Évincé de l’exposition sur Albert Camus qui était prévue à Aix-en-Provence, l’historien revient sur la polémique et décrypte les survivances idéologiques d’une période qui demeure conflictuelle.
Une grande exposition sur Albert Camus, conçue par l’historien Benjamin Stora et le documentariste Jean-Baptiste Péretié, était prévue pour novembre 2013 à Aix-en-Provence (sud de la France), à l’occasion du centième anniversaire de la naissance du Prix Nobel de littérature. À l’orée de l’été 2012, les deux auteurs, sans doute parce que le premier était considéré par les milieux nostalgiques de la colonisation comme trop proche des Algériens, furent « débarqués » sans explication. Ils évoquent aujourd’hui, dans un petit livre stimulant, Camus brûlant, les circonstances comme l’arrière-plan politique et historique de cette affaire. Pourquoi Camus, que l’on croit consensuel, suscite-t-il tant de réactions passionnelles des deux côtés de la Méditerranée ?

Les commémorations importantes ont ceci d’excellent qu’elles font en règle générale l’objet de manifestations à caractère historique, invitant les spécialistes du passé à proposer, sur des sujets parfois passionnels et brûlants, une analyse scientifique. Leur tâche se révèle, on le comprend d’emblée, tout sauf aisée. Ainsi, cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, apparaissait-il nécessaire de répondre à une demande sociale en revenant sur l’un des versants métropolitains de ce conflit multiforme, à travers la question de l’immigration algérienne en France. Une exposition intitulée Vies d’exil - 1954-1962. Des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie, se tient ainsi d’octobre 2012 à mai 2013 à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI).
































































