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Transcription, par Taos Aït Si Slimane, de l’émission de France Culture, « La Fabrique de l’Histoire », par Emmanuel Laurentin, du mercredi 15 décembre 2010, qui avait pour thème, « Histoire de la guerre d’Algérie » / « Archives autour du Cinéma et la guerre d’Algérie »
Présentation sur le site de l’émission : Pour cette troisième émission de la semaine, nous écoutons de nombreuses archives tirées de films documentaires, d’actualité ou de fiction traitant de la guerre d’Algérie. Car, contrairement à une idée reçue, ce conflit a produit un grand nombre d’images, après le conflit mais aussi pendant.
Rencontre le 25 octobre 2023 à la Grande Mosquée de Paris avec Benjamin Stora à propos de son dernier livre « L arrivée » (Ed Taillandier).
Le Monde diplomatique : «On ne saurait trop conseiller la lecture de ce livre concis mais qui, en allant à l'essentiel, rappelle ce que fut l'Algérie française [...]. Un voyage salutaire, jamais simpliste, manichéen ou ennuyeux».
Le Monde : «Des balises indispensables pour comprendre comment l'aventure coloniale de la France en Algérie diffère de celle qui la guida dans d'autres pays ; et comment cette aventure différente transforma le drame de la décolonisation en tragédie.»
Revue française d'histoire d'outre-mer : «L'ouvrage, alerte et de lecture aisée, est une synthèse historique et non une réflexion politique. Au total, il reflète une approche très personnelle, celle d'un historien engagé, très original en ce qu'il s'efforce d'être à l'écoute des diverses communautés de l'Algérie coloniale. Il ne montre pas seulement l'«Algérie heureuse», l'«Algérie de papa» [...], il dit aussi avec précision son inconscience politique face à la montée du nationalisme algérien.»
Poche: 124 pages
Editeur : Editions La Découverte; Édition : Nouv. éd (1 novembre 2004)
Collection : Repères
Langue : Français
ISBN-10: 2707144665
ISBN-13: 978-2707144669
Voici la lettre de Delphine Renard. Elle avait quatre ans en février 1962 au moment de l’explosion d’une bombe de l’OAS, déposée au domicile d’André Malraux. L’explosion l’a rendue aveugle. Elle s’est rarement exprimée en public.
Video de Benjamin Stora prise à partir de son téléphone portable, lors de la remise des archives de l'Etat français par François Hollande à propos de l’assassinat de Farhat Hached, le leader syndical tunisien assassiné le 5 décembre 1952.
Hached Farhat
(Tunisie, syndicaliste, figure nationale)
Le 5 décembre 1952, alors que la question tunisienne est débattue au sein des Nations Unies, Farhat Hached, le Secrétaire général de l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) tombe dans une embuscade alors qu’il roule sur la route de Radès. L’assassinat est l'oeuvre de la « Main Rouge », organisation terroriste composée d'Européens qui ont décidé d’opposer la violence au mouvement nationaliste tunisien. Cet attentat intervient alors que la Tunisie est secoué par un mouvement de protestation de grande ampleur face à l’immobilisme de la Résidence générale et à l’absence de toute perspective en matière de réformes politiques. C'est aussi l’époque des « fellaghas », ce mouvement d’essence rurale, qui décide de s’attaquer par les armes à la présence française. Dans les villes, le terrorisme frappe tous les jours.
Mais avec la disparition de Farhat Hached, le mouvement nationaliste subit un coup rude. L’homme est celui qui a créé l'UGTT et en a fait une force aussi influente que le Néo-Destour (parti nationaliste) de Habib Bourguiba. Originaire des îles de Kerkenah, ce militant de la première heure a su préserver l'autonomie de la centrale syndicale face aux appétits hégémoniques du Néo-Destour. Mieux encore, parce qu'il a réussi à convaincre ses militants de la nécessité d’une adhésion de l'UGTT à la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et qu'il est profondément méfiant à l'égard du Parti communiste tunisien, il est aussi l’interlocuteur du gouvernement américain et dispose de solides relais à Washington. Son aura est aussi importante que celle de Bourguiba, sinon plus.
Son exécution n’est donc pas un hasard. Elle a été longuement préparée par la « Main Rouge ». Jean de Hautcloque, le Résident général, en sera même informé par ses organisateurs. Il ne prendra aucune mesure de protection particulière pour faire protéger le leader syndical ou l’avertir du danger qui le guette. Lorsque l’attentat aura lieu, il ne sanctionnera pas ses services de police. Pourtant, il est de notoriété publique que la « Main Rouge » est formée en grande partie de policiers européens. L’assassinat de Farhat Hached restera donc à jamais impuni et selon l’historien Charles-André Julien, « Hautcloque a lui même donné son feu vert à l'opération ».
Quelques jours après la mort de Farhat Hached, son successeur à la tête de l'UGTT, le nationaliste et hommes de lettres Mahmoud Messadi seront, lui et son épouse, arrêtés par ordre du Résident général. Moins d’un an plus tard, c’est au tour de Hédi Chaker, membre du Comité directeur du Néo-Destour, d'être abattu chez lui par la Main Rouge le 12 septembre 1953.
La mort de Farhat Hached va avoir un impact important dans le monde arabe, à commencer par le Maroc où l’annonce de sa disparition va provoquer d’importantes émeutes à Casablanca.
Texte in Les 100 portes du Maghreb, de Benjamin Stora et Akram Elyas, Paris, Ed de l’Atelier, 1999, pages 177-178.
Deux événements récents, la création de la “Fondation de la mémoire de la guerre d’Algérie” et l’abandon – provisoire ? – du projet de loi algérien de “criminalisation du colonialisme français”, ainsi que la sortie de deux films, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, et Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, montrent, par les réactions qu’ils ont suscitées, que la mémoire de la guerre d’Algérie est devenue un enjeu politique important.
Nous reprenons ci-dessous, un entretien donné par Benjamin Stora [1] au magazine L’Histoire, où l’historien évoque la réactivation des mémoires auquel on assiste depuis quelques années des deux côtés de la Méditerranée. Il fait le point sur les enjeux des “conflits mémoriaux” qui se développent non seulement entre la France et l’Algérie, mais également à l’intérieur de chacun de ces deux pays.
Par Sébastien Le Fol
Dans un livre poignant, l’historien Benjamin Stora raconte son enfance en Algérie et son arrivée à Paris, en 1962.
"L’ancien trotskiste que vous êtes aurait pu intituler ce livre de confessions “Du passé faisons table rase”, non ?
En effet ! De mon passé algérien, mon enfance à Constantine et mon exil en France, j’ai longtemps fait table rase. J’ai enfoui mon histoire personnelle, je ne l’assumais pas. J’ai vécu dans le déni. Dans ces pages, je me livre comme jamais. Cet exercice d’introspection a été très douloureux. Je suis tombé malade après l’avoir écrit.
Benjamin Stora : "Plus les jours passent, moins on croit au retour de Bouteflika"
Interview LIBERATION samedi 25 septembre 2010
Benjamin Stora (1), spécialiste de l’Algérie contemporaine, a été très sollicité au sujet du Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb, dont il souligne les multiples erreurs. Nous l’avons interrogé sur le plan élargi d’un débat post-colonial avec le film de Xavier Beauvois sur les moines sacrifiés en Algérie, Des hommes et des dieux, qui, lui, n’a soulevé aucune discussion.
Après avoir travaillé sur l'oubli collectif lié à la colonisation de l’Algérie, l’historien s’interroge à travers son histoire personnelle: "Faut-il oublier pour s’intégrer ?".
Entretiens : Marlène Belilos et Marie Laurent
Image et montage : Thomas Boujut
-
En texte intégral, une transcription de Taos Aït Si Slimane.
A propos de : « Les guerres sans fin. Les historiens, la France et la guerre d’Algérie », Paris, Stock, 2008, de Benjamin Stora et « La France en guerre 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne », Paris, Autrement, 2008, sous la direction de Sylvie Thénault (avec Raphaëlle Branche).
Benjamin Stora, historien spécialiste de la guerre d'Algérie, publie « L'Arrivée ». Un récit qui nous fait cheminer entre Constantine et Paris, au plus près de sa famille, et dans lequel il est aussi question d'intégration dans la société française. Émouvant autant que passionnant.
« L'Arrivée, de Constantine à Paris (1962-1972) », de Benjamin Stora (Editions Tallandier)
Benjamin Stora, historien. "Fanon a pensé la question coloniale de manière universelle"
Propos recueillis par F-X.G. France-Antilles Martinique 11.07.2012.
Compte rendu de Gilbert Meynier dans la revue Vingtième siècle, 1986, vol 9, page 134.
Broché: 304 pages
Editeur : Editions L'Harmattan (2000)
Langue : Français
ISBN-10: 2858025436
ISBN-13: 978-2858025435
https://www.franceinter.fr/emissions/la-marche-de-l-histoire/la-marche-de-l-histoire-11-mars-2013

Après Les Clés retrouvées qui évoquait son enfance juive à Constantine, Benjamin Stora raconte l’inflexion de sa destinée après son départ forcé vers la métropole, avec toute sa famille déboussolée, valises à la main, à l’été 1962. Cette bas cule dans l’inconnu, à 12 ans, ne fut pas un "rapatriement" organisé comme les autorités le disaient alors pour tourner plus vite la page : le petit gars à l’œil vif n’a pas oublié le tout petit bonbon qu’on leur distribua pour viatique en débarquant à Orly...
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L’Arrivée. De Constantine à Paris, 1962-1972, de Benjamin Stora, ed. Tallandier, 240p., 19,90€
Comment comprendre l'Algérie d'aujourd'hui à moins d'un retour critique sur l'histoire ? Ce livre réunit neuf des premières études de Benjamin Stora qui gardent leur pertinence et éclairent comme jamais l'actualité. C'est toute la complexité et la pluralité du nationalisme algérien dans sa phase de constitution entre 1920 et 1954 qui est ici montrée. En quoi les débats de la période 1935-1938 avec le Front populaire et le mouvement communiste se retrouveront-ils dans la guerre d'Algérie ? Quel rôle a joué l'islam ? Comment, à travers les contradictions régionales, a percé la conscience nationale ? Pourquoi la représentation paysanne dans la marche du nationalisme est- elle demeurée faible ? Quelle est la signification des affrontements idéologiques qui ont traversé la direction de l'organisation nationaliste à la veille du le` novembre 1954 ? Comment se sont organisées les "batailles de mémoire" entre dirigeants pour consolider une légitimité historique ? Toutes ces questions décisives ouvrent sur une compréhension du présent. Un volume exemplaire où se laisse voir la genèse intellectuelle d'un des plus grands spécialistes de l'Algérie et qui ouvre, de façon surprenante, sur une saisie renouvelée du présent.
Le nationalisme algérien
Broché: 346 pages
Editeur : CNRS (25 février 2010)
Langue : Français
ISBN-10: 2271068681
ISBN-13: 978-2271068682
Invités :
Pierre Nora, historien français Directeur des Hautes Etudes et académicien français
Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb contemporain, des guerres de décolonisations et de l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe.
http://www.franceculture.fr/emissions/repliques/qui-etaient-les-francais-dalgerie
Benjamin Stora était à Alger samedi et dimanche derniers. L’historien a rencontré samedi 5 juin quelques-uns de ses lecteurs à la librairie du Tiers-Monde à l’occasion de la vente-dédicace de deux de ses ouvrages réédités à Alger par Sédia, Le Mystère De Gaulle, son choix pour l’Algérie et La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie. Dimanche 6 juin, il était au Centre culturel français (CCF) pour une conférence-débat autour de son dernier livre. Une opportunité pour discuter à bâtons rompus avec lui de son actualité éditoriale algérienne et de questions relatives à ses travaux de recherche sur le fait colonial en Algérie.
Le 27 septembre 1979, le peuple d’extrême gauche enterre l’un de ses héros : Pierre Goldman. Le demi-frère du chanteur, Jean-Jacques, fils de résistants, militant révolutionnaire, auteur, braqueur, a été condamné à perpétuité pour meurtres, acquitté, puis assassiné en plein paris. Dans l’immense cortège, cheminent des figures de l’époque : Simone Signoret, Jean-Paul Sartre, Benjamin Stora, Alain Krivine, Costa Gavras… Le moment signe leurs adieux à un personnage trouble et charismatique, mais aussi à leurs idéaux de grand soir. Quarante-quatre ans plus tard, le nouveau film de Cédric Kahn revient sur “le procès Goldman”, qui a fait de cet homme un mythe.
L'histoire Stora, par Kamel Daoud
Beaucoup en parlent et font des calculs avec la calculatrice : il y a 21 millions d'électeurs. 57% n'ont pas voté. Plus de 1,5 million ont voté blanc. Sur le reste, la moitié a voté pour le FLN. Ou le un tiers ou même pas si on prend en compte la loi du plus fort de la proportionnelle. Donc, pour ceux qui veulent garder espoir et garder, à la fois, une raison de désespérer longuement, le FLN est majoritaire en haut, minoritaire en bas, par les chiffres des électeurs réels. Le FLN peut-il gouverner 36 millions d'Algériens au nom de 04 millions, ou presque pas, d'électeurs ?
Fausse question : il l'a toujours fait. C'est le fils unique de la révolution et les autres sont nés d'un second mariage avec le pétrole ou le temps. Il a fait la guerre, les autres n'arrivent même pas à faire un mur. Donc, faire des calculs sur les chiffres ne mène à rien. Le FLN croit qu'il a la majorité des Algériens quand on compte les morts d'avant 62. Le reste, il fait avec en faisant contre. Donc, c'est ce qui explique que ce pays continuera. D'ailleurs, cela s'est fait hier à Skikda dans un village.
Vecteur de la transmission du savoir et de la fabrication de l'imaginaire, le livre joue un rôle immense dans l'histoire de la guerre d'Algérie. Près de trois mille ouvrages ont été publiés sur cette période.
Benjamin Stora, après un travail sur la mémoire de cette guerre dans La gangrène et l'oubli, et une réflexion sur le cinéma dans l'imaginaires de guerre, se penche cette fois sur le rôle de l'écrit, et particulièrement du livre. Il trace un vaste panorama des représentations de cette guerre à partit des récits des soldats du contingent, des écrits de femmes pieds-noirs nostalgiques de leur jeunesse, des mémoires de combattants algériens, des textes de jeunes issus de l'immigration algérienne travaillés par des identités multiples ... et tout ce qui, récits, biographies, essais, témoignages, fait revivre la guerre sous nos yeux.
Ce travail historique original fait apparaître une fabuleuse bibliothèque qui reste en grande partie à découvrir, ou à relire.
CHIHAB Editions
"Les Trois exils juifs d'Algérie" est le nouveau livre de l'historien Benjamin Stora. Portrait de groupe sur une photo prise à la veille de la Première Guerre mondiale. Deux générations de français, «pas tout à fait comme les autres», disent par leur tenue vestimentaire le passage de l'Histoire. Les uns sont vêtus à l'indigène, comme on disait alors, les autres à l'européenne. Il s'agit de la famille maternelle de l'auteur et entre les deux générations le décret Crémieux du 24 octobre 1870 a accordé aux Juifs d'Algérie la nationalité française.

En une dizaine d'années, le jeune Benjamin Stora passe de l'enfance à l'âge adulte, de Constantine en guerre au Paris de Mai 68. Il raconte sa propre histoire, celle d'un exil et de l'apprentissage d'un homme qui va embrasser une nouvelle vie.
Né en Algérie, à Constantine, en 1950, Benjamin Stora est un historien français, ancien professeur à l’université Paris-XIII. Ses recherches portent sur l’histoire de l’Algérie, et plus largement sur l'histoire du Maghreb contemporain, ainsi que sur l’Empire colonial français et l’immigration en France.
L'homme raconte le jeune rapatrié d'Algérie qu'il fut, de son exil à Paris à l'age de 11 ans jusqu'à l’émergence de sa conscience politique.
Par, Noureddine Khelassi ,
«Toutes les fois qu'un moudjahid disparaît, indépendamment de sa position dans la pyramide de la Révolution, nous enterrons avec lui une partie de l'Histoire, et une information précieuse s'en va si elle ne venait pas à être enregistrée et répertoriée.» L'auteur de ce signal d'alarme, sous forme de constat empreint de triste regret ? Le commandant Abdelkader Mali, alias Abdelaziz Bouteflika, lui-même acteur de la guerre de Libération et présentement chef de son Etat indépendant depuis 1962. Autre exemple, un de ses ministres, Dahou Ould Kablia, lui aussi acteur militaire de la Révolution et toujours président de l'amicale des anciens «malgaches», c'est-à-dire des djounouds de l'ombre du MALG, pense la même chose. Tous les acteurs de la guerre d'Indépendance ont la même foi : un moudjahid qui disparaît sans avoir livré les secrets de sa «boîte noire», c'est le disque dur de la mémoire du Premier Novembre 1954 qui en est d'autant amputée.
Vecteur de la transmission du savoir et de la fabrication de l'imaginaire, le livre joue un rôle immense dans l'histoire de la guerre d'Algérie. Près de trois mille ouvrages ont été publiés sur cette période.
Benjamin Stora, après un travail sur la mémoire de cette guerre dans La Gangrène et l'oubli, et une réflexion sur le cinéma dans Imaginaires de guerre, se penche cette fois sur le rôle de l'écrit, et particulièrement du livre. I
l trace un vaste panorama des représentations de cette guerre à partir des récits des soldats du contingent, des écrits de femmes pieds-noirs nostalgiques de leur jeunesse, des mémoires de combattants algériens, des textes de jeunes issus de l'immigration algérienne travaillés par des identités multiples... et tout ce qui, récits, biographies, essais, témoignages, fait revivre la guerre sous nos yeux.
Ce travail historique original fait apparaître une fabuleuse bibliothèque qui reste en grande partie à découvrir, ou à relire.
Edition le Préau des collines, année 2005
Marc Ferro. Éditions de l’EHESS, Paris, 2023, 146 pages, 9,80 euros
Auteur de travaux majeurs sur la révolution russe et l’URSS, pionnier de l’utilisation du film dans la recherche, biographe rigoureux de Philippe Pétain, animateur pendant douze ans de l’émission de télévision « Histoire parallèle », observateur et analyste des sociétés coloniales, critique des historiographies nationales : Marc Ferro (1924-2021) ne bridait pas sa curiosité. Prolifique et inclassable, il était un adepte des questionnements originaux, un fin pédagogue et un grand défaiseur de mythes. S’il occupa au cours de sa vie quelques positions enviées (à la tête des Annales, ou à l’École des hautes études en sciences sociales [EHESS]), il n’est pas certain qu’il ait aujourd’hui, au panthéon des historiens, la place qu’il mérite.
Deux ans après sa disparition, la publication de ces entretiens — menés par son confrère Benjamin Stora, et diffusés en 2006 sur France Culture — vient rappeler les grandes lignes de son parcours personnel, en s’arrêtant sur quelques expériences fondatrices (le maquis du Vercors, l’Algérie des années 1950) et sur plusieurs facettes d’une œuvre riche, protéiforme et souvent réfractaire aux vérités officielles.
Antony Burlaud
Par Benjamin Stora
Cinquante ans après, la mémoire et l'écriture de l'histoire de la guerre restent des sujets très sensibles dans les rapports franco-algériens. Au silence de la France pendant de longues années sur les exactions commises au temps colonial a répondu la surabondance algérienne d'écrits sur la "guerre de libération nationale". Dans les années 1990, l'ouverture des archives, en particulier celles de l'armée française, et l'arrivée sur le devant de la scène culturelle de nouvelles générations de chercheurs ont permis une progression de la connaissance de cette période. Le vote à l'Assemblée nationale de la reconnaissance officielle de la guerre en Algérie en 1999 marque une nouvelle étape. En Algérie, la sortie d'une terrible guerre civile commencée au début des années 1990 s'accompagne d'une interrogation sur les origines de la violence et le développement de la "première" guerre d'indépendance. De nombreux témoignages d'Algériens sont publiés à ce moment-là.

Romans, nouvelles, poésie, photos, histoire, essais, récits historiques, témoignages, biographie, mémoires, autobiographies
Harmattan (L') - 1996, 347 p., 33.5 euros
ISBN : 2738448631
LE FIGARO. - Les députés viennent de voter une loi pénalisant la négation du génocide arménien. Pourquoi dites-vous que la France, en creusant sa mémoire, s'adonne à un « dolorisme d'enfant gâté » ?
Pascal BRUCKNER. - En France, pendant plusieurs années, l'État s'est fait le dépositaire de la vérité historique. Il a fallu attendre 1995 pour que Chirac reconnaisse la réalité du gouvernement de Vichy, et 1999 pour que les événements survenus en Afrique du Nord soient appelés « guerre d'Algérie ». La loi de 2005 sur les bienfaits supposés de la colonisation, abolie depuis, appartient à ce même mouvement.
La cérémonie de remise du Prix Ibn Khaldoun pour la promotion des études et des recherches en sciences humaines et sociales en Méditerranée aura lieu le vendredi 26 mai 2023 à 15 heures à La Khaldounia, Souk El Attarine, Médina de Tunis.
Ce prix est décerné par le programme Med 21 présidé par le poète et écrivain Mohamed Aziza, en collaboration avec la Bibliothèque nationale de Tunisie et la Fondation Rosa Luxembourg.
Les lauréats de ce prix pour cette année 2023 sont pour la Rive Nord Benjamin Stora (France) et Anna-Maria Medeci (Italie), pour la Rive Sud, Hassan Remaoun (Algérie), pour le Pays d’accueil Leïla Blili et Brahim Chabbouh (Tunisie). Les lauréats à titre posthume sont Hichem Djaït (Tunisie), Michel Serres (France) et Abdelwahab Mahjoub (Tunisie).
Dans un article du journal Liberté, quotidien d’Algérie, Amina Hadjiat rend compte des conférences que Benjamin Stora et Mohammed Harbi ont consacré, mercredi 29 avril 2009, à Alger, à l’Histoire de la guerre de libération. Un autre grand article a été publié dans La Voix de l’Oranie du 30 avril 2009.
Les interventions des deux historiens ont permis de restituer les enjeux qui entourent l’écriture de l’histoire commune entre la France et l’Algérie. Quel est le regard des milieux culturels et politiques français sur leur passé colonial ? Quels sont les facteurs qui retardent un regard serein sur l’histoire ? Comment l’histoire ou la mémoire a été transmise jusque-là par ceux qui l’ont vécue ? Ce sont là quelques questions auxquelles ont tenté de répondre, mardi soir, au Centre culturel français deux éminents historiens, en l’occurrence Mohammed Harbi et Benjamin Stora.
C'est entre un train parisien et une conférence sur les travailleurs algériens pendant la guerre d'Algérie que Benjamin Stora a fait une halte dans notre studio. Historien spécialiste du Maghreb contemporain, il est revenu sur le fiasco de l'exposition Camus, mais aussi sur les liens qui unissent aujourd'hui la France et l'Algérie, Marseille et l'Algérie.
Spécialiste de la guerre d’Algérie, Benjamin Stora pose ici les véritables questions et apporte des réponses dénuées de rancœurs et de vains regrets». L’Histoire «Par un auteur qui fait autorité sur le sujet, un exposé historique sur le conflit qui devait déboucher sur l’indépendance, après de multiples péripéties politiques et militaires. Des tentatives de réponses sur les nombreux aspects d’une guerre à laquelle beaucoup de questions se posent encore». Le Monde «... Les faits et les acteurs par un des meilleurs spécialistes de cette époque». Lire «Le livre de B. Stora est un ouvrage d’histoire à lire surtout parce qu’il fait réfléchir à l’avenir». Charles-Robert Ageron, Vingtième Siècle. «L’ouvrage, alerte et de lecture aisée, est une synthèse historique et non une réflexion politique. Au total, il reflète une approche très personnelle, celle d’un historien engagé, très original en ce qu’il s’efforce d’être à l’écoute des diverses communautés de l’Algérie coloniale. Il ne montre pas seulement «l’Algérie heureuse», «l’Algérie de papa» (…), il dit aussi avec précision son inconscience politique face à la montée du nationalisme algérien». Charles-Robert Ageron Revue française d’histoire d’Outre-mer.
Editeur : Casbah Editions (1991-1994)
400 pages
Domaine : Histoire
ISBN : 9961-64-510-3
Langue : Francais
L’Arrivée, de Benjamin Stora, premières lignes du livre.
Parution 7 septembre 2023. Ed Taillandier.
« Dans l’avion, au moment du décollage, j’observe les passagers. Certains pleurent. Les visages sont tristes, fatigués. Très vite, un grand silence s’installe. L’inquiétude, la violence de la situation écrasent tout désir de conversation. Plus personne n’ose parler. Puis, derrière les hublots, la nuit apparaît. Si soudainement que nous n’avons pu voir la terre algérienne s’éloigner. Cette terre déjà absente. Ainsi, je n’ai pas conservé dans ma mémoire la “dernière image” d’un pays disparu.

Lampedusa, Lesbos, Calais : si ces villes sont aujourd'hui connues dans le monde entier, c'est justement par eux, ces migrants. Les photos de leur traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune, et celles de leurs tragiques naufrages, ont été publiées un peu partout. Pour tenter d'appréhender la complexité de ces phénomènes migratoires, le sociologue Smaïn Laacher, la présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, l'historien Benjamin Stora et le Défenseur des Droits, Jacques Toubon s'expriment aujourd'hui. Ce livre est le fruit de ces échanges, à la fois instructifs, lucides et porteurs d'espoir pour l'avenir.
Éditeur : L'age D'homme, Date de parution 10/11/2016, Collection Rue Ferou, EAN 978-2825145890, ISBN 2825145890, Format 14,9X21,1
Un an après leur déclenchement, quel regard porter sur les révolutions arabes ? L'arrivée de partis islamistes au pouvoir, en Tunisie, en Egypte, en Libye ou au Maroc, ont provoqué une grande secousse, au point de s'interroger sur le sens même de ces révolutions. Sommes nous passé du "printemps" à "l'hiver" pour reprendre une expression journalistique entendue ici ou là ?
Une révolution pour rien ?
La Tunisie a donné le coup d'envoi à ce que l'on appelé "le printemps arabe". Un an plus tard, l'ex-président Ben Ali fait partie du passé, l'histoire s'est accélérée. Et le pays est confronté à une grave crise sociale, et à des défis démocratiques majeurs.
Un film de Jean-Michel Meurice et Benjamin Stora
DVD PAL Version Française, 52 min.
Zadig Productions - ARTE France - INA 2011
La commission mixte d’historiens algériens et français, décidée par le président de la République algérien, Abdelmadjid Tebboune, et son homologue français, Emmanuel Macron, à l’occasion de la visite officielle de ce dernier en Algérie, en août 2022, a tenu, mercredi 19 avril, sa première réunion, a annoncé un communiqué de la Présidence française.
Cette commission indépendante devra travailler d’abord sur les «origines de la colonisation française en Algérie, au XIXe siècle». Elle aura ainsi à dresser «un inventaire des archives déposées en France et en Algérie, et qui traitent particulièrement de la conquête coloniale.
A l'occasion des cinquante ans de l'indépendance, en 2012, l'historien revenait dans un entretien avec L'Express sur l'origine et les effets de cette guerre particulièrement cruelle et meurtrière. Extraits.
Autour du film « GO HOME » de Jihane Chouaib. (sortie en salles le 7 décembre 2016).
Synopsis et détails :
Quand Nada revient au Liban, elle est devenue une étrangère dans son propre pays. Elle se réfugie dans sa maison de famille en ruines, hantée par son grand-père mystérieusement disparu pendant la guerre civile. Quelque chose est arrivé dans cette maison. Quelque chose de violent. Nada part à la recherche de la vérité.
Comment le recteur de la Mosquée de Paris a-t-il fourni de faux papiers aux juifs pendant l'Occupation ? C'est le sujet d'un film, « Les Hommes libres », réalisé par Ismaël Ferroukhi. Entretien avec son conseiller historique, Benjamin Stora.
Ainsi, pendant l'Occupation, il s'est trouvé des Arabes pour sauver des juifs ? La Grande Mosquée de Paris a servi de point de ralliement, voire de porte de sortie pour échapper aux nazis ? Cette histoire-là, incroyable, bouleversante, est restée inconnue pendant plus d'un demi-siècle.
Avec "les Hommes libres" d'Ismaël Ferroukhi, c'est tout un pan de notre mémoire qui ressuscite. Et le choc est immense: cette fraternité des armes, cette main tendue par-delà les divisions communautaires, elle a donc bien existé. Le recteur Si Kaddour Ben Ghabrit (joué par Michael Lonsdale) a favorisé des filières, fourni des faux papiers, caché d'autres fils du Livre, tout en restant conciliant avec les autorités allemandes. Honneur, donc, à ces musulmans qui, aux heures sombres, ont su résister.
De Benjamin Stora
Nous ne pouvons que faire le constat de la "rupture" qui s'est aujourd'hui installée entre juifs et musulmans. De nombreux conflits loco-régionaux au Moyen-Orient et le développement international de mouvements terroristes islamiques en sont la conséquence plus ou moins directe. Au-delà des religions qui les inspirent, ces deux grandes cultures, qui ont étroitement cheminé au cours de l'histoire, s'opposent aujourd'hui.
Benjamin Stora aborde ici le contexte géopolitique de rupture dans la période de l'administration française de l'Algérie et lors de sa décolonisation.Éditeur : Esprit du temps (L')
Parution : 06 avril 2017
Prix editeur : 7€00
Pages : 60
Isbn : 9782847954012
Film de Jean Michel Meurice et Benjamin Stora
DVD PAL Version Française, 52 min.
Production France 5 - Point du Jour / 2002
Ce film revient sur les mois qui ont suivi la proclamation de l’indépendance en Algérie, le 5 juillet 1962. Quarante ans après, une dizaine d’acteurs de la révolution algérienne -leaders historiques de la rébellion, chefs des maquis de l’intérieur, cadres de l’Armée des frontières, responsables de la fédération de France du FLN -, interrogés par l’historien Benjamin Stora, évoquent, devant la caméra de Jean-Michel Meurice, cet été pendant lequel les nationalistes qui venaient d’en finir avec la guerre contre le colonisateur se sont affrontés dans une terrible bataille pour le pouvoir, jusqu’à la victoire de Ben Bella en septembre 1962.
L’historien Benjamin Stora, qui co-préside la commission mixte d’historiens algériens et français chargée d’étudier la colonisation et la guerre d’Algérie, sort de son silence ce vendredi 19 mai sur RFI. Un mois – jour pour jour – après la première réunion de cette commission, l’historien en trace les perspectives et évoque les grandes questions qui devront être tranchées par les historiens français et algériens. Au-delà, Benjamin Stora s’émeut surtout de l’absence de moyens dévolus aux historiens français de cette commission. « On ne peut pas continuer à fonctionner sur le bénévolat», alerte-t-il, critiquant là en creux le manque d’investissement des autorités françaises sur ce dossier.
Je vous remercie de m’avoir invité car je ne suis pas un familier des colloques où dominent les psychanalystes. Je suis simplement historien, professeur d’université à Paris 13 et à l’Inalco. En fait, on m’a demandé de parler des effets des discours et des images sur les pratiques de violence ou de déferlement de violence, un grand sujet pour les historiens. J’avais déjà traité cette question dans un livre déjà ancien, qui s’intitule La Gangrène et l’Oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, que j’ai publié il y a plus de vingt ans aux éditions de La Découverte. Je vais m’interroger devant vous, et j’espère que ce sera l’occasion d’un débat entre nous, sur une séquence d’histoire très particulière, que nous connaissons tous, la question de la guerre d’Algérie dans la société française d’aujourd’hui. Une question intéressante car l’an prochain, en 2012, nous allons commémorer le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’occasion de toute une série d’événements de part et d’autre de la Méditerranée, sur les traces que cette histoire, celle de la guerre et du passage à l’indépendance, a laissées dans les sociétés française et algérienne.
Entretien avec Benjamin STORA, propos recueillis par Lisa PIGNOT et Jean-Pierre SAEZ.
Le Musée national de l'histoire de l'immigration qui rassemble, sauvegarde, met en valeur et rend accessibles les éléments relatifs à l'histoire de l'immigration en France s'est lancé un double défi : le premier et de faire admettre comme patrimoine commun l'histoire de l'immigration ; le second et de mettre au cœur de son projet le public et les habitants et ce, en menant une politique active de développement culturel...
Auteurs : Hélène Constanty - Alberto Marquardt
Réalisateur : Alberto Marquardt à partir d'une idée de Benjamin STORA
DVD PAL - Version Française 2 X 52 min. / 16/9
Production LCP Assemblée nationale - INA - Point du Jour 2010
Discours de Jean Philippe Ould-Aoudia
Une cérémonie commémorative s’est déroulée mercredi 15 mars 2023 au ministère de la Transformation et de la Fonction Publiques, 101 rue de Grenelle à Paris VIIè, devant la plaque apposée en hommage aux six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, massacrés par l’OAS le 15 mars 1962 au siège administratif de ce service de l’Éducation nationale à Alger.
Discours de Jean-Philippe Ould-Aoudia dont le père a été assassiné, ainsi que l’écrivain Mouloud Féraoun, par un commando de l’OAS, le 15 mars 1962.
Président du Conseil d'orientation du musée de l'Histoire de l'immigration, l'historien Benjamin Stora vient de publier chez Larousse un ouvrage intitulé C'était hier en Algérie... De l'Orient à la République, une histoire des juifs d'Algérie sur lequel reviendra le Patriote Résistant. Sans attendre, entretien à propos de deux notions affirmées par le titre du mensuel de la FNDIRP.
Une serie documentaire de Gabriel Le Bomin et Benjamin Stora
Réalisé par Gabriel Le Bomin
Ecrit par Benjamin Stora et Gabriel Le Bomin,
Commentaire dit par : Kad Merad
Nilaya productions 2012. Edition vidéo France Télévisions distribution.
Durée : 2 X 55 minutes. Episode 1 : 1954 - 1958 / Episode 2 : 1958 - 1962
Je me souviens de, Gisèle Halimi et l’Algérie
Par Benjamin Stora.
Je faisais partie du petit cercle de ses invités au moment de sa remise de la légion d'honneur, reçue des mains du Président de la République française Jacques Chirac, à l’Elysée en septembre2006. Et pourtant, nous n’étions pas de la même génération. Mais elle avait suivi mon itinéraire, connaissant mes engagements dans les années 1970 avec la lutte pour la justice sociale, pour la paix entre Israël et les Palestiniens, et contre la politique de colonisation menée par l’extrême-droite israélienne; et aussi les batailles contre l’antisémitisme, le racisme et pour l’égalité des droits. A mes yeux, pendant toutes ces années, Gisèle Halimi s’était imposée comme une figure de référence. Par delà les différences d’âges et de générations, j’ai toujours senti en quoi nous partagions les mêmes valeurs.
La vie mouvementée d’Abd el-Kader, l’homme qui a tenu tête aux armées françaises de 1832 à 1847, épouse l’histoire compliquée de l’Algérie et de la France, de l’Orient et de l’Occident.
Cette histoire épique tient aussi à l’évolution du regard porté par les intellectuels algériens et français sur ce personnage hors du commun. A l’accueil confidentiel du temps colonial succède le trop plein des hommages de l’après-indépendance. En Algérie, en l’absence d’un « père » issu de la guerre livrée contre la France, sa présence historique est sur-valorisée, étudiée par ses rôles de combattant, permettant les malentendus et les étiquettes qui ont occulté en partie les écrits véritables touchant au religieux ou à la poésie. Il occupe l’ensemble de l’espace dévolu traditionnellement aux « grandes » figures du nationalisme, reléguant dans l’ombre la quasi totalité des autres personnages de l’indépendantisme politique algérien du XXe siècle. Il occupe cette place décisive d’autant plus facilement que le mouvement indépendantiste allait, avant novembre 1954, se placer lui même à la suite de ses combats et enseignements. Il nous faut d’abord dire, en quelques mots, qui fut Abdelkader pour, ensuite, suivre le cheminement de sa postérité dans les mémoires algériennes, avant comme après la guerre d’Algérie.
Historien. professeur des universités, président du musée de l'Immigration, auteur de nombreux ouvrages sur le Maghreb, Benjamin Stora ne s'était jamais frotté au neuvième art, jusqu'à la publication récente, aux côtés de Sébastien Vassant, d'Histoire dessinée de la guerre d'Algérie (Seuil). Selon lui, ce médium, qui mêle texte et images, est un outil pédagogique idéal.
Série documentaire sur la guerre d'Algérie
De Benjamin Stora, Philippe Alfonsi, Bernard Favre et Patrick Pesnot.
Coproduction : Ina/France 2 - Nouvel Observateur - 1991 - 3 X 52 min.
En savoir plus sur le documentaire
Madame Agnès Laurent, journaliste à l’Express, m’avait annoncé par un mail en date du 11 janvier 2023 qu’elle voulait me rencontrer pour un « portrait » dans l’Express. Elle écrivait : « J’aimerais travailler à un portrait de vous. Dans ce cadre, il me paraît indispensable de vous rencontrer. Etes-vous partant ? »
Elle précisait ensuite, par téléphone, qu’il s’agissait, dans ce portrait, de me défendre contre des textes antisémites publiés récemment sur un site en Algérie. Argument qu’elle a utilisée auprès d’autres personnes rencontrées. Je l’ai rencontré pendant une heure environ le 18 janvier 2023.
Vortrag von Prof. Dr. Benjamin Stora (Paris-13-Universität) - Dienstag, 1. Februar 2011
19 Uhr, Goethe-Universität Frankfurt, Campus Westend ÜBERSETZUNG
Die anschliessende Diskussion wird konsekutiv von Dr. Thomas Lienhard (Leiter des IFHA) und Prof. Dr. Roland Spiller (Leiter des Instituts für Romanische Sprachen und Literaturen) übersetzt.
Eine Zusammenarbeit des Institut français d’histoire en Allemagne und des Instituts für Romanische Sprachen und Literaturen - Forum France Monde Francophone der Goethe-Universität.
Mit Unterstützung des Büros für Zusammenarbeit im Hochschulwesen (Kulturabteilung der französischen Botschaft in Deutschland).
www.institut-francais.fr/frankfurt www.ifha.fr www.uni-frankfurt.de
La deuxième journée du Colloque international sur Messali Hadj a été marquée par l’intervention de Benjamin Stora dont le thème s’articulait sur «les retours de mémoires de Messali Hadj».
Cette intervention a été, il faut le dire, très attendue par de nombreuses personnes venant de différents horizons politiques. L’historien français ne laisse jamais indifférent — les journalistes n’étaient pas les seuls à prendre des notes lors de sa communication, mais beaucoup d’étudiants et de chercheurs universitaires.
Emmanuel Macron s’est rendu en Algérie le mercredi 6 décembre, pour un premier et court voyage officiel. Le président de la République affirme vouloir tourner la page du passé. Benjamin Stora*, historien, spécialiste de l’Algérie et des guerres de décolonisations, l’accompagnait. Il revient pour nous sur la nécessité d’écrire ensemble une nouvelle page.
Nouvelle introduction à l’édition de poche (février 2023) - Le « Rapport Stora » et ses suites.
Un historien dans la mêlée. Par Benjamin Stora.
« Il s’agit de servir la dignité de l’homme par des moyens qui restent dignes au milieu d’une histoire qui ne l’est pas. [...] Tant il est vrai que l’Histoire n’est que l’effort désespéré des hommes pour donner corps aux plus clairvoyants de leurs rêves ».
Albert Camus.
Le 20 janvier 2021, à la demande du président de la République française, je remettais un rapport sur « la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie » commandé six mois plus tôt. Ce rapport a été publié aux éditions Albin Michel en mars 2021 sous la forme d’un ouvrage : France-Algérie, les passions douloureuses, intégralement repris dans cette nouvelle édition Cette publication a provoqué pendant plusieurs mois un flot de commentaires, de critiques mais aussi d’approbations et, surtout, de discussions vives.
La Kabylie a joué un grand rôle dans la lutte pour l’indépendance algérienne. Avec la libération, ce furent encore des Kabyles qui mirent en avant les questions de la pluralité dans un pays en proie au totalitarisme.
Introduction by Benjamin Stora, in The Maghrib in the New Century: Identity, Religion and Politics, Univ. of Florida Press, 2007.
Contemporary Maghribi societies face a host of political, social, and economic challenges, which derive from both the flow and ruptures of North African history over the longue durée and social, and the ever-accelerating processes spurred by modernity and globalization. Underpinning these challenges are large-scale demographic pressures, with all the expected impact on state-society relations and relations with Europe, the legacy of authoritarianism and violence, both state-sponsored and from opposition movements, and the region's geo-strategic and economic importance.
Victime récurrente d’attaques antisémites en France de la part de l’extrême droite et des nostalgiques de l’OAS, qui ne lui pardonnent pas son travail intellectuel de compréhension du combat de libération des Algériennes et des Algériens, Benjamin Stora vient de subir, comme en écho, une charge méprisable sur le média électronique « Algérie patriotique » – une charge qui, débordant sa personne, vise explicitement toute la communauté algérienne de confession juive dans sa longue histoire.
L’historien, connu pour son engagement sur les questions d’immigration, s’est vu confier par Françoise Nyssen, ministre de la Culture une “mission de coordination et d’accompagnement de l’action culturelle en faveur des migrants”. Nous l’avons rencontré.
Au début de l'année 2010, une proposition de loi était déposée au Parlement algérien pour «criminaliser» le colonialisme français. Quelques mois plus tard, Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb,était contesté dès sa présentation au Festival de Cannes. Le point sur les enjeux de cette guerre des mémoires entre la France et l'Algérie à l'occasion de la sortie de Hors-la-loi, le 22 septembre.
La réédition en poche en février 2023 (Albin Michel) de mon Rapport remis au Président de la République en janvier 2021.
Dans une longue introduction originale, ma réponse aux réactions à ce travail, en France et en Algérie.
Ainsi qu'une analyse sur les réalisations effectuées, à partir des préconisations proposées dans ce rapport.
Conférence-débat au Centre culturel français d'Alger
Benjamin Stora à Alger : un événement. L’énième « retour » au bercail de l’un des historiens les plus prolifiques en travaux de recherche sur l’histoire du mouvement national n’a pas laissé indifférent le grand public.
La salle de conférences du Centre culturel français (CCF) où Benjamin Stora a donné dimanche soir sa communication autour de son livre Le mystère de Gaulle, son choix pour l’Algérie – réédité en Algérie chez Sedia –, s’est révélée exiguë pour contenir le foule nombreuse. Les organisateurs ont dû aménager pour la circonstance le hall des expositions et improviser une retransmission de la conférence. En vain. Faute de places, beaucoup ont dû se résoudre à abandonner la partie. Même Ali Haroun, responsable historique de la Fédération de France du FLN n’a pu y assister.
Communiqué LDH
Un site Internet proche de certains milieux militaires du pouvoir en Algérie a reproduit, au prétexte de « patriotisme », des propos antisémites inacceptables. Il s’en est pris à l’historien Benjamin Stora, écrivant par exemple que « le peuple algérien refuse d’emprunter ce même chemin tracé par Benjamin Stora, ses semblables et ses aïeux. Ceux-là mêmes qui furent à l’origine de la prise d’Alger, les Bacri et les Busnach – commerçants véreux convoitant l’immense trésor de la Régence pour leurs maîtres, les Rotschild, les Seillière et les Schneider ». Ce qui est une manière de stigmatiser cet historien originaire d’une famille juive de Constantine, dont les travaux sont particulièrement appréciés en Algérie et ont grandement contribué à mettre en lumière l’injustice et la violence de la colonisation française, en alléguant son appartenance à un groupe ethnique maléfique.
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CONFÉRENCE :
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Par Benjamin Stora, historien de l'Algérie contemporaine
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By Fatéma Mernissi, 186 pages, Rabat: Marsam 2004 (in French)
The Moroccan sociologist and author Fatéma Mernissi has become famous thanks to her books on the condition of women in the Arab world, and through her activities in defense of women’s rights. Stubborn and solitary in her intellectual endeavors and impassioned by the untapped potential of Muslim women, she has produced several striking and erudite works, including Le Harem politique, Sultanes oubliées et Rêves de femmes (The Political Harem, Forgotten Sultanas and Dreams of Women) and Le Harem et l’Occident (The Harem and the West). Mernissi has a particular conception of the beauty of women and the sufferings they endure, living under a male-imposed hierarchy where intimate relationships morph into power struggles that ultimately suppress individual female aspirations. And she is strident in disparaging clichés about oriental woman, carrying her denunciation to the level of paradox.
Deux historiens spécialistes de la guerre d’Algérie, pour qui les films sont à la fois objets et sources de la recherche historique, dialoguent et s’interrogent ensemble sur le rôle des images dans la transmission de la mémoire et la construction des discours historiques, de part et d’autre de la Méditerranée.
Benjamin Stora, professeur des universités, enseigne l’histoire du Maghreb à l’université Paris 13 Nord et à l’INALCO. Il a publié une trentaine d’ouvrages, notamment “La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie” (Éd. La Découverte, 1991) et “La guerre d’Algérie vue par les Algériens” (Éd. Denoël, 2011). Il a également réalisé Les Années algériennes et Été 62 en Algérie pour la télévision.
Sociologue et historien, Abdelmadjid Merdaci est maître de conférences à l’université Mentouri de Constantine. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et le coauteur, avec Benjamin Stora et Christian Boyer, d’une “Bibliographie de l’Algérie depuis l’indépendance” (CNRS Éd., 2011).
Je rentre de Stockholm. J’étais invité à donner une conférence sur Camus qui reçut, le 16 octobre 1957, le Prix Nobel de littérature. C’était il y a cinquante ans… L’annonce est alors un coup de tonnerre, car le Prix Nobel couronne traditionnellement une œuvre déjà achevée. Les réactions sont immédiates et les critiques acerbes. Blessé, Camus prononce à Stockholm un discours aussi beau que prophétique, le 10 décembre 1957 : […]
Série documentaire en cinq épisodes, conçue et réalisée par Georges-Marc Benamou et Benjamin Stora, sur la base d’archives rares, restaurées et colorisées, « C’était la Guerre d’Algérie » prend le parti d’un film sans tabou et à hauteur d’hommes.
Le 7 septembre 2007, les Marocains se sont rendus aux urnes pour élire leurs députés. Le premier indicateur important attendu était celui de la participation. Elle a été faible, à peine près de 40%. Dans ce pays où règne une monarchie absolue, de nombreux Marocains ne voient pas toujours l’utilité d’élire des députés.
Par L'Obs avec AFP.
En marge de la visite présidentielle de trois jours en Algérie d’Emmanuel Macron, l’historien Benjamin Stora estime que la transmission de l’histoire de la colonisation française est indispensable pour apaiser les tensions, notamment sur l’héritage de la guerre d’Algérie.
Le Village de l’allemand, ou le Journal des frères Schiller, de Boualem Sansal. In L’Histoire, mars 2008
Dans son journal intime, le narrateur du livre de Boualem Sansal écrit : « Enquêter sur les guerres passées est une galère, çà ne mène pas loin. Des impasses, des chemins qui se perdent dans le noir, des cloaques qui suppurent dans la brume, de la poussière qui s’élève en rideau de fumée à mesure qu’on tâtonne dans le vide. Je me rends compte de la difficulté de ceux qui sont chargés d’enquêter sur les crimes de guerre enfouis dans le silence, l’oubli et la connivence.
Juin 2022 : Par le Président de la République directement
L'historien Benjamin Stora vient présenter son Histoire dessinée des juifs d'Algérie, publiée avec le dessinateur Nicolas Le Scanff, ce jeudi 12 mai, au Musée gallo-romain.
Benjamin Stora, sur les traces des "hommes libres" par franceinfo
Cet article de Benjamin Stora aborde l’exposition Génération et ses apports selon le point de vue de l’historien.
Sous sa présidence, d’indéniables avancées mémorielles ont été réalisées, rappelle l’historien Benjamin Stora, qui s’apprête à voter pour lui le 24 avril.
J’entends autour de moi depuis dimanche une petite musique qui met sur le même plan Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et certains de mes camarades de gauche, hésitent, veulent même s’abstenir, voter blanc… Sur un sujet particulier que je connais bien, celui de la mémoire de la guerre d’Algérie, je voudrais rappeler quelques faits d’évidence. Marine Le Pen est l’héritière directe d’une histoire qui est celle des partisans de l’Algérie française, parmi les plus radicaux, ceux qui voulaient tuer le général de Gaulle au moment du passage à l’indépendance de l’Algérie en 1962. Très nombreuses sont les citations où Marine Le Pen, dans la continuité de son père, refuse absolument de reconnaître la moindre responsabilité de la France dans les exactions commises au temps de la colonisation (au nom du refus de la «repentance»).
Thierry Leclère, journaliste, est grand reporter à Télérama. Il est aussi auteur et réalisateur de documentaires pour la télévision.
Nous avons choisi de vous proposer deux extraits en bonnes feuilles : dans le premier Benjamin Stora donne son point-de-vue sur le projet controversé de mémorial de la France outre-mer à Marseille ; dans l’autre il tente de répondre à la question : « Que faire pour dépasser cette guerre des mémoires ? ». [1]
Le rapport de Benjamin Stora contient vingt-deux préconisations qui concernent l’histoire mémorielle de la France avec l’Algérie
En un an, souligne l’historien, plus de gestes ont été réalisés que pendant soixante ans, depuis l’indépendance de l’Algérie
PARIS: Demandé par Emmanuel Macron, un rapport sur la question mémorielle entre l’Algérie et la France a été rédigé par Benjamin Stora, historien, professeur des universités, spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain des XIXe et XXe siècles), de l’immigration maghrébine en Europe et des guerres de décolonisation. Remis à l’Élysée en janvier 2021, il contient vingt-deux préconisations qui concernent l’histoire mémorielle de la France avec l’Algérie. Le texte a été publié par Albin Michel sous le titre France-Algérie, les passions douloureuses.
Les Juifs d'Algérie. 2000 ans d'Histoire sur France Inter de Patrice Gélinet avec Benjamin Stora 10.11.2006. - première partie
br>Les Juifs d'Algérie - deuxième partie.
Après une année marquée par de houleux débats sur le passé colonial, l’historien Benjamin Stora revient sur le poids persistant de la guerre d’Algérie dans la société française.
Un entretien réalisé par Rosa Moussaoui, publié le 26 juillet 2006 dans l’Humanité, avec l’intitulé « le récit colonial n’a été pris en charge ni par les partis politiques, ni par l’école ».
