Le « 89 » arabe, Réflexions sur les révolutions en cours, Dialogue avec Edwy Plenel - Benjamin Stora, éd. Stock 2011, 173 pages, 16 euros
Ce dialogue vif et amical entre un journaliste (Edwy Plenel) et un historien (Benjamin Stora) est une belle contribution au débat sur les révolutions du monde arabe, cette formidable ouverture de l’horizon des possibles. Certes, les deux auteurs ne nous proposent pas des analyses concrètes des événements en Tunisie et en Égypte, des forces en présence, du rôle de différents courants politiques et religieux, etc. En prenant une certaine distance par rapport à l’actualité immédiate, ils tentent de situer ces révolutions dans un contexte historique et politique plus large.

"Mon fils de 17 ans l'a rapporté à la maison, et je trouve extraordinaire que Benjamin Stora, le spécialiste du sujet, ait accepté de se prêter au jeu de ce livre qui traite l'Histoire différemment, et de manière très vivante. Il y a des fac-similés de cartes, de lettres, de carnets... Comme si on se trouvait à la place de l'historien et que l'on disposait des mêmes indices."
Dans un essai d’une brièveté percutante, l’historien Benjamin Stora, se demande comment il est possible de comprendre une guerre lorsqu’elle est invisible. L’invisibilité c’est le manque d’image, l’absence de télévision. Jean Baudrillard avait déjà affirmé pour les mêmes raisons, que la guerre du Golfe n’avait pas eu lieu. De la part de Baudrillard qui surfe avec virtuosité sur les vagues des représentations ce n’était ni étonnant ni convaincant. Mais Stora, lui, est un historien.
Benjamin Stora a soutenu deux thèses de 3ème cycle, l’une en histoire à l’École des Hautes Études en Sciences sociales, l’autre en sociologie à Paris VII, où il enseigne cette discipline. Ces deux thèses traitaient de sujets complémentaires : Messali Hadj, père du nationalisme algérien, et les militants des organisations qu’il a fondées. La première a été publiée sous une forme allégée en 19821 ; la seconde, en 19852.
« Fruit de son détachement à Rabat de 1998 à 2001, cette très belle synthèse entreprend une étude en parallèle des nationalismes algérien et marocain dont les racines remontent à la prise d’Alger en 1830. Outre une précieuse chronologie comparative, du traité de Fès (1912) aux avènements de Mohamed VI et de Bouteflika (1999), afin d’étayer la démonstration cet ouvrage contient une série d’interviews de Benjamin Stora à des journaux marocains.



























































