Le rapport rédigé par l’historien Benjamin Stora, rendu public le 20 janvier 2021, à propos des questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie, répond à une mission que lui a confiée le président de la République. Lors d’une conversation avec Tahar Khalfoune, l’historien et le juriste reviennent sur la réception de ce rapport en France et en Algérie, ainsi que sur les controverses que suscitent ces questions mémorielles. Ils proposent enfin une analyse sur la manière dont cet héritage colonial et cette culture de guerre structurent de part et d’autre l’imaginaire national.

La première fois que j’ai rencontré Abdelmadjid, c’était en 1982 à l’université de Jussieu à Paris, à l’occasion d’un colloque sur les villes en Algérie. J’ai tout de suite été frappé, impressionné par sa vive intelligence, la sureté de ses propos, et son incroyable érudition. Il m’a proposé de venir dans notre ville, sa ville, Constantine. J’ai hésité. J’avais quitté la Cité plantée sur son Rocher vingt plus tôt, avec mes parents, en juin 1962. Je venais juste de soutenir ma thèse sur la vie de Messali Hadj, que Madjid avait lu. Je dirai tout de suite à ce propos que dans les années suivantes, je découvrirai progressivement l’extraordinaire mémoire et connaissance de Madjid, sur tout, ou presque tout : la subtile musique arabo-andalouse, la vie compliquée du nationalisme algérien, les méandres de l’histoire française et sa trajectoire coloniale, la geo-politique internationale….

Benjamin Stora
C’est avec une biographie de Messali Hadj, leader nationaliste algérien combattu et évincé par le FLN, que Benjamin Stora a entamé sa carrière d’historien, largement consacrée à la guerre d’Algérie. Dans les Mémoires de cet homme politique, il avait retrouvé, raconte-t-il, cette « Algérie communautaire » qu’il avait rencontrée « étant enfant à Constantine, pendant la guerre d’Algérie ».
Six ouvrages de l’éminent historien Benjamin Stora viennent d’être réédités dans un volumineux opus de plus de mille pages chez Robert Laffont dans la collection “Bouquins” sous le titre Une mémoire algérienne. Regroupant les titres Les Clés retrouvées, Dernière génération d’Octobre, Les Guerres sans fin, Le Mystère de Gaulle, François Mitterrand et la guerre d’Algérie et Les Trois exils, les trois chapitres évoquent des thèmes liés à la fois à son vécu, à “la mémoire et l’histoire” de l’Algérie et à son parcours d’historien qui puise sans cesse dans ce pan de son existence.
Jean Daniel et Albert Memmi (photo, B.Stora) Par Youssef Zerarka.
La contestation algérienne a démarré il y a tout juste un an, le 22 février 2019. Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, revient sur ce mouvement inédit depuis l’indépendance de 1962 qu’il assimile à une « révolution ». Par Nathalie Funès.
Comme Jean Daniel, l’historien Benjamin Stora est né en Algérie. L’homme aux filiations variées était nourri de ses liens avec son pays natal, en particulier pendant la guerre d’indépendance, que le journaliste a couvert avec exigence et courage.
Doit-on s’offusquer qu’un journaliste de la droite conservatrice portraiture un intellectuel de gauche en « poussah pontifiant » qui a « fait du gras » depuis ses jeunes années d’étudiant ?






























































