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Des menaces de mort.
Ce matin là, il y avait un drôle de courrier dans ma boite aux lettre : un petit cercueil en bois dans une grande enveloppe beige. La veille j’avais eu la surprise désagréable d’entendre sur mon répondeur téléphonique une voix d’homme qui psalmodiait des versets du Coran. Les jours suivants commencèrent des coups de téléphone, avec, au bout du fil, seulement le silence et le souffle d’une respiration. Nous étions en juin 1995. Je venais tout juste de sortir de l’hôpital, après une grave intervention chirurgicale, un quadruple pontage coronarien.
Par Christian Phéline, contributeur, dans les années 1970, aux débats qu'appelait la "voie algérienne de développement”, analyse le dernier livre de Benjamin Stora, Voyages en postcolonies.Viêt Nam, Algérie, Maroc, (Stock), où l'historien revient sur les séjours qu'il a passés dans ces anciennes colonies il y a une dizaine d'années, mêlant "expérience personnelle et analyse personnelle".
Tassadit Yacine: anthropologue et directrice d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (Ehess) à Paris. Membre du laboratoire d'anthropologie sociale du Collège de France. Tassadit Yacine est auteure d'une quinzaine de livres. Elle est HDR (habilitée à diriger des recherches).
L'Expression: Le rapport Stora a été accompagné par une salve de critiques allant parfois jusqu'à l'invective. Comment expliquez-vous ces rédactions autour de Benjamin Stora pourtant connu pour ses positions en faveur de l'Algérie ?
Si le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, cette date porte une toute autre signification en Algérie, notamment dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata où plusieurs milliers d'Algériens ont perdu la vie, victimes de la répression française. Pour évoquer cet épisode sombre qui a marqué la mémoire algérienne et amorcé les prémices de la guerre d’indépendance, Marc Perelman reçoit l'historien Benjamin Stora. Pour lui, des oppositions mémorielles perdurent.
Les chagrins et bouleversements causés par la guerre, le déracinement et l'exil l'ont longtemps obsédé. Mais c'est bien l'Algérie et ses relations avec la France qui constituent le fil rouge de son travail d'historien. Benjamin Stora en explore minutieusement les mémoires conflictuelles.
Que savait le pouvoir en place de ce qui se tramait dans le milieu du nationalisme algérien en Métropole dans les années 1950 et 1960 ? Avait-il conscience du drame qui allait bientôt se jouer de l'autre côté de la Méditerranée ? Etait-il correctement informé par ses services de police ? De quels renseignements disposait le général de Gaulle, et de quel poids pèseraient-ils dans les décisions cruciales qu'il allait prendre ? Que savait-il de ces clandestins qui prélevaient l'impôt révolutionnaire pour soutenir les combattants du FLN dans le maquis ? Que savait-il des luttes intestines entre les nationalistes historiques du MNA et ceux du FLN ? Que savait-il des tentatives d'attentats et des règlements de comptes ? Jour après jour, les policiers de la "Sûreté nationale" et des Renseignements généraux, amassant une documentation impressionnante, ont alimenté le pouvoir en notes, analyses et autres synthèses, riche en renseignements d'une extrême précision alors que la France se trouvait engagée dans le conflit algérien, que se rapprochaient le putsch des généraux, la journée du 17 octobre 1961 et bientôt le référendum sur la question algérienne. C'est à une plongée dans ces archives inédites du ministère de l'Intérieur que Laurent Chabrun nous invite, avec la complicité de l'historien Benjamin Stora, professeur d'histoire du Maghreb à l'INALCO (Institut national des langues orientales) et auteur de nombreux ouvrages sur l'Algérie.
Broché: 204 pages
Editeur : Jacob-Duvernet (29 septembre 2011)
Langue : Français
ISBN-10: 2847243208
ISBN-13: 978-2847243208
La série des interviews exclusives que le bureau de La Nouvelle République à Paris avait consacrées avec des historiens Français de renommée internationale pour commémorer les massacres du 8 mai 1945 à l’image de Gilles Manceron, Olivier.
Le Cour Grandmaison s’achève aujourd’hui avec un autre ténor et spécialiste de la guerre d’Algérie l’imminent historien Benjamin Stora auteur faut-il le rappeler de ses derniers ouvrages « L’arrivée de Constantine à Paris 19621972 » paru aux éditions Tallandier au mois de septembre 2023 « Les Algériens en France en collaboration avec Nicolas Le Scanff (Une histoire de générations) qui parle
sous forme de bande dessinée de l’histoire de l’immigration Algérienne en France au XXe siècle paru aux éditions La découverte Septembre 2024.
Benjamin Stora, La guerre d’Algérie expliquée à tous, Seuil, 8 euros, mars 2012.
« Les hommes sont plus les fils de leur temps que les fils de leur père » affirmait le grand historien Marc Bloch. Ils peuvent être l’un et l’autre, aussi intensément, dans un enchevêtrement complexe, quand, dès leur plus jeune âge, ils sont pris dans les rais de l’histoire. Benjamin Stora a consacré une vie de recherche et plus d’une vingtaine d’ouvrages à la guerre d’Algérie.
Né à Constantine en 1950, il a grandi et s’est construit enfant, de 4 à 11 ans, dans cette guerre de sept ans. Il garde gravés dans sa mémoire la saveur de la tfina, le plat des juifs de Constantine, des mots d’arabe dans la voix de sa mère, des pique-niques sur la plage et une grosse valise des drames familiaux. Les brûlures de la guerre, le silence pétrifié des parents, l’exil sans retour, le chagrin définitif. « L’arrachement », dont Stora dit que le mot résume plus qu’aucun autre, les facettes multiples et contradictoires de cette guerre. Dans son dernier ouvrage, il n’y a pourtant aucun pathos. « Mon travail d’historien, c’est de prendre de la distance par rapport à mes souvenirs personnels, mon cas individuel, pour raconter une histoire qui concerne les peuples de France et d’Algérie », et qui résonne encore si fortement aujourd’hui.
Benjamin Stora - Etienne Sved - Maïssa Bey - Malek Alloula
En 1951, le photographe d’origine hongroise Étienne Sved entreprend un voyage en Algérie au cours duquel il réalise un travail qui se démarque radicalement de l’imagerie coloniale. Attentif aux gens, il capte sur le vif et sans a priori le quotidien d’une Algérie entre deux ères. Trois auteurs ; le poète et essayiste Malek Alloula, l’écrivaine Maïssa Bey et l’historien Benjamin Stora, apportent un éclairage littéraire et historique sur ces photos qui ont (...)
Cliquez aussi sur le : Compte-rendu
Introduction
Il est des mystères qui s’épaississent à mesure qu’on s’échine à tenter de les résoudre. Depuis bientôt quatre décennies, pas un mois, pas une année ne passent, sans qu’un livre ne vienne ajouter une pierre, petit caillou ou imposant rocher, à l’auguste monument de papier consacré au général de Gaulle. Récits et analyses historiques, confidences de proche, mémoires de ministre, conversations de journaliste, romans vrais, ouvrages illustrés, bandes dessinées, s’ajoutent les uns aux autres pour allonger sans cesse une bibliographie qu’il devient de plus en plus difficile de maîtriser entièrement, mais dont les derniers ajouts révèlent les mutations de la figure gaullienne dans la mémoire collective française[1] et permettent de suivre à la trace les transformations apportées à la statue du général par ses mille et uns sculpteurs.
Benjamin Stora a remis mercredi 20 janvier 2021 au président Emmanuel Macron le rapport qui lui avait été commandé sur « les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie ». Il explique ici comment il a travaillé.
Ce programme est un lieu de rencontre, de connaissances et de partage du judaïsme, tant sur le plan cultuel que culturel. Une émission produite et réalisée par Steve Suissa.
Histoires : Juifs d'Orient, un voyage exceptionnel diffusé le 27/02 - 45 min
ENTRETIEN BENJAMIN STORA
Dans Les Clés retrouvées Benjamin Stora se livre à un exercice qu’il appelle « l’ego-histoire » très éclairant pour comprendre la complexité d’un parcours d’intégration. C’est l’occasion de faire un retour sur votre enfance à Constantine de 1950 à 1962, et de restituer la mémoire de tout un monde disparu ou train de disparaître, celui des juifs d’Algérie.
Nathalie SARTHOU-LAJUS. Ce qui m’a frappée en lisant votre livre, c’est à quel point les juifs d’Algérie, ou plus précisément les juifs de Constantine, étaient francisés bien avant leur départ pour la France, avec dans un contexte colonial un attachement très fort à l’idéal républicain d’égalité.
Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre : rapporter, à partir de toutes les sources possibles, un récit, lisible par tous, de cette guerre telle qu'elle a été vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes. Comme l'aurait fait, en historien, un hypothétique envoyé spécial français de l'autre côté de "la ligne de front" pendant le conflit.
Ce changement de perspective permet de jeter un regard neuf sur ce que l'on appelle généralement, du côté algérien, la guerre d'indépendance, la guerre de libération nationale ou la Révolution. Qu'il s'agisse des dates essentielles, du nombre des victimes, du déroulement des batailles, du comportement des populations civiles, des rapports entre Européens et Algériens, de l'utilisation de la violence ou de la torture, des objectifs de la lutte ou, bien sûr, des "héros", tous les aspects du comflit, et notamment les plus tragiques, prennent un tour totalement différent et très instructif dès qu'on les considère à partir de ce seul point de vue. Ce qsui permet aussi d'éclairer d'un jour nouveau le destin contemporain de l'Algérie.
Renaud de Rochebrune
Journaliste et écrivain, rédacteur en chef à l'hebdomadaire "Jeune Afrique", est notamment l'auteur de "Les patrons sous l'occupation" (Odile Jacob, 1995).
Benjamin Stora
Historien professeur des universités, est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont "la gangrène et l'oubli", "la mémoire de la guerre d'Algérie" (La Découverte, 1991) et Algérie, 1954-1962 (les Arènes, 2010), ainsi que de nombreux films ou émissions de télévision sur la guerre d'Algérie
Editions Denoël, 446 pages, 23.50 €, en librairie le 13 octobre 2011.
Publié le 26/03/2012
Renaud de Rochebrune, Benjamin Stora, La Guerre d’Algérie vue par les Algériens. 1.Le Temps des armes (Des origines à la bataille d’Alger). Préface de Mohammed Harbi. Edition Denoël, 2011, 446 pages, 23,50€.
Disons le d’entrée, le livre ne renouvelle par la recherche et les savoirs sur l’histoire de la Guerre d’Algérie. Il offre l’occasion de remettre en perspective cette guerre non pas depuis 1954 mais depuis l’irruption de l’armada française sur la terre algérienne jusqu’en 1957, année où se termine ce premier tome. Nos deux auteurs montrent que l’opposition algérienne à la conquête, puis au colonialisme et enfin la revendication d’indépendance, n’a jamais cessé. C’est peut-être le premier enseignement de ce livre : la présence étrangère sur cette terre fut toujours perçue, de manière plus ou moins tranchante, comme illégitime.
Dès mardi 16 septembre 2025 sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d'ARTE.Près de dix ans après Les Promesses du sol, série documentaire dans laquelle il rendait hommage à la scène hip-hop parisienne, vibrante, éclectique et audacieuse, Raphaël Stora, 40 ans, décide de remonter sur scène et de renouer avec la danse qu’il avait abandonnée pour la réalisation. Mais ce retour ne se fait pas sans heurts : le corps résiste, la scène a évolué, et l’exigence de virtuosité semble plus forte que jamais.
De Yann Arthus-Bertrand, Benjamin Stora, Djamel Souidi, Jean Daniel.
Pour la première fois un photographe a été autorisé à survoler toutes les régions d’Algérie, offrant ainsi des images totalement inédites de ce pays immense et énigmatique, le plus grand de l’Afrique du Nord. Des montagnes de Kabylie aux massifs des Aurès, du Sahara majestueux à Alger la Blanche, de la plaine de la Mitidja à Constantine suspendue sur son rocher, (...)
Historien, Professeurs des universités, spécialiste de l’histoire de l’Algérie et ancien président du Musée national de l’histoire de l’immigration, il a publié une quarantaine d’ouvrages. La collection Bouquins vient de rééditer plusieurs de ses livres majeurs sous le titre Une Mémoire algérienne (Robert Laffont)
L’historien Benjamin Stora et le romancier Alexis Jenni examinent les conditions de création d’un imaginaire commun sur lequel se fonde une nation. En France, selon eux, le récit impossible des aventures coloniales empêche l’émergence de cette communauté.
Dans les Mémoires dangereuses, Benjamin Stora et Alexis Jenni confrontent leur regard sur ce qui reste du passé colonial de la France. Dans son roman l’Art français de la guerre, Alexis Jenni observait 34 nations coalisées déferler sur l’Irak, au tout début des années 90, sans véritables batailles, sans véritables affrontements, tant les forces étaient disproportionnées.
50 ans d'indépendance Algérie, la désillusion. De Dominique Lagarde, avec la collaboration d'Akram Belkaïd et Benjamin Stora.
Paris, le 26 septembre 2011 - À quelques mois du cinquantième anniversaire de l'indépendance algérienne, les éditions Express Roularta annoncent la parution d'un ouvrage consacré à l'Algérie d'aujourd'hui et à son histoire mouvementée depuis l'indépendance.
Quand le passé reste ancré dans le présent...
En 1954, L'Express est le premier journal à prendre position dans le conflit, à travers les plumes engagées de Jean-Jacques Servan-Schreiber, Albert Camus, François Mauriac ou encore Jean Daniel. Ce sont eux qui dénoncent la torture, dès 1955. Dominique Lagarde, grand-reporter spécialiste du monde arabe, a regroupé un véritable trésor d'archives, de photographies et de Unes de l'hebdomadaire dans Algérie la désillusion. Elles sont recontextualisées et commentées, pour nous faire revivre les grands reportages de l'époque, la bataille de l'indépendance puis la suite désastreuse, la militarisation du pays, la montée de l'islamisme... et mieux nous faire comprendre la société algérienne d'aujourd'hui.
lundi 19 mars 2012, par Bruno Modica
À l’occasion du 50e anniversaire de la signature des accords d’Évian, entrés en application le 19 mars 1962, les éditions la découverte proposent sous forme de coffret les trois volumes que Benjamin Stora a publiés à partir de 1991 et qui ont été à plusieurs reprises réédités. Dans la collection repères, et donc un prix très accessible, les éditions la découverte mettent à la portée du lecteur, une précieuse synthèse sur cet épisode de l’histoire méditerranéenne, parce que c’est bien ainsi qu’il faudrait envisager les relations entre la France et l’Algérie.
- histoire de l’Algérie coloniale, 1830-1954
- histoire de la guerre d’Algérie, 1954-1962
- histoire de l’Algérie depuis l’indépendance, 1. 1962-1988
L’histoire de l’Algérie coloniale est bien envisagée sous l’angle de l’histoire méditerranéenne, d’abord parce que c’est Algérie, dans la longue durée, s’inscrit dans une relation complexe entre la terre et la mer, une interface avec le désert et enfin la présence ottomane, dont l’Algérie marquait la limite.
À 40 ans, Raphaël Stora, réalisateur et fils de l’historien Benjamin Stora, ravive sa passion pour la danse hip-hop. Avec sa caméra il explore son passé et ses liens familiaux tout en filmant ses pairs, dont les corps en mouvement résonnent avec ses questionnements intimes.
Près de dix ans après Les promesses du sol, série documentaire dans laquelle il rendait hommage à la scène hip-hop parisienne, Raphaël Stora décide de remonter sur scène et de renouer avec la danse qu’il avait abandonnée pour la réalisation. Mais ce retour ne se fait pas sans heurts : le corps résiste, la scène a évolué et l’exigence de performance semble plus forte que jamais. Le quarantenaire exprime ses difficultés à se sentir légitime dans ce "monde de virtuoses". Que ce soit au festival Summer Dance Forever d'Amsterdam, l'un des battles de danse les plus prestigieux au monde, sur la pièce de la chorégraphe Mounia Nassangar ou dans un battle de waacking, tous ont en commun de danser avec l'urgence de dire quelque chose.
Premier titre d’une collection éditée par les Editions Hoêbeke et l’Agence France-Presse.
« Guerre d’Algérie » réunit 130 photos exceptionnelles issues du fonds d’archives de l’AFP et les textes d’une historienne passionnée par cette période, Eléonore Bakhadzé, documentaliste de l’AFP. Chaque photo, sélectionnée avec soin pour son importance historique ou son témoignage inédit, est restiuée dans son contexte et largement commentée.
Pragmatisme et préservation des intérêts de la France, tels sont, selon l’historien, les maîtres mots de la politique du Général en matière de colonies.
Paris, Ed Stock, 2015, 145 p.
A paraître dans, Confluences Méditerranée et Raison présente, dernier trimestre 2015.
Benjamin Stora est né le 2 décembre 1950 à Constantine, la Cirta de l’Antiquité, la capitale historique de la Numidie jusqu’à la conquête romaine et, in fine, la capitale du beylik ottoman, marquée notamment par les figures de Salah Bey (fin XVIIIe siècle) et de Ahmed Bey1 lors du début de la conquête coloniale. L’auteur rappelle nombre d’antécédents historiques qu’il a développés dans son livre Les trois exils2 -où perçaient les émotions et le ressenti qu’il dévoile ici dans ce livre autobiographique à la première personne. De sa famille de modestes commerçants originaire de Khenchela, dans le Sud-Est constantinois, un des membres en a été maire; et l’on apprend, au détour des lignes, que tel autre a un temps été attiré par le trotskysme -antécédence de la phase lambertiste de Benjamin des années 70 ?

La guerre de l'ombre : RG contre FLN, Editeur : Jacob-Duvernet
"La guerre de l’ombre, guerre d’Algérie, RG contre FLN". C’est le titre du dernier livre de Laurent Chabrun, écrit en collaboration avec Benjamin Stora à partir des notes des Renseignements généraux français. Une vision à travers le prisme français de la période 1950-1960 pour comprendre comment le Front de libération nationale était organisé et la façon dont il a supprimé le Mouvement national algérien après un terrible combat qui a fait 4000 morts en France.
Jour après jour, pendant plus de 10 ans, les policiers des Renseignements généraux (RG) français ont accumulé des informations, rédigé des notes, avant de tout synthétiser. Autant d’éléments destinés au gouvernement et au Général de Gaulle pour les tenir au courant de la "situation algérienne" et de son évolution. Des tonnes d’informations que Laurent Chabrun [1] a récupéré au ministère de l’Intérieur français et qu’il nous livre avec l’aide de Benjamin Stora, spécialiste du Maghreb et auteur de nombreux ouvrages sur l’Algérie.
De Xavier Le Clerc, écrivain (Le pain des français, Ed Gallimard) :
« Je sors de ce film bouleversé.
La mémoire de Cécile qui imprègne les mouvements syncopés de la danse urbaine, du mime en quelque sorte qui joue entre le visible et l’invisible. N’est ce pas au fond un film sur les fantômes? Ces êtres sans corps qui nous traversent comme de l’électricité.
C’est un film sur la guerre d’Algérie, aussi. Les battles, ces combats symboliques, en l’occurrence avec ou contre des danseurs Arabes. Ta présence, en tant que père historien mais aussi en tant qu’ enfant de l’histoire. Et la ritournelle de l’exil de jouer à nouveau sa triste musique durant la décennie noire comme si au fond, il fallait toujours avancer, toujours bouger.
La vraie source du mouvement permanent, de la danse se révèle alors enfin. Raphaël s’enivre du mouvement devant un miroir comme tu te noyais dans le travail pour ne pas choisir entre la gangrène et l’oubli.
Refuser l’immobilité comme l’on refuse la mort. »
By David L Schalk (Author), Benjamin Stora (Preface by), George C Herring (Preface by)
Les restes de vingt-quatre combattants tués par l'armée française au XIXe siècle ont été rendus à l'Algérie vendredi. Pour l'historien, c'est l'occasion de se remémorer cette période où la violence de la colonisation fut particulièrement forte.
Les présidents français et algérien promettent de « réconcilier » les mémoires meurtries par la colonisation et la guerre. On en parle avec l’historien Benjamin Stora, missionné par l’Élysée pour relever le défi mémoriel.
Benjamin Stora, Le « 89 » arabe, Réflexions sur les révolutions en cours, Dialogue avec Edwy Plenel.
A l’origine de la rencontre entre un historien du Maghreb et un journaliste qui questionne sans cesse l’actualité, se trouve le refus de l’indifférence à l’égard des bouleversements qui ont touché le monde arabe ces derniers mois. Peu de solidarités ont été affichés, mais la méfiance l’a tout de suite emporté dans la plupart des milieux intellectuels et politiques. La théorie des « régimes, seuls remparts face à l’islamisme » s’est effondrée, mais la peur de l’avenir ne s’est jamais dissipée. Pourtant, la chute rapide de deux régimes dictatoriaux en quelques semaines (en Tunisie puis en Egypte), et l’embrasement des sociétés (du Maroc à la Syrie en passant par la Libye), soulèvent bien des interrogations ; et appellent des comparaisons, avec le « 89 » de la Révolution française (les revendications d’égalité) ou celui de la chute du mur de Berlin (les désirs de liberté).
Nous nous sommes donc interrogés sur le sens de ce mot « révolution » pour qualifier ces événements ; sur les origines historiques et sociologiques d’un tel bouleversement ; sur la portée de cette nouvelle vers l’Europe et le monde méditerranéen ; sur le possible commencement d’un nouveau cycle historique. Dans le cours du dialogue, d’autres sujets sont apparus à propos de l’histoire enfouie de la démocratie en terre d’Islam, ou de la crise du discours savant à propos de l’Orient. Notre préoccupation a toujours été de chercher à comprendre un processus si important, et surprenant ; d’établir des points de repères biographiques et bibliographiques ; et, pourquoi pas, d’ébaucher des hypothèses, à propos de la paix entre Palestiniens et Israéliens, ou de la défaite des politiques de la peur en France.
Paris, Ed Stock, Mai 2011, 175 pages. 16 euros.
“De tous les nombreux livres et dossiers que j'ai reçu sur le printemps ou les révolutions arabes, celui de Benjamin Stora interrogé par Edwy Plenel m'a paru le plus digne d'être signalé ici. Je n'aime pas le titre (« Le 89 arabe »), mais c'est une synthèse parfaitement maîtrisée”.
Jean Daniel, Nouvel Observateur.
Préface de Benjamin Stora
Format Broché
EAN13 : 9782742449392
ISBN : 978-2-7424-4939-2
Éditeur : Gallimard Loisirs
Date de publication : 11/05/2017
Collection : Cartooning for Peace
Nombre de pages : 120
Dimensions : 20 x 19 x 1 cm
Poids : 245 g
Langue français
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La guerre d’Algérie vue par les Algériens, de Renaud de Rochebrune et Benjamin Stora, dont le premier volume Des origines à la bataille d’Alger, paru en octobre 2011, est présenté par son éditeur (Denoël) comme «L’autre regard sur la guerre d’Algérie : l’ouvrage le plus neuf
et le plus attendu pour la commémoration de 1962».
Paris. De notre correspondante Nadjia Bouzeghrane
Par Jeanne Auberger
En juin dernier étaient célébrés les cinquante ans de la mort de Messali Hadj, grande figure de la lutte indépendantiste algérienne. Personnage peu connu en France, il aurait pu l'être bien davantage de l'autre côté de la Méditerranée. Pourtant, l'Algérie s'est toujours bien gardée de glorifier ce héros national. Et pour cause, il fut le grand rival du FLN qui mena une vraie vendetta contre ses partisans et finit par l'évincer.
Considéré comme le père du nationalisme algérien, Messali Hadj disparaissait en 1974 dans la relative indifférence d'Alger. Cinquante ans plus tard, à l'occasion de l'anniversaire de sa mort, le pouvoir algérien ne semble toujours pas ému. Pourtant, il est indéniablement l'un des grands personnages de l'Histoire algérienne qui aurait pu ériger en héros national. Né en 1898 à Tlemcen, dans le nord de l’Algérie, Messali Hadj grandit dans un milieu arabo-musulman et fréquente une confrérie religieuse ainsi que l’école française. Il fait son service militaire en France pendant la Première Guerre mondiale et gravit quelques échelons militaires, avant de rentrer en Algérie en 1920 où il suit l’émir Khaled, petit-fils de l’émir Abd el-Kader qui a mené les premières insurrections contre les Français au XIXe siècle.
La Marseillaise : L'"Ocean Viking" est resté plus de 12 jours bloqué en mer. Comment expliquez-vous que dans notre monde connecté, rien ne soit passé plus tôt ?
Fasciné par “l’histoire plurielle” de l’Algérie, Benjamin Stora étudie depuis des années ses bouleversements politiques et sociétaux. Depuis le mois de février 2019, l’historien suit attentivement la lutte du Hirak – le mouvement de contestation populaire qui a rassemblé des millions d’Algériens dans les rues, contre Bouteflika et l’opacité de sa politique.
Dans un nouveau livre très personnel l'historien, président de la Cité de l'immigration, évoque son enfance algérienne, entre tradition juive et républicanisme français. Passionnant.
Par Aliocha Wald-Lasowski
Par Christian Boyer et Benjamin Stora.
Cinquante ans après son indépendance acquise en 1962, l’Algérie reste un pays mal connu. Les innombrables débats, en Algérie et en France, autour de la séquence guerre d’Algérie/guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) freinent, occultent en partie la connaissance réelle de l’histoire contemporaine de ce pays. L’heure nous semble venue d’esquisser un nouveau panorama. Ce « dictionnaire » des livres en langue française parus de 1962 à 2010, traite exclusivement des questions et problèmes posés dans l’Algérie indépendante (et non de ceux du temps de la colonisation française). Il répond au besoin de dresser l’état des lieux de connaissances économiques, sociales, politiques, institutionnelles de l’Algérie, et de mettre en perspective les usages contemporains de ce passé très récent. Et l’on verra ainsi que l’histoire de l’Algérie ne s’arrête pas en 1962….
La masse de livres proposés, plus de mille avec des résumés pour certains, les plus importants à nos yeux, peut devenir pour les historiens du futur une archive, un matériau pour l’écriture de l’histoire. Car pour écrire l’histoire, on le sait, si les archives administratives sont essentielles, elles restent difficilement accessibles au Maghreb. La bibliothèque des livres publiés construit par conséquent un lieu d’archives fondamental. Cette abondante production pourra ensuite être soumise au crible de l’analyse en termes de mémoire et de représentations, devenues caractéristiques des champs de réflexions actuels.
"La Guerre d'Algérie vue par les Algériens.
Tome I : Des origines à la bataille d'Alger", de Renaud de Rochebrune et Benjamin Stora. Denoël, 440 pages, 23,50 euros.
LE MONDE DES LIVRES, 17 novembre 2011
Quelque trois mille ouvrages traitant de la guerre d'Algérie (1954-1962) ont été publiés durant la seule période allant de 1955 à 1995. Ce sont le journaliste Renaud de Rochebrune et l'historien Benjamin Stora qui le disent.
Islam et nationalisme en Algérie: d'après "El Moudjahid", organe central du FLN de 1956 à 1962 / Monique Gadant, préface de Benjamin Stora / Paris, Ed l’Harmattan , 1988
Connaissance de la guerre d’Algérie[ : trente ans après, enquête auprès des jeunes Français de 17 à 30 ans / Alain Coulon, préface de Benjamin Stora ; [enquête réalisée par le Laboratoire de recherche ethnométhodologique de l'Université de Paris VIII] / Saint-Denis, Association internationale de recherche ethnométhodologique , 1993
Par Jean-Pierre Costille | 3 Déc 2024 |
On ne présente plus Benjamin Stora qui a publié de très nombreux livres sur la guerre d’Algérie. Ici, c’est un ouvrage un peu différent car il s’agit d’une réflexion menée à la lumière de son « travail de mémoire visuelle », entrepris depuis plus de trente ans, au fil des films de fiction et documentaires auxquels il a contribué. Mentionnons aussi ses ouvrages récents déclinés en bande dessinée.
"Longues vues" est un collectif de jeunes qui propose une réflexion pluridisciplinaire sur des sujets d’actualité souvent traités par les médias et les politiques à travers le prisme de l’émotion. Son but est de rationaliser le traitement de ces sujets en adoptant une approche à la fois scientifique et pratique. Pour ce faire, les acteurs de ce collectif proposent des entretiens thématiques avec des universitaires de diverses disciplines et des acteurs de terrain. Le premier entretien porte sur la thématique « Migrants et Hospitalité », avec Benjamin Stora, Président du Musée de l’immigration.
Alors que le président Abdelmadjid Tebboune vient de prêter serment, retour avec l'historien Benjamin Stora sur le mouvement politique qui secoue l'Algérie depuis dix mois. Pour comprendre cet événement historique majeur, il souligne l'importance de l'histoire et de la mémoire du nationalisme algérien.
Benjamin Stora, Les clés retrouvées - Une enfance juive à Constantine. Editions Stock, coll. Un ordre d’idées, 2015.
A travers le prortrait d'une ville, Constantine, et du quartier juif où il a grandi, Kar Charrah, c'est une éducation politique des années 1950 et 1960 qu'évoque l'historien Benjamin Stora.
Dans François Mitterrand et la guerre d’Algérie, l’historien Benjamin Stora et le journaliste François Malye abordent deux questions centrales : comment celui qui, 25 ans plus tard, abolira la peine de mort, peut-il accepter l’exécution des militants algériens ? Quand François Mitterrand quitte le ministère de la Justice à la fin du mois de mai 1957, 45 condamnés à mort algériens ont été guillotinés en 16 mois. Comment expliquer le silence autour de cet épisode noir de la carrière du futur président de la République ? Le livre est accompagné d’un film de 70 minutes, auquel ont collaboré les deux auteurs, réalisé par Frédéric Brunquell, qui sera diffusé le 4 novembre à 22h40 dans le cadre de l’émission «Infrarouge» de France 2.
- Avec Mitterrand et la guerre d’Algérie que vous venez de co-écrire avec le journaliste François Malye et le film qui l’accompagne, réalisé par Frédéric Brunquell, n’est-ce pas un des verrous de l’histoire de la guerre d’Algérie qui saute ? Le dernier tabou du mitterandisme qui est levé, comme l’écrit votre éditeur ?
Compte-rendu par Denis Sieffert - (Politis - Novembre 2011)
Nous sommes beaucoup à avoir d’abord « lu » la guerre d’Algérie dans les livres d’Yves Courrière. Quatre tomes que l’on a dévorés passionnément. Avant que des historiens du sérail nous invitent à une lecture plus critique. Le souvenir de ces premières lectures nous est venu en lisant cette Guerre d’Algérie vue par les Algériens, écrite par l’historien Benjamin Stora et le journaliste Renaud de Rochebrune. Au fil des pages, nous avons plus pensé à Courrière – ce qui pour nous n’est pas infamant – qu’à un travail de chercheur.
Les propos tenus par Benjamin Stora sur France 5, le 24 novembre dernier, lors d'un débat consacré à l’arrestation à Alger de Boualem Sansal, ont suscité un tollé en France, beaucoup à droite lui reprochant de s’être désolidarisé au pire moment de l’écrivain franco-algérien. S’en est suivie une campagne de presse mettant en cause son honnêteté intellectuelle et sa probité morale.
Cette campagne rappelle par sa virulence celle dont l'universitaire natif de Constantine avait été l’objet, il y a quatre ans, après qu'Emmanuel Macron, soucieux d’engager un rapprochement avec l’Algérie à la faveur de l’élection, fin 2019, d’Abdelmadjid Tebboune, lui eût confié la mission mémorielle que l’on sait. Les coups étaient alors venus de toute part, les nostalgiques de l’Algérie française mêlant leur voix à celle, côté algérien, des rentiers de la mémoire pour jeter le discrédit sur un homme dont l’oeuvre et les engagements politiques passés dérangeaient des deux côtés de la Méditerranée
Pour connaitre de longue date Benjamin Stora et avoir été le témoin, à Alger, jusqu’à l’été 2023, des aléas de sa mission, j’estime profondément injuste le procès qui lui est fait. La sympathie que reflètent ses travaux sur l’Algérie pour le mouvement national algérien ne l’a jamais aveuglé. En témoigne l’évocation sans équivoque, dans le rapport portant son nom, du massacre de milliers de Harkis après l’Indépendance, tout comme celle de la disparition de centaines d’Européens à Oran, le 5 juillet 1962. En signant, à l’instar de l’auteur de ces lignes, la pétition lancée par la Revue Politique et Parlementaire pour la libération de Sansal, il a, de surcroît, opposé un clair démenti aux insinuations sur son instrumentalisation par les autorités algériennes.
Benjamin Stora n’est pas moins fondé à s’exprimer sur l’Algérie que Boualem Sansal. L’historien est dans son rôle, l’écrivain, dans le sien. Je m’honore, pour ma part, de l’amitié précieuse de l’un comme de l’autre.
François Gouyette, ancien ambassadeur de France à Alger (2020-2023).
Analyse de Benjamin Stora sur l'élection présidentielle en Algérie.
En 1830, Charles X décidait de prendre Alger aux Turcs. Les débuts de cette conquête marqueront à jamais l’imaginaire collectif algérien. L’historien BENJAMIN STORA raconte...
Les clés retrouvées. Une enfance juive à Constantine
Avec la Cité des livres, la Fondation Jean-Jaurès propose régulièrement deux heures de débat public autour d'un ouvrage qui fait l'actualité et de son auteur(e). Organisée Cité Malesherbes, au siège de la Fondation, chaque rencontre est suivie d'une séance de dédicace.
Programmée par Thierry Germain (rédacteur en chef de notre revue Esprit critique), en partenariat avec Slate.fr et France Culture Plus.
Plus que tout autre sujet, l'« Algérie française » déchaîne les passions. Entre 1954 et 1962, les péripéties politiques et militaires vont se multiplier, pour déboucher, dans la douleur, sur l'indépendance. Le présent volume aborde de façon singulière la vie des colons et des autochtones, livrant leurs témoignages et offrant de déployer quantité de fac-similés : dessins d'écoliers, tracts et affiches de l'O.A.S., carnet d'un militant du F.L.N., exemplaire du journal El Moudjahid (F.L.N.), album de famille d'un jeune pied-noir, etc. Une lettre inédite d'Albert Camus est également reproduite. Troublante, émouvante, au plus près des acteurs et des faits, cette approche de l'histoire par Benjamin Stora - qui fait autorité en la matière - propose ainsi, sans rancoeurs ni regrets, des pistes de réflexion essentielles.
Les événements s'y lisent à travers les regards des différents protagonistes. C'est ce jeune appelé du contingent qui crie à son père sa solitude ; ce petit Algérien, fils de maquisard, qui raconte comment on finit par apprivoiser sa peur dans un village «ratissé» par les troupes françaises ; ce militant FLN qui décrit froidement la minutie d'une série d'attentats dans Alger ; ce soldat français qui devient déserteur pour n'être pas « un boche » ; ou cet autre qui expose à son frère les raisons de son engagement dans l'OAS. A côté des textes se glissent des tracts, le fac-similé d'une lettre, d'un dessin d'enfant... Un «matériel» qui, comme le dit Benjamin Stora, « donne toute la «chair» de cette histoire, si difficile à comprendre par les jeunes générations».
L’exploration impartiale d'un passé qui, sinon, ne passerait pas est l'un des objectifs de ce grand livre d'images et de témoignages que publient les Éditions les Arènes cette semaine.
Sous la direction de Benjamin Stora, «Algérie 1954-1962. Lettres, carnets et récits des Français et des Algériens dans la guerre » rassemble sous la forme d'un album-souvenir une centaine de documents inédits.
Editions Les Arènes, octobre 2010.
112 pages
Format : 24 x 28.5 cm, reliure cartonnée illustrée
Grand prix 2011 des lectrices "Elle"document.
Notre collaborateur Renaud de Rochebrune signe, avec l’historien Benjamin Stora, un ouvrage fouillé sur la guerre d'Algérie qui renverse la perspective dominante de manière salutaire.

L’originalité de ce livre sur la guerre d’Algérie claque dès son titre : « vue par les Algériens ». Le rapport de force de la production éditoriale entre les deux rives de la Méditerranée est au moins aussi inégal qu’il le fut hier sur le terrain. Si près de 3 000 ouvrages ont été consacrés au conflit avant même l’avalanche attendue pour le cinquantenaire de 2012, les textes reflètent en majorité une approche plutôt française, critique ou apologétique, neutre ou chauvine.
Les Algériens en France : sous ce terme générique, il y a des chiffres, des statistiques, des réglementations… Il y a aussi des hommes, des femmes, des enfants, des familles. Avec leurs joies, leurs peines. Avec leurs espoirs, leurs réussites, leurs échecs… on ne les connaît pas vraiment, on ressent souvent de l’indifférence à leur égard, parfois de l’hostilité. Notre mémoire collective a occulté les injustices dont ils furent les victimes. Pour comprendre le présent, il faut connaitre leur histoire.
Victime d’un accident vasculaire cérébral en 2013, le président algérien Abdelaziz Bouteflika n’apparaît quasiment plus en public. Ce qui ne l’a pas empêché de se faire réélire en 2014 et de briguer un cinquième mandat lors des élections du 18 avril 2019.
Sous la direction de Benjamin Stora et Laurent Gervereau
Pourquoi privilégier la photographie pour comprendre ces 'événements' algériens qui deviendront une guerre ? Parce que nous en avons fini, avec la Première Guerre mondiale, de la peinture de bataille. Parce que la nature même de ce conflit ne provoque pas cette abondance d'actualités filmées propre à la Deuxième Guerre mondiale. Parce qu'il faut attendre le Vietnam pour que les reportages télévisés se mettent à prendre le pas sur la photo de presse. Il existe donc une importance particulière de la photo pour cette période. Les 'événements' devenus 'guerre' occupent une place singulière, sur une durée longue (1954-1962), avec des résonances constantes jusqu'à aujourd' hui.
Broché: 176 pages
Editeur : Marval (22 mars 2004)
Langue : Français
ISBN-10: 2862343781
ISBN-13: 978-2862343785
Retrouvez les articles et entretiens de Benjamin Stora sur l'immigration.
> http://www.histoire-immigration.fr/la-cite/dernieres-nouvelles/interventions-de-benjamin-stora
Face à face l’historien et le journaliste. Le temps long et l’actualité. Ce sont deux regards sur le monde qui se déploient ici.
D’un côté l’œil pétillant, perçant, curieux de l’homme d’information, de l’autre, le regard calme, attentif, presque introspectif de l’universitaire. Deux intelligences aussi, l’une plus théorique, comparatiste, horizontale, fulgurante, volontaire presque audacieuse, l’autre, vissée au temps long de l’histoire, aux conditions humaines et sociales à l’œuvre, réaliste, pragmatique, à l’enthousiasme mesurée.

Denise Brahimi.
Parmi ses nombreux travaux historiques consacrés à la guerre d’Algérie, Benjamin Stora a plusieurs fois choisi d’étudier les sources particulières qui proviennent de la mémoire visuelle et l’on comprend grâce au livre dont il est question ici ce que signifie cette expression, renvoyant évidemment à des images, dont il existe plusieurs sortes. L’auteur en étudie successivement trois catégories, les images fixes, c’est-à-dire les photographies, les images en mouvement c’est-à-dire le cinéma, et en troisième lieu les images documentaires sous une forme télévisuelle, dont il parle principalement à partir de ses propres travaux. Ce triple fonds est évidemment très riche alors que certains se plaignent encore d’un manque qui n’est véritable que dans quelques cas très précis. Pour le reste, c’est plutôt pléthore, ce qui n’est pas forcément très bon non plus, car il faut alors faire du tri, analyser, et c’est un peu de cela qu’il est question dans la première des trois parties du livre.
Le Soir d’Algérie : Encore une fois, l’Algérie a rendez-vous avec l’Histoire, avec en toile de fond le sursaut populaire Hirak du 22 février et ses manifestations toujours grandissantes, qui a abouti au départ du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril 2019, au terme de 20 ans de règne. Le peuple algérien est-il en train d’écrire une nouvelle page d’Histoire de sa démocratie naissante ?
Récit. C'est le 20 août 1955 que la guerre est entrée dans la maison et dans les souvenirs du petit Benjamin. Sept ans plus tard, la famille Stora, enracinée en Algérie depuis le fond des âges, quittait Son pays sans espoir de retour, fondue dans la masse des «rapatriés ». Pourtant, ce n'est pas le malheur qui habite la mémoire de l'enfant juif de Constantine, la ville d'Algérie où ses coreligionnaires formaient près du quart de la population, où pas un seul ne subsiste aujourd'hui.
Dialogue entre le journaliste Edwy Plenel et l'historien Benjamin Stora sur les révolutions en cours, Le 89 arabe questionne l'actualité et ouvre au lecteur de nouvelles perspectives.
« Les révolutions en cours ont su écrire leur propre histoire en épousant la nôtre, nos peurs, nos aveuglements, nos ignorances »
MEDIAPART Billet de blog 9 novembre 2024
Deux siècles de présence effective.
Benjamin Stora et Nicolas le Scanff nous donne à lire une BD qui retrace sur deux siècles la présence algérienne sur le sol français. Très instructif pour tout le monde.
La présence d'une communauté algérienne en France remonte au XIX éme siècle car elle est étroitement liée à la colonisation. Pour rendre visible cette Histoire souvent occultée et parfois ignorée, il n'y a pas mieux qu'une bande dessinée: l'image et les bulles sont un moyen attractif pour dépasser les écueils de l'inflation de dates et la profusion des personnages. C'est ce qu'on a constaté en se plongeant dans le nouveau travail collectif de Benjamin Stora et Nicolas Le Scanff intitulé, Les Algériens en France, Une histoire de générations, publié aux éditions de la Découverte. Au fil de pages, le lecteur découvre des textes aérés et très abordable ainsi qu'une chronologie rigoureuse et qui respecte la succession des évènements, le tout servi par des dessins très esthétiques respectant les décors des époques évoquées.
Benjamin Stora, dont la famille est originaire de Khenchela, ville de l'Est algérien, a retrouvé les jalons de son histoire familiale. Voyageant entre mémoire et histoire, quête personnelle et enquête historique, il reconstitue les trois exils qui ont marqué le destin des juifs d'Algérie.En moins d'un siècle en effet, ils sont sortis par trois fois de ce qui était jusque là leur univers familier. Ils se sont éloignés de leur vie en terre d'islam quand le décret Crémieux de 1870, faisant d'eux des citoyens français, les a mis sur la voie de l'assimilation. Ils ont été rejetés hors de la communauté française de 1940 à 1943 avec les loi de Vichy. Et ils ont quitté les rives algériennes avec l'exode de 1962.
Poche: 232 pages
Editeur : Hachette Littératures (12 mars 2008)
Collection : Pluriel
Langue : Français
ISBN-10: 2012793614
ISBN-13: 978-2012793613
A l'occasion de la sortie de son livre "Les vérités cachées de la guerre d'Algérie" (Fayard), Jean Sévillia s'entretient avec l'historien Benjamin Stora sur le conflit et ses conséquences sur les relations franco-algériennes.
BENJAMIN STORA
Les Clés retrouvées
Stock Un ordre d' idées» ,
142pp .,17Euro.
Tous les historiens devraient peut être commencer par dire d 'où ils viennent. Cela permettrait de mieux comprendre leur point de vue. C'est ce que vient de réaliser Benjamin Stora, spécialiste de l 'Algérie et - surtout - enfant de l 'Algérie...
Ce dialogue vif et amical entre un journaliste (Edwy Plenel) et un historien (Benjamin Stora) est une belle contribution au débat sur les révolutions du monde arabe, cette formidable ouverture de l’horizon des possibles. Certes, les deux auteurs ne nous proposent pas des analyses concrètes des événements en Tunisie et en Égypte, des forces en présence, du rôle de différents courants politiques et religieux, etc. En prenant une certaine distance par rapport à l’actualité immédiate, ils tentent de situer ces révolutions dans un contexte historique et politique plus large.
L’historien Benjamin Stora signe avec Nicolas Le Scanff une bande dessinée qui raconte un siècle de présence algérienne en France.
Le 15 octobre 1983, 32 personnes se rassemblent dans le quartier de la Cayolle à Marseille et entament une marche pour l’égalité et contre le racisme à travers la France. Surnommée la « marche des beurs » par les médias, le projet est né à Vénissieux, en périphérie lyonnaise, à l’initiative du collectif SOS Avenir Minguettes. L’objectif de ces enfants d’immigrés est d’aller à la rencontre de la population pour dire qu’ils appartiennent au même pays et qu’ils sont victimes de racisme. A Paris, le 3 décembre, ils sont 100 000 à défiler dans les rues de la capitale. Parmi eux, Farid, Samia et Rachid. Trois jeunes qui au micro de Medhi sur Radio Beur racontent leurs espoirs et leurs envies mais aussi les trajectoires de leurs grands-parents et de leurs parents en Algérie puis en France. L’occasion d’aborder les arrivées à Marseille, les cafés-hôtels, les bidonvilles, le travail à l’usine ou sur les chantiers, l’école. Sans oublier le foot ou les yé-yés, les déchirements au moment de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie, les violences policières, le racisme quotidien.
Mitterrand, Hollande et maintenant Macron. Cinquante ans après Mai 68, l’histoire de la gauche au pouvoir s’est écrite en parallèle de sa chronologie de conquête du pouvoir. Comme si la culture de gouvernance n’allait pas de soi et que la revendication serait toujours distincte de la réforme, perçue comme une compromission ou une trahison.
Benjamin Stora revient sur ses années algériennes. L'Histoire au fil d'une introspection sensible.
Sa première confrontation avec la mort remonte à la très chaude journée du 20 août 1955. Des soldats entrent dans l'appartement familial, installent un trépied, posent une mitrailleuse et tirent sur des nationalistes algériens, des
« fellaghas », en train de se débander. Benjamin Stora a 4 ans et demi. Sept ans plus tard, sa famille quitte lAlgérie pour toujours.
Depuis Les Trois Exils (2006), celui qui est devenu le grand historien de l'Algérie et du fait colonial recherche des « lambeaux de vie personnelle » capables de nourrir sa compréhension de l'Histoire.
L’Algérie, histoire d’oublier
Dans Le présent de la psychanalyse (2024/1 N° 11)
En 1968, le monde était en ébullition. Mais il n’y a qu’en France que l’effervescence dépassa la seule jeunesse révoltée pour atteindre profondément toutes les strates de la société. Mai 68 demeure un des événements politiques qui ont le plus marqué les Français.
Voir aussi l'ouvrage de Benjamin Stora : 68, ET APRÈS - Les héritages égarés
Les images des guerres d’Algérie et du Vietnam.
Préface à l’édition algérienne, par l’historien Hassan Rémaoun
Avec Imaginaires de guerre, Benjamin Stora continue un travail de publication entamé voici bientôt vingt ans sur l’Algérie, et qui s'est traduit jusqu'ici par la production d'une (bonne) quinzaine de livres, et un grand nombre d'articles et de contributions à des œuvres collectives. La production de cet universitaire est ainsi devenue incontournable pour quiconque s'intéresse à la question. Même s'il a fallu attendre ces dernières années pour que certains de ses livres aient commencé à être réédités et diffusés en Algérie, le pays où il est né et autour duquel se concentre l'essentiel de ses écrits. C'est d'ailleurs la première fois qu'un de ses ouvrages est mis à la portée du public algérien l'année même de son édition en France. Ceci est révélateur du chemin parcouru dans notre pays, vers un regard moins conformiste sur tout ce qui touche à une période essentielle pour l'émergence de ce qui fait notre présent. En fait, il s'agit moins ici d'un travail historiographique au sens traditionnel du terme, que d'une production visant l'exploration de la mémoire de la guerre, en continuité avec le livre décapant pour la pensée que constitue La gangrène et l'oubli (édité une première fois en 1991). Imaginaires de guerre est cependant original d'un triple point de vue.
Pour lutter contre la ghettoïsation, l'historien Benjamin Stora propose de créer une université populaire et pluridisciplinaire, façon Centre universitaire expérimental de Vincennes après 1968.
"Mon fils de 17 ans l'a rapporté à la maison, et je trouve extraordinaire que Benjamin Stora, le spécialiste du sujet, ait accepté de se prêter au jeu de ce livre qui traite l'Histoire différemment, et de manière très vivante. Il y a des fac-similés de cartes, de lettres, de carnets... Comme si on se trouvait à la place de l'historien et que l'on disposait des mêmes indices."
Pour le soixantenaire de l’indépendance algérienne, l’historien Emmanuel Alcaraz, spécialiste de l’histoire contemporaine de l’Afrique du Nord, a réalisé une série de grands entretiens avec des chercheurs en sciences sociales pour la presse grand public. Les éditions Golias publient l’ensemble de ce travail avec de nombreux inédits.
Le présent volume réunit également des articles de presse de l’auteur et fait le bilan de son travail de recherche dans un fructueux dialogue entre recherche scientifique de haut niveau et vulgarisation scientifique. L’auteur revient sur l’affaire Le Pen et la torture pendant la guerre d’Algérie, mais aussi sur l’affaire Boudarel pendant la guerre d’Indochine. Il s’interroge sur la nature d’une publication comme Valeurs Actuelles. Il n’oublie pas non plus de traiter des usages politiques du passé du régime algérien.
Le dernier livre de Benjamin Stora a pour titre "68, et après", celui de Jean-Pierre Le Goff aurait pu s'intituler "68, et avant". Dans les deux cas, la fièvre de mai y est analysée comme un événement politique total et collectif, en même temps qu'existentiel et intime.
Messali Hadj fut le fondateur du nationalisme algérien. Dès 1926, avec l'Etoile nord-africaine et jusqu'au MNA (Mouvement National Algérien) en 1954, il n'a cessé d'animer des organisations nationalistes afin d'obtenir l'indépendance de son pays.
Après l'insurrection déclenchée par le tout nouveau FLN en novembre 1954, la lutte fratricide entre " messalistes" et " frontistes ", au sein même du mouvement de libération, sera extrêmement sanglante, tant en Algérie qu'en métropole, dans l'immigration. Assigné à résidence en France, Messali Hadj perd peu à peu son influence, au point d'être totalement marginalisé et longtemps ignoré de l'histoire officielle algérienne.
Pourtant, son rôle fut considérable. En le remettant en lumière, ce livre apporte aussi quelques éléments de réponses à plusieurs questions : comment Messali pensait-il le rapport entre lutte sociale et lutte nationale ? Quelle place accordait-il à l'islam dans la prise de conscience nationaliste ?
Avec cet ouvrage, Benjamin Stora exhume un pan longtemps oublié de l'histoire de la colonisation algérienne et de la guerre d'Algérie.
Poche: 300 pages
Editeur : Hachette (17 mars 2004)
Collection : Pluriel histoire
Langue : Français
ISBN-10: 2012791905
ISBN-13: 978-2012791909
Actualités : 2e journée du colloque international sur Messali HADJ - La vision de Benjamin Stora et le message de Slimane Benaïssa
Par Isabelle Dautresme

A Villetaneuse, l’Unef a convié deux figures du débat public, Edwy Plenel et Benjamin Stora, ainsi que Sihame Assbague, du collectif "Stop le contrôle au faciès", à partager leurs réflexions. Sans laisser beaucoup de place aux échanges avec les étudiants.
L'historien et le romancier lèvent chacun dans leur livre un coin du voile sur la guerre d'Algérie.
L'objet se présente sous la forme d'un mince carnet vert, facile à glisser dans la poche. Chaque appelé débarquant en Algérie était censé en recevoir un exemplaire. Son titre : Petit vocabulaire militaire d'arabe parlé. A l'intérieur, précédant un lexique où l'on apprend notamment comment marchander face à un commerçant qui force un peu trop sur les prix, les auteurs ont glissé une liste de conseils pratiques.
Cette histoire politique de l’immigration algérienne est un ouvrage de référence englobant une période allant de la veille de la Guerre de 1914 jusqu’aux lendemains de l’Indépendance. Vaste période donc qui suit les vagues successives d’installation en métropole de ces migrants, militants de l’indépendance, dont les enfants revendiquent aujourd’hui leur part de citoyenneté française. Cette Histoire, trop rarement abordée et aussi rarement transmise, d’un engagement politique appréhendé à travers une succession d’enchaînements historiques, restitue une mémoire oubliée.

Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.
Marguerite Jeanne Marie Battais naît le 18 septembre 1895 à Saint-Germain-en-Coglès (Ille-et-Vilaine), au domicile de son grand-père paternel, Jean Marie Battais, « demeurant au Volandry en cette commune », fille de Jean Marie Julien Battais, 26 ans, garçon de magasin, demeurant à Paris 1er, et de Jeanne Armandine Sopée (rectifié en Saupé), née le 2 août 1869 à Saint-Hilaire-des-Landes (Ille-et-Vilaine).
Pour ce numéro spécial sur la guerre d'Algérie, Benjamin Stora et Tramor Quemeneur, spécialistes de la "guerre sans nom", reviennent sur cette période cruelle qui hante encore les mémoires de part et d'autre de la Méditerranée.

Ce sont des regards croisés et des idées lucides et courageuses, qui se sont exprimés lors de la rencontre « Mieux vivre ensemble dans des sociétés en mutation : Un nouveau regard sur l’immigration», organisée récemment par M. Chakib Benmoussa, Ambassadeur du Maroc en France.
Par Fouzia Benyoub
Au menu de cette rencontre : la migration, un défi multidimensionnel dans un monde en mutation, le Maroc et la France, pays de migration et d’émigration sont dans un processus évolutif qui questionne l’ensemble des acteurs, qu’ils soient décideurs, politiques, chercheurs ou acteurs associatifs.
1954, l'armée française est défaite à Diên Biên Phû, les premiers coups de feu retentissent dans les Aurès d'Algérie. Il y a bien eu un avant et un après 1954. Les morts, les meurtres, la folie de la guerre, achèvent une société coloniale enfermée sur elle-même.
Le talent de Benjamin Stora nous fait vivre ces dernières heures cruciales en un récit âcre et mélancolique, mélange d'immaturité et d'inaccompli pour les Européens d'Algérie, de rage et d'espoir pour les colonisés. Le maire d'Alger, Jacques Chevallier, porté au pouvoir par les partisans de l'Algérie française, finira, dans la guerre, par reconnaître l'existence d'une Algérie algérienne.
Le leader Krim Belkacem tient le maquis en Kabylie depuis plusieurs années et ne sait pas encore que la guerre sera si longue et si cruelle. Des Européens d'Oran vivent leurs derniers moments d'insouciance et des paysans algériens, qui semblent oubliés de tous, n'imaginent pas leur rôle si important dans le conflit qui s'ouvre.
Edition : L'Aube (2004)
Collection : Aube poche
695 pages
ISBN : 2752600720
Conférence sur le thème de la fraternité de Benjamin Stora, président du conseil d'orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration.
Notes de lecture
Faire revivre l’histoire si mal connue de la communauté algérienne en France, c’est l’objectif annoncé de ce livre que Benjamin Stora signe quelques mois avant le débat sur l’identité nationale. Dans ce contexte marqué par les dérapages et l’amnésie, ce livre réaffirme la nécessité d’un tel éclairage pour mieux appréhender la France d’aujourd’hui, dans sa complexité et sa richesse.
Il s’agit en fait d’une réédition d’un ouvrage publié en 1992 chez Fayard sous le titre « Ils venaient d’Algérie », version condensée d’une thèse d’État d’histoire sous la direction de Charles Robert Ageron.
Le silence brisé, par Annie Stora-Lamarre. Une traversée des mouvements migratoires juifs des mondes perdus
Editions Syllepse, 2024, 20 euros.
Longtemps, Annie Stora-Lamarre est restée mutique sur sa jeunesse à Constantine au temps de la guerre d’Algérie. Comment donner sens au silence paralysé par les violences de la guerre et de l’exil ? Comment initier un mouvement de retour sur soi et pour aller où ? Le récit commence par l’évocation de la guerre d’Algérie dans le quartier juif de Constantine suivie de l’exil à Paris en 1962. Mais il y eut des commencements ailleurs. Une fois posée la singularité de sa traversée constituée en archive de l’intime, devenue historienne du XIXe siècle au terme d’un parcours atypique, l’historienne mène l’enquête.
L'immigration algérienne en France n'est pas récente. Dans les années d'entre-deux-guerres, loin de leur pays natal, au temps du système colonial, c'est la liberté que venaient chercher en France les premiers immigrés algériens. C'est dans les cafés-hôtels de l'exil qu'ils allaient créer les premières organisations nationalistes des années trente. L'Algérie, ils la rêvaient indépendante. Après 1954, pour s'assurer le contrôle de la communauté immigrée, le FLN et le Mouvement national algérien de Messali Hadj se livrent à une lutte secrète et féroce. L'indépendance acquise en 1962 permettra-t-elle à l'Algérie libre de nourrir tous ses fils et de mettre fin à leur exil ? En fait, au lieu de disparaître, l'immigration s'installe. Ils venaient d'Algérie, ils resteront en France. Les jeunes Maghrébins des années quatre-vingt s'interrogent : comment s'intégrer dans la société française sans renier leurs racines ? Ce livre, paru en première édition sous le titre Ils venaient d'Algérie, fait revivre l'histoire si mal connue de la communauté algérienne en France.
Poche: 491 pages
Editeur : Hachette Littératures (19 août 2009)
Collection : Pluriel
Langue : Français
ISBN-10: 2012794181
ISBN-13: 978-2012794184
Le nouveau président du Musée national de l'Histoire de l'immigration explique au micro de l'Humanité.fr en quoi la connaissance de l'histoire de l'immigration entant que partie intégrante de l'Histoire commune est un facteur indiscutable et nécessaire de cohésion nationale. L’entretien avec Benjamin Stora est réalisé dans la Galerie des dons du Musée de l’Histoire de l’immigration.
