem
« Vieille de plus d’une demi-siècle, la bibliothèque personnelle de Benjamin Stora a voyagé au gré des déménagements du Constantinois à Paris et à l’étranger. Mais, sous l’effet de sa triple vocation —étudiant, historien, enseignant —, elle n’en finit pas de s’enrichir et, au fil des acquisitions, de grignoter de l’espace at home ! Il y en a de tout avec, spécialité du concerné oblige, une prépondérance de la thématique ‘’histoire’’.
Il y a d’abord les manuels et les titres ‘’référence’’ dans la discipline, ces indispensables outils qui, de Paris X (Nanterre) à Paris XII (Créteil), ont accompagné l’étudiant puis le doctorant à l’épreuve gagnante de la licence et de la post-graduation.
Il y a, il va sans dire, les ouvrages publiés par ses collègues et amis historiens, à commencer par les grandes signatures de l’histoire coloniale, du nationalisme algérien et de la guerre l’indépendance. Dédicacés au moyen de mots choisis, ils ornent un rayon entier de la bibliothèque. Et, à tout seigneur, tout honneur, Il y a son œuvre, dense et multiforme : 37 livres auxquels s’ajoutent 11 publiés en collaboration et 6 livres collectifs dirigés en compagnie d’illustres pairs sans compter la quinzaine de thèses qu’il a encadrées.
« Habiter le monde » : la thématique du festival Le Livre à Metz 2026
Chaque printemps, Metz se transforme en capitale éphémère du livre et de la presse écrite. Pour cette nouvelle édition, le festival de littérature et de journalisme investit une nouvelle fois la Place de la République, cœur névralgique du dispositif, avec ses chapiteaux dédiés aux causeries, à la jeunesse et à la grande librairie. Autour de ce pôle central gravitent une dizaine de lieux partenaires disséminés dans la ville, de l'Arsenal Jean-Marie Rausch à l'Hôtel de Ville en passant par la Porte des Allemands.
En librairie depuis le 18 mars 2026, le livre de poche, "L'Arrivée. De Constantine à Paris, 1962-1972". Ed Flammarion. Collection "Champs Histoire".
- 240 pages
- 108 x 177 mm Poche
- Noir et blanc
- Format poche EAN : 9782080487537 ISBN : 9782080487537
Ce pourrait être le signe d’un début de détente entre Paris et Alger : plusieurs armes ayant appartenu à l’émir Abdelkader vont être remises à l’Algérie. Mais la décision n’a rien à voir avec les autorités, c’est une association franco-algérienne qui est à l’initiative de la restitution.
Des armes ayant appartenu à l’ émir Abdelkader ont été exposées, le 4 mars, lors d’une soirée de ramadan organisée à Stains, dans la banlieue nord de Paris, en présence de plusieurs personnalités parmi lesquelles le maire de la ville, le sénateur Ahmed Laouedj, et l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire de l’ Algérie.
France–Algérie : mémoires postcoloniales et contre-récits réactionnaires
Comment se construisent aujourd’hui les récits autour de l’histoire coloniale et de la guerre d’Algérie ? Pourquoi ces questions de mémoire restent-elles au cœur des tensions politiques et intellectuelles contemporaines ?
Pour en débattre, Benjamin Stora, historien spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Algérie, du Maghreb et de la décolonisation, et Todd Shepard, professeur d’histoire à Johns Hopkins University et spécialiste de la France contemporaine et des études coloniales, croiseront leurs analyses.
Un échange pour comprendre les enjeux mémoriels et politiques qui entourent aujourd’hui l’histoire franco-algérienne, et interroger les récits qui façonnent notre rapport au passé.
🗓️ Mardi 17 mars • 19h
📍 Centre René Cassin – Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
17 rue Saint-Hippolyte, 75013 Paris
Tout au long du XXe siècle, les Algériens sont venus par milliers à Paris. Indispensable main-d’œuvre d’une capitale en plein développement, ils représentent la communauté immigrée la plus importante de la ville au début des années 1980. Une histoire riche et parfois douloureuse sur fond de guerre de décolonisation. Jamais entièrement français ni vraiment étrangers, les Algériens de Paris ont longtemps peiné à trouver leur place.
> Disponible sur ARTE.TV jusqu'au 15/12/2027
L’historien Benjamin Stora, figure centrale des travaux sur la mémoire franco‑algérienne, a laissé éclater sa colère lors d’un entretien diffusé sur France Info. Une scène rare, presque inédite pour ce spécialiste réputé pour son calme, qui a dénoncé en direct ce qu’il considère comme une dérive médiatique empêchant tout débat sérieux sur l’histoire.
Figure incontournable de la mémoire franco‑algérienne, Benjamin Stora avance depuis des décennies sur un terrain miné, entre passions politiques et blessures historiques. Malgré les polémiques et les procès d’intention, il demeure un homme qui continue de croire au dialogue, convaincu que seule la parole historique peut apaiser les fractures entre les deux rives. Son récent coup de colère sur France Info révèle autant l’exaspération d’un chercheur exposé que la persistance d’un engagement profondément humaniste.
A l'occasion de la parution de l'ouvrage France/Algérie. Anatomie d'une déchirure (Les Arènes), Benjamin Stora et Xavier Le Clerc échangent sur l'histoire et l'actualité des relations franco-algériennes.
Une histoire commune qui divise encore. Deux siècles de domination, de luttes, d’exils… et des mémoires toujours irréconciliées. Depuis plus de 60 ans, les relations entre la France et l’Algérie oscillent entre tensions diplomatiques, mémoires à vif et récits concurrents. Héritée de 132 ans de colonisation et d’une guerre d’indépendance sanglante, cette histoire commune reste un sujet brûlant des deux côtés de la Méditerranée.
Jeunesse de Hocine Aït Ahmed (1926-1947) - Naissance d’une génération révolutionnaire. Par Benjamin Stora.
Né le 20 août 1926 à Aït Yahia, en Kabylie (actuelle wilaya de Tizi Ouzou). Hocine Ait Ahmed est Issu d’une famille paysanne kabyle, attachée à l’instruction et à la culture. Il a grandit dans un contexte de domination coloniale française, marqué par les inégalités politiques, sociales et culturelles.
Par Nabila Amir
Lors de ce colloque international consacré à Hocine Aït Ahmed, l’historien français Benjamin Stora a livré une lecture du rôle d’Aït Ahmed dans l’émergence d’une jeune génération nationaliste radicale après les massacres du 8 Mai 1945.
M. Stora a insisté sur la précocité de son engagement politique. Né en Kabylie, Aït Ahmed est très tôt façonné par le refus de la colonisation et de l’injustice. Bien avant les massacres de 1945, il est déjà reconnu comme un militant engagé. «On pourrait presque dire qu’il était un ‘vieux militant’ alors qu’il était encore très jeune», fait remarquer l’historien, soulignant sa place «précoce» au sein du Mouvement national. Elève brillant, il bénéficie d’un parcours scolaire rare pour l’époque, nourri à la fois par la culture kabyle et la langue française, ce qui lui permet de développer une réflexion politique structurée dès sa jeunesse.
Né en 1933, Mohammed Harbi est décédé ce 1er janvier 2026 à Paris. Benjamin Stora rend hommage à cette grande figure de l’histoire algérienne, par ses engagements de citoyen et d’historien.
Publié en 1975, Aux origines du FLN, le populisme révolutionnaire en Algérie, le livre de Mohammed Harbi a été un vrai choc pour moi. J’étais alors un jeune étudiant de vingt-cinq ans préparant à l’École des hautes études en sciences sociales sous la direction de Charles-Robert Ageron une thèse sur Messali Hadj. A la lecture de son ouvrage, Mohammed Harbi m’est apparu comme un intellectuel maghrébin pour qui les mots n’ont pas de nationalité ni d’origine, et sont donc des êtres libres, rétifs à tout embrigadement, libres d’aller où bon leur semble sans devoir rendre des comptes aux États. Un historien qui n’a que faire des étiquettes politiques, plus attaché à l’intelligence, aux idées, qu’à la nationalité. Un être de chair et de sang, de solitude, mais qui veut partager avec les autres un peu de ce qui le constitue.
Dans leur livre « France/Algérie. Anatomie d’une déchirure », les historiens remontent à la source de la blessure coloniale pour éclairer les soubresauts de l’actualité. Par Frédéric Bobin.
Voici un petit livre éminemment salutaire par les temps qui courent. A l’heure où les agoras grondent de fausses évidences, la modeste pédagogie du savoir étayé et accessible au plus grand nombre tient de l’urgence citoyenne. En ce sens, le précis d’histoire signé par Thomas Snégaroff et Benjamin Stora France/Algérie. Anatomie d’une déchirure (Les Arènes/France Inter, 190 pages, 17 euros) est une heureuse surprise.
Spécialiste de la guerre d’Algérie, l’historien Benjamin Stora publie un nouveau livre consacré à la "déchirure" entre la France et l’Algérie. Pour lui, les accords de 1968 ont été vidé de leur substance il y a longtemps.
Avec ces accords de 1968 entre la France et l’Algérie, de quoi parle t’on exactement ?
«En 1962, les accords d’Evian prévoyaient la libre circulation totale entre les deux pays. Celle-ci visait surtout les Français d’Algérie. C’était les 30 Glorieuses. Les travailleurs algériens ont également traversé la Méditerranée et ont d’ailleurs contribué au développement de la France. En 1968, le général de Gaulle a décidé de réguler les frontières. C’est devenus plus strict, y compris pour les Algériens, malgré quelques compensations.»
De Xavier Le Clerc, écrivain (Le pain des français, Ed Gallimard) :
« Je sors de ce film bouleversé.
La mémoire de Cécile qui imprègne les mouvements syncopés de la danse urbaine, du mime en quelque sorte qui joue entre le visible et l’invisible. N’est ce pas au fond un film sur les fantômes? Ces êtres sans corps qui nous traversent comme de l’électricité.
C’est un film sur la guerre d’Algérie, aussi. Les battles, ces combats symboliques, en l’occurrence avec ou contre des danseurs Arabes. Ta présence, en tant que père historien mais aussi en tant qu’ enfant de l’histoire. Et la ritournelle de l’exil de jouer à nouveau sa triste musique durant la décennie noire comme si au fond, il fallait toujours avancer, toujours bouger.
La vraie source du mouvement permanent, de la danse se révèle alors enfin. Raphaël s’enivre du mouvement devant un miroir comme tu te noyais dans le travail pour ne pas choisir entre la gangrène et l’oubli.
Refuser l’immobilité comme l’on refuse la mort. »
À 40 ans, Raphaël Stora, réalisateur et fils de l’historien Benjamin Stora, ravive sa passion pour la danse hip-hop. Avec sa caméra il explore son passé et ses liens familiaux tout en filmant ses pairs, dont les corps en mouvement résonnent avec ses questionnements intimes.
Près de dix ans après Les promesses du sol, série documentaire dans laquelle il rendait hommage à la scène hip-hop parisienne, Raphaël Stora décide de remonter sur scène et de renouer avec la danse qu’il avait abandonnée pour la réalisation. Mais ce retour ne se fait pas sans heurts : le corps résiste, la scène a évolué et l’exigence de performance semble plus forte que jamais. Le quarantenaire exprime ses difficultés à se sentir légitime dans ce "monde de virtuoses". Que ce soit au festival Summer Dance Forever d'Amsterdam, l'un des battles de danse les plus prestigieux au monde, sur la pièce de la chorégraphe Mounia Nassangar ou dans un battle de waacking, tous ont en commun de danser avec l'urgence de dire quelque chose.
Dès mardi 16 septembre 2025 sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d'ARTE.Près de dix ans après Les Promesses du sol, série documentaire dans laquelle il rendait hommage à la scène hip-hop parisienne, vibrante, éclectique et audacieuse, Raphaël Stora, 40 ans, décide de remonter sur scène et de renouer avec la danse qu’il avait abandonnée pour la réalisation. Mais ce retour ne se fait pas sans heurts : le corps résiste, la scène a évolué, et l’exigence de virtuosité semble plus forte que jamais.
La série des interviews exclusives que le bureau de La Nouvelle République à Paris avait consacrées avec des historiens Français de renommée internationale pour commémorer les massacres du 8 mai 1945 à l’image de Gilles Manceron, Olivier.
Le Cour Grandmaison s’achève aujourd’hui avec un autre ténor et spécialiste de la guerre d’Algérie l’imminent historien Benjamin Stora auteur faut-il le rappeler de ses derniers ouvrages « L’arrivée de Constantine à Paris 19621972 » paru aux éditions Tallandier au mois de septembre 2023 « Les Algériens en France en collaboration avec Nicolas Le Scanff (Une histoire de générations) qui parle
sous forme de bande dessinée de l’histoire de l’immigration Algérienne en France au XXe siècle paru aux éditions La découverte Septembre 2024.
Depuis plusieurs mois, les tensions entre la France et l’Algérie font la une de l’actualité. Benjamin Stora, professeur émérite des universités et spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain, livre son regard sur cette situation et sur les pistes qui, à ses yeux, pourraient permettre de se positionner autrement face aux blessures d’un passé complexe, riche et tragique.
Par Makhlouf Mehenni 18 Févr. 2025. https://www.tsa-algerie.com/benjamin-stora-historien-francais-et-admirateur-de-la-revolution-algerienne/
"En cinquante ans, les choses ont profondément changé". C’est le constat que fait, avec une certaine amertume, Benjamin Stora, 75 ans, sur l’évolution de la société française vis-à-vis de la question coloniale.
Lorsqu’il a commencé à travailler sur l’histoire de l’Algérie, au milieu des années 1970, la situation était différente. « Le courant anticolonialiste était très important, notamment à gauche. Il y avait tout un bain culturel qui reconnaissait la nécessité de l’indépendance de l’Algérie. C’était quelque chose de normal, d’évident », raconte-t-il à TSA.
Par Makhlouf Mehenn.
Longue interview accordée par Benjamin Stora à TSA. L’historien français spécialiste de l’Algérie évoque le poids du passé dans la relation France – Algérie, la crise actuelle entre les deux pays, la mission qui lui a été confiée par le président français, la commission mixte d’historiens, les blocages, l’affaire Boualem Sansal et les attaques de l’extrême-droite contre sa personne. Non sans faire au passage quelques confidences.
Les crispations croissantes entre Paris et Alger ramènent, une fois encore, à la mémoire de la guerre d’Algérie. L’historien Benjamin Stora, invite à penser la réconciliation sur le temps long.
Incarcération de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, renvoi vers Paris d'un influenceur algérien expulsé pour ses appels à la violence. Pourquoi cette soudaine escalade ?
L'an dernier, Emmanuel Macron a décidé d'appuyer le plan marocain sur le Sahara occidental. Or, Alger soutient les indépendantistes de la région. Cette position a mis le feu aux poudres. Elle est venue percuter le travail mémoriel entrepris après la remise de mon rapport. L'Algérie et la France entretiennent une relation peu ordinaire sur la scène diplomatique qui explique l'apparition régulière de points de tension. Des millions de personnes sur le sol français ont un lien avec l'Algérie. Ces différends ne peuvent donc pas se résumer à une question de politique étrangère, ils ont aussi une dimension de politique intérieure.
Le journal Causeur vient de publier le 26 décembre 2024 sur son site un long article diffamatoire sur ma vie et mes travaux, signé de Jean-Pierre Lledo.
Avant de répondre, sur un plan factuel, aux graves accusations qui sont portés contre moi, je voudrai préciser deux points :
Je subis depuis de nombreuses années des violentes attaques antisémites publiées, en Algérie sur des sites comme Algérie patriotique (pas moins de huit articles qui m’attaquent en tant que juif) ; en France dans diverses publications comme Riposte Laïque (dans lequel écrit régulièrement monsieur Lledo) remettant en cause ma qualité d’historien, en me traitant « d’historien officiel », ou « d’historien de cour ».
Pendant que Jean- Pierre Lledo était militant du Parti communiste algérien pendant de nombreuses années (de l’indépendance de l’Algérie en 1962 à son départ du pays en 1993,) il n’a cessé de défendre en Algérie les différents pouvoirs qui se sont succédés : de celui de Houari Boumedienne, à celui de Chadli Bendjédid. Pendant toute cette longue période, je ne l’ai pas rencontré dans tous les combats que j’ai mené à cette époque : la défense des militants du « Printemps berbères » en 1980; le combat contre le code de la famille en 1983 ; les luttes pour la construction de la Ligue algérienne des droits de l’homme commencée en 1984 ; la campagne pour la libération des militants arrêtés en 1985…. Et je pourrai poursuivre la longue liste des combats menés où je n’ai jamais croisé Jean-Pierre Lledo.
Par Jeanne Auberger
En juin dernier étaient célébrés les cinquante ans de la mort de Messali Hadj, grande figure de la lutte indépendantiste algérienne. Personnage peu connu en France, il aurait pu l'être bien davantage de l'autre côté de la Méditerranée. Pourtant, l'Algérie s'est toujours bien gardée de glorifier ce héros national. Et pour cause, il fut le grand rival du FLN qui mena une vraie vendetta contre ses partisans et finit par l'évincer.
Considéré comme le père du nationalisme algérien, Messali Hadj disparaissait en 1974 dans la relative indifférence d'Alger. Cinquante ans plus tard, à l'occasion de l'anniversaire de sa mort, le pouvoir algérien ne semble toujours pas ému. Pourtant, il est indéniablement l'un des grands personnages de l'Histoire algérienne qui aurait pu ériger en héros national. Né en 1898 à Tlemcen, dans le nord de l’Algérie, Messali Hadj grandit dans un milieu arabo-musulman et fréquente une confrérie religieuse ainsi que l’école française. Il fait son service militaire en France pendant la Première Guerre mondiale et gravit quelques échelons militaires, avant de rentrer en Algérie en 1920 où il suit l’émir Khaled, petit-fils de l’émir Abd el-Kader qui a mené les premières insurrections contre les Français au XIXe siècle.
