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L’auteur montre le rôle important joué par la Kabylie dans la préparation puis la lutte pour l’indépendance algérienne et dans l’avènement d’une véritable démocratie dans l’Algérie d’aujourd’hui. Les deux principaux lieutenants de Messali Hadj, le père du nationalisme algérien, dans les années trente, furent des Kabyles : Amar Imache et Belkacem Radjef.
Déjà ils durent affronter leur chef sur la conception que celui-ci voulait donner au nationalisme algérien et sur la revendication de l’identité berbère. Plus tard cette question resurgit dans ce qu’il est convenu d’appeler la " crise berbériste " (1948-1949). Les personnalités d’Amirouche, de Abane Ramdane et de Krim Belkacem, tous trois originaires de Kabylie, marquèrent à leur tour le déroulement de la guerre d’indépendance. Avec la libération, ce furent encore des hommes politiques kabyles qui mirent en avant les questions de la pluralité, de l’identité et de la démocratie dans un pays en proie au totalitarisme.
En septembre 2005, après plus de dix ans de guerre civile, le président Bouteflika décrète la réconciliation nationale. Approuvé par une large majorité, son projet ne fait cependant pas l’unanimité. L’Algérie fera-t-elle l’économie de son histoire ?
[Article paru dans L’Histoire, N°311, juillet-août 2006, les Guerres civiles]
Nous revenons dans cet entretien sur la singularité du rapport de l’historien Benjamin Stora aux archives. Né en Algérie en 1950, spécialiste de l’histoire de la guerre d’Algérie, de l’immigration maghrébine en France et des questions mémorielles liées à la colonisation française en contexte maghrébin, l’originalité de la démarche archivistique de l’historien s’exprime notamment à travers le rôle de son engagement politique dans son rapport aux archives au long cours. A travers cinquante ans de pratique et de réflexion sur la multiformité des archives, sur le(s) territoire(s) des archives (archives écrites/orales, archives dissidentes/archives militantes, archives visuelles, archives étatiques, archives autobiographiques et archive-fiction) et sur la dialectique de l’archive, c’est autant l’historien qui cherche et trouve l’archive que l’archive qui trouve l’historien, a fortiori après la publication de La Gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie (1991) qui lance la trajectoire médiatique de l’historien.
La "deuxième" guerre d’Algérie est fortement privée d’images. Le cinéma répond-il à ce manque ? Ou bien les douleurs, présentes et anciennes, restent-elles impossibles à représenter ?
Dans les représentations du terrible conflit qui a secoué l’Algérie tout au long des années 1990, et qui a causé la mort de plus de cent mille personnes, l’important est la sensation de "vide" d’images. Un territoire de lumière, situé au sud, se trouve assombri d’une immense tâche noire. A l’heure du bombardement massif, sauvage, des images (et la vitesse de leur propagation), la grande "invraisemblance" de cette tragédie tient aux aspects matériels de sa représentation : l’effacement des lieux de la tragédie procure une impression d’étrangeté. L’Algérie, longtemps interdite d’accès aux caméras, se transforme en un décor plongé dans l’ombre. Puisque la diversité consistante du réel fait défaut, il sera bien difficile de partager une expérience sensorielle de cette guerre. Ainsi privé de "paysages", l’événement échappe aisément à la chronologie, ne délivre pas de sens, de cohérence.
Geschichte in Bildern, Ton und Text
Benjamin Stora, Experte für die Geschichte des Maghreb, ist Gastprofessor am Frankreich-Zentrum der Freien Universität (2011).
Benjamin Stora ist dieser Tage ein gefragter Mann. Mehrmals täglich erreichen ihn die Anrufe internationaler Journalisten. Das Thema: Die aktuelle Lage in Nordafrika. Die weitreichenden Folgen der französischen Kolonialherrschaft in Algerien, Marokko und Tunesien sind Teil der Forschungen Storas, der in diesem Semester Gastprofessor am Frankreich-zentrum der Freien Universität Berlin ist.
Par Makhlouf Mehenni 18 Févr. 2025. https://www.tsa-algerie.com/benjamin-stora-historien-francais-et-admirateur-de-la-revolution-algerienne/
"En cinquante ans, les choses ont profondément changé". C’est le constat que fait, avec une certaine amertume, Benjamin Stora, 75 ans, sur l’évolution de la société française vis-à-vis de la question coloniale.
Lorsqu’il a commencé à travailler sur l’histoire de l’Algérie, au milieu des années 1970, la situation était différente. « Le courant anticolonialiste était très important, notamment à gauche. Il y avait tout un bain culturel qui reconnaissait la nécessité de l’indépendance de l’Algérie. C’était quelque chose de normal, d’évident », raconte-t-il à TSA.
Conférence internationale organisé par Pangée Network
Dans ce lieu qui va beaucoup, au cours de cette journée, faire résonner le beau mot d’Algérie, je voudrais un peu parler d’un autre pays, qui ne lui cède en rien en grandeur et en histoire (anti)coloniale, le Viêt Nam. Ceux qui me connaissent n’en seront pas surpris.
Benjamin Stora explique, dans Imaginaires de guerre[1], dans quelles conditions (dramatiques) il est parti au Viêt Nam, et a été amené à entamer des études historiques sur ce pays. Ce voyage, de l’Algérie au Viêt Nam, je l’ai également parcouru… mais dans l’autre sens. Spécialiste de l’histoire de l’Indochine coloniale, j’ai éprouvé le besoin, à un certain moment de mes recherches, d’abandonner une certaine exclusivité indochinoise. Il y avait peut-être, après tout, un mektoub commun entre Benjamin et moi, et nos travaux ont dû se croiser quelque part au-dessus de l’Océan Indien, à mi-chemin entre Algérie et Indochine…
Quoi de commun entre Patrick Devedjian et Julien Dray, entre Patrick Balkany et Jean-Christophe Cambadélis ? Ces hommes que tout oppose font pourtant partie de la même génération, née à la politique après mai 1968.
Ce sont pour la plupart des enfants de la banlieue parisienne, tombés très jeunes dans le chaudron de la politique. Ni énarques ni fils de notables, ils ont apporté de nouvelles meurs à la vie publique française. Enfants de la télé, ils ont fait de la politique comme on fait carrière.
Les uns ont été lancés par Pasqua, les autres par Mitterrand.
Les uns ont connu leur apogée dans le sillage du Président.
Les autres attendent leur tour.
Ce film documentaire – en deux épisodes de 52 minutes – raconte leur parcours politique, confrontant interviews intimes et archives télé.
Auteurs : Hélène Constanty - Alberto Marquardt
Réalisateur : Alberto Marquardt à partir d'une idée de Benjamin STORA
DVD PAL - Version Française 2 X 52 min. / 16/9
Production LCP Assemblée nationale - INA - Point du Jour 2010
S’il y a bien quelqu’un d’atypique dans le paysage universitaire français, c’est Benjamin Stora. L’homme aurait pu se contenter d’enseigner et de s’occuper de ses étudiants. Sauf que l’Algérie, où il est né, le titillait : il l’a quittée à douze ans, emportant avec lui non seulement des souvenirs d’enfance mais aussi celui de ses camarades de classe, les saveurs de la Méditerranée, pour connaître l’exil, comme il le dit si bien, les appartements étriqués d’un Paris qui connaissait pourtant les Trente Glorieuses. Happé par l’extrême-gauche au lendemain de mai 1968, Stora s’y trouve à l’aise et commence des études d’histoire.
De Constantine à Constantinople. Impact de la musique turque sur la musique du Maghreb,
De Taoufik Bestandji, préface de de Benjamin Stora,
Paris, Ed L’Harmattan, 2018.
HEDI SAIDI,
Titre de la Thèse : "Société, Economie et colonisation d’un régime en Tunisie pendant la Colonisation française, DAR El Bey, 1880-1919"
Lieu d’inscription et soutenance : Université Paris 8 Paris 8-saint Denis.
Date de soutenance : novembre 2003. Mention très honorable.
C'est une immense œuvre collective, qui réunit 120 auteurs sous la houlette d’Abdelwahab Meddeb, professeur de littérature et producteur de l’émission Cultures d’islam sur la radio France Culture, et de Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb.
Les deux codirecteurs donnent le ton dès leur présentation autobiographique. Le premier, musulman tunisien, évoque comment, enfant, résidant l’été dans la station balnéaire de La Marsa et passant régulièrement devant la synagogue, il « recevait avec frissons les rumeurs de la prière juive » qui lui rappelait la lecture coranique. Le second se souvient qu’« en passant devant les mosquées, les prières avaient la même sonorité que celles de la synagogue ».Tous deux étaient troublés, selon l’expression de Meddeb, par « la différence dans la ressemblance » entre juifs et musulmans.
"Interroger les mémoires coloniales c'est revisiter six décennies d'histoire et c'est aussi, comme le rappelle le débat qui suit entre ces deux historiens majeurs de notre temps, Pierre Nora et Benjamin Stora, questionner la mise en forme d'un enjeu qui insiste dans notre actualité. Loin d'hystériser le débat, ils mènent ici une discussion approfondie, méticuleusement soucieuse de la vérité pour tracer un chemin d'alternative. un chemin libérateur."
Alexis Lacroix, journaliste et écrivain.
Pierre Nora, de l'Académie française, est historien, éditeur et écrivain. Outre les lieux de mémoire qu'il a dirigés, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Historien public et Recherches de la France.
Benjamin Stora est historien, spécialiste de l'histoire du Maghreb, il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont en 2020, Retour d'histoire et Une mémoire algérienne.
Éditeur, Bayard
Date de parution : 17/03/2021
Collection : Société
Format : 12cm x 17cm
Nombre de pages : 96
ISBN : 2227499338

Sous la direction de Benjamin Stora, Sophie Dulucq, et Jean-François.
Cet ouvrage est centré sur la colonisation des 19e et 20e siècles, qui a façonné la France contemporaine et sa relation à de nombreux pays du Sud. L'étude des discours constitue une entrée privilégiée dans la compréhension de ce passé tumultueux. À travers l'analyse d'une centaine de mots - ceux des colonisateurs comme ceux des colonisés, mots de l'historiographie spécialisée, aussi -, où se côtoient bled et brousse, nègre et néocolonialisme, opium et otages, ce kaléidoscope linguistique veut permettre au lecteur d'appréhender la variété et la complexité des situations coloniales.
Fruit de la collaboration d'une quarantaine d'historiens, cet ouvrage a été co-dirigé par Sophie DULUCQ, Professeure à l'Université de Toulouse 2, Jean-François KLEIN, Maître de Conférences à l'INALCO et Benjamin STORA, Professeur à l'INALCO ; ils sont respectivement historiens de l'Afrique coloniale, de l'Indochine et du Maghreb.
Broché: 127 pages
Editeur : Toulouse PU Mirail (10 janvier 2008)
Collection : Les mots de...
Langue : Français
ISBN-10: 2858168938
ISBN-13: 978-2858168934
D’après Benjamin Stora, « entre 1957 et 1962, on peut estimer à environ 10 000 le nombre d’Algériens qui, après avoir été jugés, ont passé de un à deux ans dans les camps en France ».
Au début de l’année 1959, dans le grand salon blanc de l’Hôtel Matignon, les principaux responsables du « maintien de l’ordre en métropole » tiennent un « mini-conseil de guerre ». Objectif : comment modifier les règles de procédure pour interner plus facilement les « suspects » algériens immigrés en France ?
L’historien Benjamin Stora ouvrira samedi à 14h au Mucem la série de rencontres « Algérie France, vue par », réunissant chercheurs, artistes et citoyens.
Entretien, réalisé par Driss Ksikes, et Laetitia Grotti, de Benjamin Stora dans Economia, revue éditée au Maroc. N° 8, mars-juin 2010.
Le Président de la République a tout au long de son quinquennat poursuivi une même approche des questions mémorielles : regarder l’histoire en face, de façon à construire une mémoire Républicaine, qui puisse être partagée par toutes et tous en France.
L’histoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie a, à cet égard, fait l’objet d’une attention particulière du Président de la République, tant les blessures mémorielles issues de cette période sont encore vives dans notre société.
De premiers gestes symboliques ont ainsi été réalisés au début du premier quinquennat. En septembre 2018, le Président de la République reconnaissait l’assassinat par la France de Maurice Audin, jeune mathématicien qui travaillait à l’université d’Alger et militait pour l'indépendance algérienne. En juillet 2020, le Président décidait de la restitution de crânes d’Algériens, conservés depuis le XIXème siècle au Muséum d’histoire naturelle. > Lire la suite sur le site elysee.fr
SYNOPSIS.
1942, Paris est occupée par les Allemands. Younes, un jeune émigré algérien, vit du marché noir. Arrêté par la police française, Younes accepte d’espionner pour leur compte à la Mosquée de Paris. La police soupçonne en effet les responsables de la Mosquée, dont le Recteur, Si Kaddour Ben Ghabrit, de délivrer de faux-papiers à des Juifs et à des résistants. A la mosquée, Younes rencontre le chanteur d’origine algérienne Salim Halali. Touché par sa voix et sa personnalité, Younes se lie d’amitié avec lui. Il découvre rapidement que Salim est juif. Malgré les risques encourus, Younes met alors un terme à sa collaboration avec la police. Face àla barbarie qui l’entoure, Younes, l’ouvrier immigré et sans éducation politique, se métamorphose progressivement en militant de la liberté.
Depuis plusieurs mois, les tensions entre la France et l’Algérie font la une de l’actualité. Benjamin Stora, professeur émérite des universités et spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain, livre son regard sur cette situation et sur les pistes qui, à ses yeux, pourraient permettre de se positionner autrement face aux blessures d’un passé complexe, riche et tragique.
Dans sa thèse, soutenue le 15 octobre 2007, Tramor Quemeneur distingue trois périodes
Conférence internationale
Benjamin Stora. L’engagement de l’homme, l’œuvre de l’historien
Marseille, MUCEM, 31 mai 2018
Organisé par Pangée Network
L’EMPREINTE INCONTOURNABLE DE L’ALGERIE
C’est sous l’égide du président de la république française et en présence du maire de Marseille, de la ministre de l’enseignement supérieur, de l’ambassadeur de France à Alger, que s’est ordonné l’hommage au professeur Benjamin Stora à l’occasion de son départ à la retraite, une retraite actée, en vérité, depuis quelques années déjà.
Notre film vise à restituer les moments tragiques, difficiles, extraordinaire du passage à l’indépendance algérienne de juillet à septembre 1962.
Après le référendum du 3 juillet 1962, où une écrasante majorité d’algérien se prononce pour la séparation avec la France, commence une période intense de troubles, d’incertitudes qui ne met cependant pas fin à la guerre d’Algérie commencée sept ans plus tôt.
Pendant trois mois, de juillet à septembre, se succèdent et se mêlent les fêtes de l’indépendance et les enlèvements d’européens, les joies d’une liberté conquise par les Algériens et les douleurs de l’exil pour ceux que l’on avait appelé les « pieds noirs », les peurs d’une reprise de la guerre mais cette fois entre algériens (avec les affrontements entre maquisards de l’intérieur et militaires de l’armée des frontières), l’effroi devant les premiers massacres de harkis.
Film de Jean Michel Meurice et Benjamin Stora
DVD PAL Version Française, 52 min.
Production France 5 - Point du Jour / 2002
Le Président de la République, Emmanuel Macron, vient de déclarer que le mathématicien Maurice Audin, militant communiste en Algérie qui avait disparu en juin 1957, a été enlevé, séquestré, torturé, puis exécuté. Il a expliqué que cet acte avait été rendu possible par l’existence d’un système légalement institué : « le système arrestation-détention, mis en place à la faveur des Pouvoirs spéciaux qui avaient été confiés par voie légale aux forces armées à cette période ».
Plaidoyer pour un droit à l’espoir. De la cour d’assises à la banlieue. Le dialogue singulier d’une juge avec les jeunes des quartiers.
De Isabelle Rome, préface de Benjamin Stora
Paris, Ed Enrick B Editions. 2018.
L’œuvre de Benjamin Stora se confond pour partie avec la mémoire et l'histoire de la guerre d'Algérie. Un de ses grands thèmes de recherche, intimement lié à son parcours individuel tel qu'il le relate dans trois de ses ouvrages. Dans Les Clés retrouvées, il évoque son enfance juive à Constantine et le souvenir d'un monde qu'il a vu s'effondrer ; dans La Dernière Génération d'Octobre, son militantisme marqué très à gauche avec son cortège de désillusions. Les Guerres sans fin témoignent d'un engagement mémoriel qui se fonde sur une blessure collective et personnelle que seules la recherche et la connaissance historiques peuvent aider à panser.
Benjamin Stora a étudié en ce sens le rôle spécifique joué par les grands acteurs de ce conflit singulier. Dans Le Mystère de Gaulle, il analyse l'attitude de ce dernier lors de sa prise du pouvoir en 1958 et sa décision d'ouvrir des négociations avec les indépendantistes en vue d'une solution de compromis associant de manière originale la France et l'Algérie. Dans François Mitterrand et la guerre d'Algérie, écrit avec François Malye, il montre les contradictions de celui qui, avant de devenir un adversaire de la peine de mort, la fit appliquer sans hésiter en 1957 en tant que ministre de la Justice au détriment des Algériens. C'est enfin de la longue histoire des juifs en terre algérienne qu'il est question dans Les Trois Exils.
Cet ensemble, qui porte la marque d'un historien majeur, permet de mieux comprendre la genèse, le déroulement et l'issue d'une tragédie où se mêlent un conflit colonial livré par la France, un affrontement nationaliste mené par les indépendantistes algériens et une guerre civile entre deux communautés résidant sur un même territoire. Ce sujet, resté sensible pour nombre de nos compatriotes, continue d'alimenter des deux côtés de la Méditerranée des débats passionnés.
Éditeur : Robert Laffont
Date de parution : 19/03/2020
Collection : Bouquins
Format : 13cm x 19cm
ISBN : 2221246446
Nombre de pages : 1088
De la cohabitation heureuse à l’opposition frontale, les rapports entre juifs et musulmans composent un destin tumultueux. Un livre le retrace avec une noble ambition : rétablir par la connaissance de l’histoire un lien brisé par l’actualité.
Il fallait bien un ouvrage d’une telle consistance pour aborder en toute sérénité un thème aussi central qu’épineux. Un véritable pari, dû à la ténacité d’un éditeur chevronné, Jean Mouttapa, et à deux directeurs d’ouvrage aussi compétents qu’opiniâtres, Benjamin Stora et Abdelwahab Meddeb. On était en droit de craindre une orientation artificiellement consensuelle, destinée à
contourner les obstacles par un ton lénifiant, comme il est d’usage dans beaucoup de rencontres œcuméniques qui se terminent par un verre de sirop d’orgeat. Or il n’en est rien. Ce précieux volume n’occulte pas les divergences fondamentales, mais il les éclaire d’une connaissance profonde, en offrant de multiples ouvertures qui relativisent toutes les généralisations et balaient beaucoup d’idées reçues.
Le poids des groupes de mémoire

Sous la direction de Benjamin Stora, Guy Hennebelle et Mouny Berrah.
Tous films et téléfilms, français et algériens, confondus, c'est une centaine de longs métrages de fiction qui ont été consacrés sur les deux rives de la Méditerranée à la guerre d'Algérie. Ce volume analyse les grandes tendances qui les sous-tendent, sans négliger les documentaires.
En annexe, il fournit des index sur l'ensemble de la production algérienne et française sur le sujet. 11 propose aussi des regards multiples, français, algérien et même anglais sur un conflit qui a laissé des traces douloureuses et suscité une gamme de titres plus variée qu'on l'a dit parfois, et même quelques chefs-d'oeuvre.
Auteur : G. Hennebelle, M. Berrah
Editeur : Charles Corlet Eds (octobre 1997)
Collection : Cinemaction
ISBN : 2854809092
Spécialiste de l'histoire du Maghreb particulièrement reconnu pour ses travaux sur la guerre d'Algérie, Benjamin Stora est commissaire général de l'exposition que l'Institut du monde arabe consacre aux juifs d'Orient.
À travers 280 manuscrits, pièces d'orfèvrerie, peintures, vêtements et photographies, le parcours dévoile cette histoire plurimillénaire.
(...)
Monsieur STORA
Emile Temime a parlé de la re-création par rapport à l’inexistence de preuves visuelles. Un travail de création existe sur les bidonvilles, plusieurs films de fiction ont été réalisés dont deux me viennent à l’esprit. Le premier, "Vivre au paradis" de Boualem Gerdjou, sorti sur les écrans en 1999, est une re-création du bidonville de Nanterre dans les années 60 :
(1918-1993) Marthe Stora. Propos recueillis par Leila Sebbar
Je suis née à Constantine, en 1918. J'ai eu une enfance heureuse. Mon père tenait une bijouterie dans le quartier musulman. Nous habitions le quartier israélite, une belle maison. Dans la famille, on avait des terres à blé, du côté de ma mère.
Mes parents étaient de bons juifs. En Algérie, les juifs observaient. On a toujours observé. On était sept filles et un garçon. Les filles ne fréquentaient pas l'école religieuse. C'était réservé aux garçons. Ils apprenaient l'hébreu pour dire les prières en hébreu le jour de la communion. Nous les filles, non. On n'a jamais reçu d'instruction religieuse. On aidait ma mère à la cuisine, pour les rites juifs. Je fais la cuisine de chez nous, le couscous, les gâteaux. C'est ma mère qui m'a appris. On n'achetait jamais la pâtisserie, les cigares aux amandes, les makrouts, les gâteaux au miel; tout était fait à la maison. Aujourd'hui encore... mes enfants me demandent la cuisine de là-bas.
Transcription, par Taos Aït Si Slimane, de l’émission de France Culture, « La Fabrique de l’Histoire », par Emmanuel Laurentin, du mercredi 15 décembre 2010, qui avait pour thème, « Histoire de la guerre d’Algérie » / « Archives autour du Cinéma et la guerre d’Algérie »
Présentation sur le site de l’émission : Pour cette troisième émission de la semaine, nous écoutons de nombreuses archives tirées de films documentaires, d’actualité ou de fiction traitant de la guerre d’Algérie. Car, contrairement à une idée reçue, ce conflit a produit un grand nombre d’images, après le conflit mais aussi pendant.
La série des interviews exclusives que le bureau de La Nouvelle République à Paris avait consacrées avec des historiens Français de renommée internationale pour commémorer les massacres du 8 mai 1945 à l’image de Gilles Manceron, Olivier.
Le Cour Grandmaison s’achève aujourd’hui avec un autre ténor et spécialiste de la guerre d’Algérie l’imminent historien Benjamin Stora auteur faut-il le rappeler de ses derniers ouvrages « L’arrivée de Constantine à Paris 19621972 » paru aux éditions Tallandier au mois de septembre 2023 « Les Algériens en France en collaboration avec Nicolas Le Scanff (Une histoire de générations) qui parle
sous forme de bande dessinée de l’histoire de l’immigration Algérienne en France au XXe siècle paru aux éditions La découverte Septembre 2024.
Keywords Algérie, guerre d’indépendance algérienne, massacre
Par L’Express. Alexis Lacroix, publié le 16/07/2018
Benjamin Stora : "La vague de la fraternité va avoir son effet bénéfique, mais je ne suis pas certain qu'elle puisse durer. Les réflexes de xénophobie et de rejet ne vont pas disparaître comme par enchantement"
L'historien Benjamin Stora analyse la joie qui envahit les Français à l'annonce de la victoire de leur équipe de football.
Quels sont les principaux enseignements de l'incroyable spirale gagnante de l'équipe de France, ces dernières semaines ?
"Les années algériennes" est une série documentaire de 4h diffusée sur Antenne 2 en septembre-octobre 1991. Elle a été réalisée par Bernard Favre, produite par Philippe Alfonsi et conçue par Benjamin Stora.
Programmée au moment du trentième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, l'entreprise a nécessité deux ans de travail autour d'une centaine de témoins, de centaines d'heures de documents filmés (archives de l'INA et de l'ECPA). Il ne s'agit pas ici de raconter simplement la guerre d'Algérie, mais de la comprendre, sans excuser les différents acteurs. Tous les points de vue sont représentés, du soldat à l'immigré algérien, du pied-noir au harki. L'auteur, l’historien Benjamin Stora, a estimé qu'il était trop simple de juger ou condamner, mais plus instructif, et plus utile, d'analyser les responsabilités pour espérer se prémunir contre un mauvais futur. Peu de grands noms dans ce défilé des témoins et des acteurs. La parole est ici donnée aux anonymes qui ont vécu cette guerre au quotidien. Ils se confrontent à leurs souvenirs et à leurs oublis, et posent des questions : la haine, la violence, les bombes, les massacres étaient-ils évitables ? L'indépendance algérienne pouvait-elle se payer d’un prix moins lourd ? Des deux côtés de la mer, ces points d’interrogation continuent toujours de tarauder souterrainement plusieurs générations.
Série documentaire sur la guerre d'Algérie
De Benjamin Stora, Philippe Alfonsi, Bernard Favre et Patrick Pesnot.
Coproduction : Ina/France 2 - Nouvel Observateur - 1991 - 3 X 52 min.
Le 22 février 2019 débutait en Algérie un vaste mouvement pacifique de protestation contre le régime. L'historien Benjamin Stora en trace ici l'histoire immédiate : le récit est tissé au plus près de l'évènement en train de s'écrire. La narration de ce grand spécialiste du Maghreb et de l'Algérie prend ici toute sa dimension : confronter la longue durée au présent qui surgit. Nommer ce qui se produit et dire qu'il s'agit d'une révolution ! Les manifestations qui rassemblent chaque vendredi plusieurs millions d'Algériens se succèdent durant des semaines : toute une partie de la société civile qui s'était écartée du politique par lassitude et fatalisme se dresse alors ! Même certains Algériens installés en France se rendent dans leur pays pour cette occasion.
C'est le renouvellement de la candidature de Bouteflika qui a déclenché cette vague impressionnante et c'est à son départ que le mouvement parvient début avril 2019. Est-ce là l'écroulement d'un système ? que sera l'Algérie de l'après-Bouteflika ? L'Algérie, souvent tiraillée entre des mémoires douloureuses, trouvera-t-elle dans la voie démocratique la force d'unification nécessaire à sa destinée nouvelle ? C'est aussi une nouvelle page des relations entre l'Algérie et la France qui s'écrit...
Un historien de renom sur cette question d'actualité
Intervention de Benjamin Stora lors de la soutenance de thèse.
Le professeur Benjamin Stora, directeur de thèse, présente le travail de Mademoiselle Malika Rahal. Agée de 33 ans, agrégée d’histoire, M. RAHAL a réussi à faire sa thèse tout en étant enseignante dans différents lycées de la région parisienne. Elle a ensuite obtenu, pour terminer sa recherche, un détachement CNRS à l’Institut d’Histoire du Temps Présent ( IHTP ). Malika Rahal a publié différents articles, en France dans la revue du XX ème siècle et en Algérie dans la revue INSANIYAT. Elle a également organisé des colloques, dont celui sur « Les partis en situation coloniale », à l’IHTP/Paris I en 2007.
Pour son directeur de thèse, le travail de Malilka Rahal, comble une importante lacune : il n’existait pas jusqu’à présent, d’études sur l’Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA). Ce courant sort ainsi de « l’ombre », avec ses grands leaders comme Ferhat Abbas et Ahmed Boumendjel, ses militants, sa presse. L’étude permet ainsi de découvrir un parti, en fait véritable formation/front anti coloniale, qui bouscule, déstabilise le statu quo de la société algérienne fonctionnant sous la domination française. La mise en contradiction des principes républicains égalitaires avec le système colonial de ségrégation, participe de la fabrication d’une certaine politique algérienne moderne, celle d’un « républicanisme musulman ».
Par Catherine Simon
L’un et l’autre sont assez âgés pour avoir grandi, le premier à Tunis, le second à Constantine, dans des sociétés où la pluralité culturelle et religieuse était une donnée forte - ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Le philosophe Abdelwahab Meddeb, producteur de l’émission « Cultures d'islam» (France Culture), a été élevé, selon ses mots, dans une « ruche coranique» : son grand-père et son père enseignaient à la Zitouna, la grande et prestigieuse mosquée de Tunis, lieu de prière et d'études. Jeune garçon, lorsqu’il passait devant la synagogue, la « rumeur de la prière juive » lui rappelait la studieuse lecture du Coran. Quant aux professeurs juifs qu'il eut au collège, au lycée, puis à l’université, il en a gardé le souvenir de Tunisiens «vecteurs de la modernité », qui « initiaient [les élèves] à l'esprit critique, à la liberté ».
Par Clara Dupont-Monod
Son dernier livre retrace l'itinéraire des Juifs d'Algérie, s'inspirant de sa propre famille. C'est en historien et en homme engagé que Benjamin Stora combat, depuis trente ans, l'amnésie qui entoure le destin de sa terre natale.
Une cordialité chaleureuse alliée à une énergie combative : voilà ce qui pourrait résumer Benjamin Stora. Avec comme grand combat celui des mémoires. Pour elles, il ne s'embarrasse d'aucune manière. Assis devant son bureau de bois, dans un appartement de la banlieue parisienne, Benjamin Stora fait un sort aux formules compassées. Il dit "choper", "bouffer", "ça chauffe tous azimuts". Il vibre, rougit, jubile, il s'emporte et se rassied, infatigable pourfendeur d'oubli.
Cet ouvrage sur la mémoire de la guerre d’Algérie a été rédigé en 1990-1991. Trente ans après l’indépendance de l’Algérie, j’ai tenté de montrer comment cette guerre ne se finissait pas, dans les têtes et dans les cœurs. Parce que, de part et d’autre de la Méditerranée, elle n’a pas été suffisamment nommée, montrée, assumée dans et par une mémoire collective.
Sous la direction de Benjamin Stora, Jean Pierre Rioux et Laurent Gervereau.
Broché: 320 pages
Editeur : La Découverte (10 avril 1992)
Collection : Collection des publications de la BDIC
Langue : Français
ISBN-10: 2707121320
ISBN-13: 978-2707121325
Juifs du Maghreb entre Orient et Occident : dossier / [préface de Benjamin Stora]
Date : 2005
Langue : français
Pays : France
Editeur : Paris : Commission française des archives juives : les Belles lettres, 2005
Description : 1 vol. (p.p. 4-123) : ill. ; 23 cm
ISBN : 2-251-69420-X (br.)
Comment refermer les plaies de ce conflit ? L’historien Benjamin Stora, qui a rendu en janvier 2021 un rapport au Président Emmanuel Macron pour une réconciliation franco-algérienne, revient sur une autre guerre, celle de la mémoire.
GEO Histoire : Quelles ont été les spécificités de l’Algérie française et son conflit ?
Benjamin Stora : Deux points importants sont à souligner. Tout d’abord, l’Algérie faisait partie intégrante de la France. De 1848 jusqu’à 1962, ce territoire était constitué de départements. Un modèle unique dans l’histoire de la colonisation française.
L’Algérie était administrée par le ministère de l’Intérieur. Elle relevait donc du territoire français, au même titre que la Bretagne, la Savoie ou la Corse. Il était donc inimaginable de s’en séparer. Ensuite, ce morceau de France était un paradoxe absolu. Les musulmans, population majoritaire, n’avaient pas les droits du citoyen français.
Dans les difficiles rapports franco-algériens, la question de la mémoire et de l’écriture de l’histoire figure parmi les questions les plus difficiles. Le problème de la restitution des archives d’Algérie n’est toujours pas réglé. Après l’indépendance de 1962, une grande majorité des archives ont été emportées en France et déposées au centre de recherches d’Aix- en-Provence.
L’historien Benjamin Stora, auteur d’un rapport sur les questions mémorielles franco-algériennes remis à Emmanuel Macron en janvier 2021, revient sur l’annonce de la création d’une commission mixte d’historiens. Il souligne l’importance du partage des archives multiples.
Le festival de Pessac souligne un paradoxe : moins nombreux que ceux sur l'Algérie, les films sur la guerre d'Indochine sont plus renommés. Décryptage.
« Indochine », de Régis Wargnier, Oscar du meilleur film étranger en 1993.
«La fin des colonies », c'est le thème du 21e festival du film d'histoire de Pessac, qui se poursuit jusqu'au 22 novembre. En toute logique il accorde une grande place aux deux guerres de décolonisation qu'a connues la France entre 1946 et 1962. L'occasion de constater que, au cinéma comme ailleurs, les guerres d'Indochine et d'Algérie ne laissent pas les mêmes traces. Explications avec Benjamin Stora, historien, spécialiste des relations franco-algériennes, auteur de plusieurs documentaires et conseiller historique du film « Indochine ».
Tous les jours, à 18h50 (heure de Paris), Patrick Simonin reçoit les personnalités qui font l'actualité sur TV5MONDE.
Dès mardi 16 septembre 2025 sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d'ARTE.Près de dix ans après Les Promesses du sol, série documentaire dans laquelle il rendait hommage à la scène hip-hop parisienne, vibrante, éclectique et audacieuse, Raphaël Stora, 40 ans, décide de remonter sur scène et de renouer avec la danse qu’il avait abandonnée pour la réalisation. Mais ce retour ne se fait pas sans heurts : le corps résiste, la scène a évolué, et l’exigence de virtuosité semble plus forte que jamais.
Jeudi 29 Mars, l’historien Benjamin Stora a donné une conférence sur un sujet actuel brûlant : “Migration, chance ou infortune ?”. Invité par l’association Maison Albert Londres, le spécialiste du Maghreb a tenté de répondre aux nombreuses questions dans une salle des fêtes pleine.
> http://www.terrainactus.fr/conference-limmigration-en-france-interesse-a-vichy/
Histoire Sétif
Mai 1945 marque un tournant, rappelle l’historien Benjamin Stora, en favorisant l’émergence d’une nouvelle génération de nationalistes algériens, favorables à la lutte armée.
Dans quel contexte surviennent ces massacres ?
De Renaud de Rochebrune et Benjamin Stora.
Peut-on raconter autrement l'histoire de la guerre d'Algérie ? L'ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu'elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s'ouvre avec l'assassinat d'Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d'Alger, et va jusqu'à l'indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu'elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects de la guerre prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l'aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l'été 1962, mais dont les conséquences se font sentir jusqu'à aujourd'hui.
448 pages + 16 p. hors texte, 22 ill., 150 x 230 mm
ISBN : 9782207111925 / Gencode : 9782207111925
Code distributeur : B26327
Thèmes : histoire / politique, économie
Collection Médiations
Parution : 13-10-2016
Compte rendu de la soutenance de thèse dans le quotidien El Watan. Edition du 19 mai 2008
Guerre d’indépendance de l’Algérie
L’image, source et objet de recherche historique
Etudier une période historique donnée par la photographie, c’est le choix novateur fait par Marie Chominot pour sa thèse de doctorat en histoire, sous la direction de Benjamin Stora, professeur à l’Institut national des langues et civilisations orientales, qu’elle a soutenue mercredi dernier.
La photo est en effet encore une source inhabituelle dans l’univers de l’historien. La jeune chercheuse, qui a étudié « la photographie pour la guerre » et non « la photo de la guerre », a présenté le résultat de six ans d’investigations, de consultations, de collecte et d’analyse d’archives photographiques en France et en Algérie sous l’intitulé de « Guerre des images, guerre sans images ». Pratiques et usages de la photographie pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954 - 1962). Un travail salué par l’ensemble du jury présidé par Omar Carlier, professeur à l’université Paris VII, comme « un travail exceptionnel », « d’une très grande honnêteté », « rigoureux ». Dans un résumé succinct de sa thèse, — trois volumes dont un consacré à 1200 photos dont certaines sont inédites —Marie Chominot explique que « pendant la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), conflit qui n’a pas officiellement le statut de guerre, les deux camps en présence incluent la photographie dans des stratégies de légitimation et de communication complexes, mettant en œuvre une véritable politique images…
Une polémique à propos d'une exposition à Aix-en-Provence, une campagne anti-Camus en Algérie… L'auteur de L'Homme révolté présente pus d'aspérités que sa légende ne le laisse penser.
Un paradoxe sur lequel débattent le député Henri Guaino et l'historien Benjamin Stora.
Henri Guaino est l'auteur d'un «discours imaginaire» sur l'entrée de Camus au Panthéon, tandis que Benjamin Stora publie, avec Jean-Baptiste Péretié, un essai où il revient sur les polémiques récentes autour de l'écrivain né le 7 novembre 1913, il y a cent ans.
Dans le passé, Benjamin Stora a beaucoup écrit sur la mémoire, ses failles, ses rejeux, ses déplacements et son exil, surtout, de part et d’autre de la Méditerranée. Mémoire collective de la (dé)colonisation, France-Algérie, guerre sans nom. S’il fallait ne donner qu’une référence, ce serait bien sûr La Grangrène et l’oubli (1991,1998 La Découverte Poche). Ici, néanmoins, on aura une préférence pour Le Transfert d’une mémoire (La Découverte, 1999), dont le titre annonçait discrètement une prochaine libération de la parole intime .
Voila qu’aujourd’hui, en effet –glissement aussi crucial que périlleux-, Stora se fait l’historien de sa propre mémoire : dans La Dernière génération d’Octobre (Stock, « Un ordre d’idées, 288 p, 20€), pour la première fois, sans toujours pouvoir s’y tenir, il dit « je ». Et raconte son enfance au 2, rue Grand, à Constantine (la « Jérusalem du Maghreb », l’exil familial en juin 1962, les épousailles avec la République, enfin, par l’entremise de l’espérance révolutionnaire.
Car si pour l’enfant Stora, la France, ce fut d’abord l’Algérie (1870, décret Crémieux : les juifs d’Algérie sont citoyens français), pour Stora adolescent, au cœur des années 1960, c’est l’engagement dans le mouvement trotskiste qui tiendra lieu de passeport national.
L'Algérie oubliée : images d'Algérie (1910-1954) / Gérard Guicheteau, Marc Combier ; Préface de Benjamin Stora
Date : 2004
Langue : français
Pays : France
Editeur : Paris : Acropole, 2004
Description : 1 vol. (207 p.) : ill., couv. et jaquette ill. en coul., ; 31 cm
ISBN : 2-7357-0250-2 (rel.)
Spécialiste de l’histoire de l’Algérie, où il est né en 1950, Benjamin Stora a rédigé un rapport en janvier 2021 sur les questions mémorielles liées à la guerre d’Algérie. L’historien décrypte ce conflit complexe.
Organisé par l’Académie des Sciences et l’Institut français de Moscou.
Le déclenchement d’une querelle.
Au début de l’année 2010, une proposition de loi visant à « criminaliser le colonialisme » a été déposée par des députés algériens. Cette loi se voulait comme une réponse à la loi française vantant le « rôle positif de la colonisation », adoptée le 23 février 2005 par l’Assemblée nationale française.
Une cinquantaine de films français et étranger, sur le thème de la fin des colonies, seront projetés au Festival du film d’histoire de Pessac. On y verra des documentaires, et des films de fiction, sur guerre d’Indochine, les indépendances africaines ou la guerre d’Algérie.
« Comment a-t-on pu atteindre un tel niveau de déliquescence, cinquante ans après, du “soleil” de 68 au crépuscule du PS ? » se demande Benjamin Stora. De cette question est né ce livre, écrit en témoin et historien. Stora appartient en effet à ce courant de l’après-68 qui, après s’être engagé dans l’extrême-gauche trotskiste, est entré au parti socialiste. Il revient sur cette histoire à travers la sienne : l’engagement révolutionnaire vécu comme une libération en arrivant d’Algérie, puis l’entrée au PS, en 1986, avec l’illusion d’y poursuivre les mêmes batailles politiques. Un drame familial l’éloignera finalement du militantisme. Benjamin Stora porte un regard lucide sur ce qu’il n’a pas toujours vu en temps et en heure : les erreurs ou les dérives de certains. Cet examen de parcours est ponctué de rencontres, avec Jospin, Cambadélis ou Mélenchon.
Au delà des souvenirs et des anecdotes surprenantes, ce livre offre une analyse éclairante sur la façon dont le parti socialiste a d’abord « absorbé » les aspirations de 68 à changer la vie, avant de les étouffer. Pour finir lui-même à bout de souffle. Benjamin Stora, historien, professeur des Universités et président du conseil d’orientation du Musée de l’immigration, est l’auteur de très nombreux ouvrages, dont, chez Stock : La Dernière Génération d’octobre (2003), Les Trois Exils. Juifs d’Algérie (2006), Les Guerres sans fin (2008) et Les Clés retrouvées (2015).
Editeur Stock
Date de parution 07/03/2018
Collection Un Ordre D'idees
EAN 978-2234081826
ISBN 2234081823
Nombre de pages 252
À 40 ans, Raphaël Stora, réalisateur et fils de l’historien Benjamin Stora, ravive sa passion pour la danse hip-hop. Avec sa caméra il explore son passé et ses liens familiaux tout en filmant ses pairs, dont les corps en mouvement résonnent avec ses questionnements intimes.
Près de dix ans après Les promesses du sol, série documentaire dans laquelle il rendait hommage à la scène hip-hop parisienne, Raphaël Stora décide de remonter sur scène et de renouer avec la danse qu’il avait abandonnée pour la réalisation. Mais ce retour ne se fait pas sans heurts : le corps résiste, la scène a évolué et l’exigence de performance semble plus forte que jamais. Le quarantenaire exprime ses difficultés à se sentir légitime dans ce "monde de virtuoses". Que ce soit au festival Summer Dance Forever d'Amsterdam, l'un des battles de danse les plus prestigieux au monde, sur la pièce de la chorégraphe Mounia Nassangar ou dans un battle de waacking, tous ont en commun de danser avec l'urgence de dire quelque chose.
Au travers de son histoire personnelle, l'historien Benjamin Stora analyse le déclin socialiste à partie des années 1980.
Intervention de Benjamin Stora lors de la soutenance de Thèse.
Le directeur de recherches, Benjamin Stora, Professeur d’Histoire du Maghreb à l’INALCO, présente le travail de madame Naima Yahi. Il indique en introduction de son propos que les études universitaires sur l’immigration algérienne en France ont jusqu’à présent trop souvent oscillé entre deux pôles : l’histoire sociale, avec les descriptions et analyses autour des systèmes de mise en place de l’exploitation sociale ; et l’histoire politique, celle des organisations et des institutions, avec, au centre, la séquence considérée comme inaugurale de la guerre d’Algérie, où sont mis en lumière les tragiques affrontements entre militants nationalistes algériens. Avec la thèse de Yahi Naima, il est cette fois question d’une autre histoire, jamais appréhendée, une histoire culturelle, celle des artistes algériens vivant en France, au-delà de la date fatidique de 1962, moment peu étudié par les chercheurs français. Ce travail de recherche s’arrête à la date de 1987.
Par Martine GOZLAN - Marianne
A l'initiative d'Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora, une passionnante et rigoureuse "Histoire des relations entre juifs et musulmans des origines à nos jours" fait table rase des préjugés.
Si les hommes prenaient la peine de se pencher sur l'histoire, ils se haïraient moins. Pas n'importe laquelle, attention. Pas l'histoire tronçonnée par l'idéologie, ni récrite ou embellie par la démagogie. Simplement la grande histoire, celle qui court de siècle en siècle, mêlant dans son flot les alluvions de la haine et du désir, de la proximité et de l'éloignement, de la rivalité et de la fraternité. L'historien Benjamin Stora et le poète Abdelwahab Meddeb ont voulu relever ce défi à l'aune d'une saga qui leur colle à la peau, aux mots, au cœur : celle des juifs et des musulmans.
Rédigé par Patrick Girard
Spécialiste éminent de l'histoire du Maghreb, Benjamin Stora, né à Constantine en 1950, est le meilleur connaisseur des rapports, complexes et singuliers entre la France et l'Algérie, ses deux patries. Cet érudit inquiet et scrupuleux, qui pourfend la langue de bois et les clichés, fut aussi un militant très engagé, membre de l'AJS et de l'OCI, la branche lambertiste du trotskisme français, jusqu'en 1986. Cet itinéraire qu'il raconte dans un livre de mémoires dont le style époustouflant mélange allègrement le souffle de Léon Davidovitch et la poésie lyrique et ensoleillée d'Albert Camus. Ceux qui attendaient des révélations sur le trotskisme de Lionel Jospin en seront pour leurs frais.
Stora, détenteur de nombreux secrets delà quasi-«secte»trotskiste, ne donne pas dans le sensationnel ou le people. Il se fait le chroniqueur lucide de sa génération, de la nôtre, avec une rigueur qui n'exclut pas la tendresse et cet optimisme propre aux Méditerranéens. Dans cette rentrée littéraire, où l'on cultive le désespoir et le spleen chic, son livre est un petit bijou, car Stora a la suprême élégance de ne rien nier, de ne rien renier. Une manière raffinée de se réconcilier avec lui-même
*La Dernière Génération d'Octobre, Stock, 288 p., 20 € - Réédition en poche, collection Pluriels, Edition Hachette.
Mohamed El Korso, l’un des initiateurs de la fronde des historiens algériens contre les « entraves » dans l’accès aux archives, dénonce une pratique « administrative de nature coercitive ».
La bataille de France : la guerre d'Algérie en métropole / Linda Amiri ; Préf. de Benjamin Stora
Date : 2004
Langue : français
Pays : France
Editeur : Paris : Le Grand Livre du Mois, 2004
Description : 235 p. : couv. ill. ; 24 cm
ISBN : 2-7028-9859-9 (rel.) : 19 EUR
Note : Ed. réservée aux adhérents du club Le Grand Livre du Mois. - Rééd. de : Paris, R. Laffont, 2004
Des « lois mémorielles » en débat.
Dans quelle mesure peut-on légiférer sur la mémoire, le pardon, la réconciliation ? Faut-il défendre un droit à l’oubli, et qu’en est-il alors d’un droit à la mémoire ? Quel rôle peuvent jouer les lois incitant à reconnaître des crimes passés, dans la protection et la promotion des droits de l’homme ? Loi réprimant la négation de l’extermination des populations juives en 1990, loi reconnaissant le génocide arménien en 2201, loi condamnant l’esclavage comme un crime contre l’humanité en 2001…
Introduction
La parution des Mémoires de Messali Hadj[1] couvre la période qui va de sa naissance à son emprisonnement à la prison Barberousse d'Alger, peu après la création du Parti du Peuple Algérien (1898-1938). Cette publication a attiré l'attention des critiques littéraires, historiens, ou jeune génération d'algériens prenant connaissance de l'itinéraire de celui qui osa un des premiers manier le mot d'ordre, alors brûlant, d'indépendance pour l'Algérie.
Rendant compte du livre, Laurent Theis a pu écrire dans Le Point :« En 1962, et même en 1954, l'indépendance de la nation algérienne n'était pas une idée neuve. Elle avait trouvé sa première expression politique en février 1927, lors d'un congrès à Bruxelles par la voix d'un jeune tlemcénien de 29 ans, président de l'étoile nord africaine, Messali Hadj. Ses Mémoires dont sont publiés aujourd'hui les extraits les plus significatifs, mettent à nu cette genèse de l'idée nationale. Voici en effet à travers ce document exemplaire par son style même, un autre visage, le moins connu, de l'Algérie encore française : celle qui n'attend rien de la France, le pays étranger et trop différent »[2].
« C'est nous les Africains qui revenons de loin », s'époumonaient jadis les coloniaux. La gauche revient d'à peine plus près, selon l'historien Benjamin Stora, qui publie avec le journaliste (collaborateur du Point) François Malye: François Mitterrand et la guerre d'Algérie (Calmann-Lévy, 308 p., 18€). Il s'agit de la version imprimée d'une enquête dans les archives et auprès de survivants ayant donné lieu à un documentaire que diffusera, sous le même titre, France 2, jeudi 4 novembre vers 23h. Mediapart le présentera en avant-première à Paris (Espace Confluences), lundi 25 octobre à 19h.
Quelles cicatrices a laissé la colonisation française ? Que doit faire la France pour guérir ces maux ? Doit-elle s’excuser ?
Cet échange comprend Pascal Blanchard, historien, spécialiste du « fait colonial » et des immigrations, chercheur-associé au CRHIM et co-directeur du Groupe de recherche Achac sur les représentations, les discours et les imaginaires coloniaux et postcoloniaux, et Benjamin Stora, docteur en Histoire et en Sociologie, ancien Président du Musée national de l’histoire de l’immigration.
Notice : STORA, Benjamin (né en 1950), in Dictionnaire de la guerre d’Algérie, Paris, Ed Laffont, collection « Bouquins », 2022.

Benjamin Stora est assurément l’historien le plus reconnu sur l’histoire de la guerre d’indépendance algérienne, de la colonisation et des mémoires de cette période. Né le 2 décembre 1950 à Constantine dans une famille juive d’Algérie, il est le témoin de violences pendant la guerre d’indépendance algérienne. Ses parents s’exilent en France en juin 1962, ce qui conduit à un déclassement familial : la famille vit à Sartrouville, sa mère travaillant à l’usine. Lui subit des quolibets quant à son accent. La politique constitue un très puissant moyen d’intégration : à 17 ans, au moment de Mai 1968, il s’engage dans l’Organisation communiste internationaliste (OCI), parti trotskiste de tendance lambertiste fondé en 1953. Il devient un militant de premier plan au cours des années 1970, ce qu’il raconte dans La dernière génération d’octobre. Bien qu’il suive certains de ses camarades au Parti socialiste après la victoire de François Mitterrand, il s’éloigne de la politique à la fin des années 1980, à la suite du décès de sa fille emportée par un cancer à l’âge de 12 ans.
Il y a quarante ans, le 18 mars 1962, étaient signés les accords d’Evian entre les délégués des gouvernements français et ceux du FLN. Ils mettaient fin à la guerre et acceptaient l’indépendance de l’Algérie. L’historien Benjamin Stora revient sur cet événement.
De Xavier Le Clerc, écrivain (Le pain des français, Ed Gallimard) :
« Je sors de ce film bouleversé.
La mémoire de Cécile qui imprègne les mouvements syncopés de la danse urbaine, du mime en quelque sorte qui joue entre le visible et l’invisible. N’est ce pas au fond un film sur les fantômes? Ces êtres sans corps qui nous traversent comme de l’électricité.
C’est un film sur la guerre d’Algérie, aussi. Les battles, ces combats symboliques, en l’occurrence avec ou contre des danseurs Arabes. Ta présence, en tant que père historien mais aussi en tant qu’ enfant de l’histoire. Et la ritournelle de l’exil de jouer à nouveau sa triste musique durant la décennie noire comme si au fond, il fallait toujours avancer, toujours bouger.
La vraie source du mouvement permanent, de la danse se révèle alors enfin. Raphaël s’enivre du mouvement devant un miroir comme tu te noyais dans le travail pour ne pas choisir entre la gangrène et l’oubli.
Refuser l’immobilité comme l’on refuse la mort. »
Autoportrait sur fond de désenchantement historique, ou petit traité d'histoire contemporaine mêlé de souvenirs intimes, 68, et après, texte vif et sensible, pourrait aussi se décrire comme la lutte d'un homme avec sa propore mélancolie.
Résumé de la thèse.
Dans cette thèse, l’auteure aborde la question de l’émergence de la nation algérienne à travers l’étude des manuels scolaires algériens, conçus, édités et diffusés par le ministère algérien de l’Education nationale. Pour aboutir à ce travail, la traduction des manuels faits en langue arabe, depuis 1962 à 2008, a été réalisée. Ceux d’histoire ont été choisis, pour ce qu’ils véhiculent la mémoire des grands évènements tant nationaux que contemporains, que d’autres pays qui ont eu une influence sur le territoire, le peuple, l’Etat putatif, ou la nation algérienne présente, ou en cours d’élaboration, tant dans les temps anciens que dans le temps présent.
La littérature historique, politique, sociologique, psychologique et éducative a été abondamment utilisée, car elle éclaire certains pans de l’histoire, trop superficiellement abordés dans les manuels. Elle a offert une perspective relative sur la nature et la qualité du message véhiculé par le manuel, mais aussi, sur l’instrumentalisation qui en est faite par le pouvoir, pour fonder sa légitimité autour de la « légitimité révolutionnaire » acquise au cours des luttes politiques et armées, pour la libération du pays. La participation à cette œuvre nationaliste est empreinte de mystique religieuse dans le choix des mots désignant le sacrifice du shahid, ou la guerre confondue avec le djihad religieux qui a permis de mobiliser les masses et a facilité l’inculcation des valeurs arabo islamiques. L’adhésion au mouvement afro asiatique qui n’a pas lésiné sur son soutien à la diplomatie algérienne, qui a su mobiliser contre le colonialisme français; ainsi que la solidarité conséquente avec les peuples qui luttent pour leur libération de l’oppression coloniale, ont donné une aura à la voix de l’Algérie, qui fut un modèle de lutte et de sacrifice, durant la longue guerre de libération nationale.
Cette nation algérienne, auprès des pays d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et principalement des pays arabes, représente un modèle réussi de lutte d’émancipation par la guerre de libération nationale. Les algériens en tirent un motif de fierté que tentent de transmettre les manuels, à leurs élèves, pour les unir autour des chantiers de construction de la nation et donc autour d’objectifs à long terme, de développement, pour accepter le sacrifice de la sueur après celui du sang, voire, pour accepter la dureté de la vie actuelle, dans un pays ruiné par les colonialismes.
Médiapart, 22 octobre 2013 | Par Joseph Confavreux.
Pour rouvrir quelques pistes de compréhension mutuelle, sans irénisme ni fatalisme, une somme politique, pédagogique et scientifique, en forme d’histoire longue des relations entre juifs et musulmans, fait le récit d’une cohabitation de quatorze siècles.
Pourquoi Malek Jaziri, le meilleur joueur de tennis tunisien, a-t-il dû, au début de ce mois, refuser d’affronter, lors d’un quart de finale du pas très fameux tournoi de Tachkent, son camarade de club, partenaire de double et ami, l’Israélien Amir Weintraub ?C’est l’une des rares questions auxquelles ne répond pas l’encyclopédique Histoire des relations entre juifs et musulmans des origines à jours, qui vient de paraître aux éditions Albin Michel, même si elle fournit les clés pour comprendre comment, en quatorze siècles, des communautés qui furent si proches ont divergé au point de ne pas, selon la fédération tunisienne de tennis, pouvoir partager un court de tennis officiel.
PLUS LOIN AVEC… – Chaque dimanche, interview au long cours avec un acteur ou un observateur de notre époque. Aujourd’hui, l’historien Benjamin Stora, qui a récemment rendu un rapport au chef de l’État pour aider à la réconciliation franco-algérienne – que les éditions Albin Michel viennent de publier.
Memoria(s) de Argelia : la literatura francófona - argelina y francesa - al servicio de la historia / estudio, edición y notas de Bénédicte Vauthier ; prefacio de Benjamin Stora
Date : 2004
Langue(s) : espagnol ; castillan
Pays : Espagne
Editeur : Madrid : Universidad Autónoma de Madrid, 2004
Description : 1 vol. (316 p.) ; 24 cm.
ISBN : 84-7477-925-1
Annexes : Bibliogr. pp. 313-316
Appartient à la collection : Coleción de estudios (Universidad Autónoma de Madrid), ISSN 1577-1806 ; 94
Benjamin Stora, avec Alexis JenniRéflexions de l'historien sur le racisme dans la société française contemporaine, hérité du passé colonial de la France, et sur la nécessité de se débarrasser de cette image dépassée pour pouvoir affronter les enjeux du monde moderne.
Elles sont précédées d'un dialogue avec A. Jenni dans lequel sont évoquées notamment les attaques terroristes qui ont frappé la France en 2015. ©Electre 2016
Les mémoires dangereuses : de l'Algérie coloniale à la France d'aujourd'hui
Le transfert d'une mémoire : de l'Algérie française au racisme anti-arabe de Benjamin Stora avec Alexis Jenni
Albin Michel Paris , collection Documents , (décembre 2015), 232 pages , 18 €
A peine a-t-il été montré à quelques personnes, dans le cadre du festival de Cannes, que Hors-la-loi a suscité une première polémique très idéologique. Depuis, les choses se sont décantées : des historiens ont pu visionner le film de Bouchareb.
Par Jeanne Auberger
En juin dernier étaient célébrés les cinquante ans de la mort de Messali Hadj, grande figure de la lutte indépendantiste algérienne. Personnage peu connu en France, il aurait pu l'être bien davantage de l'autre côté de la Méditerranée. Pourtant, l'Algérie s'est toujours bien gardée de glorifier ce héros national. Et pour cause, il fut le grand rival du FLN qui mena une vraie vendetta contre ses partisans et finit par l'évincer.
Considéré comme le père du nationalisme algérien, Messali Hadj disparaissait en 1974 dans la relative indifférence d'Alger. Cinquante ans plus tard, à l'occasion de l'anniversaire de sa mort, le pouvoir algérien ne semble toujours pas ému. Pourtant, il est indéniablement l'un des grands personnages de l'Histoire algérienne qui aurait pu ériger en héros national. Né en 1898 à Tlemcen, dans le nord de l’Algérie, Messali Hadj grandit dans un milieu arabo-musulman et fréquente une confrérie religieuse ainsi que l’école française. Il fait son service militaire en France pendant la Première Guerre mondiale et gravit quelques échelons militaires, avant de rentrer en Algérie en 1920 où il suit l’émir Khaled, petit-fils de l’émir Abd el-Kader qui a mené les premières insurrections contre les Français au XIXe siècle.
Dans les difficiles rapports franco-algériens, la question de la mémoire et de l’écriture de l’histoire figure parmi les questions les plus difficiles. Le problème de la restitution des archives d’Algérie n’est toujours pas réglé. Après l’indépendance de 1962, une grande majorité des archives ont été emportées en France et déposées au centre de recherches d’Aix- en-Provence. Puisque l’Algérie c’était trois départements français et non pas un protectorat, ces documents - qui traitent de l’urbanisme ou de la surveillance des partis algériens, de l’organisation de la vie dans les campagnes ou des opérations militaires menées par l’armée pendant la guerre d’Algérie - sont considérés comme des archives de souveraineté par la France. Il n’y a donc jamais eu de restitutions d’archives, réclamées par les gouvernements algériens qui se succèdent depuis cinquante ans.
L'enfant séfarade de Constantine Benjamin Stora est devenu historien et a consacré l'essentiel de son travail à l'Algérie, qu'il a quittée en 1962, à 12 ans. Militant engagé, il combat avant tout l'oubli qui entoure son pays natal sa mère Marthe rêvait qu'il fût dentiste. Ou qu'il fît, du moins, partie des " gens bien arrivés ", se souvient Annie, la soeur aînée. Gagné. C'est d'ailleurs à ses parents, déclassés et appauvris par le départ d'Algérie, en 1962, que Benjamin Stora a rendu hommage, le 14 juillet 2009, quand il a été décoré de la Légion d'honneur. A eux aussi que sont dédiés Les Trois Exils. Juifs d'Algérie (Stock, 2006), l'un de ses derniers livres, parmi la trentaine d'ouvrages publiés par le prolifique historien.
Benjamin Store, président du conseil d'orientation du musée national de l'Histoire de l'immigration, évoque, dans "68, et après. Les héritages égarés", cinquante ans de combat politique. Entretien et extraits.
Propos recueillis par Alexis Lacroix.
Intervention de Benjamin Stora à la soutenance de la thèse de Mademoiselle Bénédicte Roy.
Le professeur Benjamin Stora, directeur de la thèse de Bénédicte Roy, commence son intervention en rappelant qu’il a dirigé ce travail sur recommandation de Madame Djamila Amrane, professeur à Toulouse, qui ne pouvait plus pour des raisons de santé suivre cette doctorante. Benjamin Stora se félicite de l’achèvement de ce travail d’histoire sur le « Groupe d’Oujda, entre mythes et réalités » qui, selon lui, présente une triple originalité.
Cette démarche est originale parce que, d’abord, elle poursuit l’étude de l’histoire de l’Algérie contemporaine dans l’après 1962. Trop souvent, en France, l’indépendance de l’été 1962 marque une fin dans l’investigation historique sur l’Algérie. Ce pays intéresse peu après sa « séparation » avec la présence française, et les travaux universitaires se font rares. Il est vrai que la version donnée par l’Etat algérien de sa propre histoire n’encourage pas les chercheurs de toutes nationalités à poursuivre les investigations historiennes. Et c’est l’un des mérites de Bénédicte Roy d’avoir tenté de se démarquer des récits officiels proposés par les pouvoirs en place en Algérie. La seconde originalité tient au fait que l’auteure s’est efforcée de pénétrer dans les arcanes compliquées du système politique algérien, toujours très opaque, difficile d’accès. Elle a accompli son travail en suivant et en établissant les parcours des personnages les plus emblématique de ce fameux « groupe d’Oujda » désigné comme les détenteurs occultes du pouvoir en Algérie. Apparaissent ainsi au fil des pages les figures de Houari Boumediene, Kaid Ahmed, Abdelaziz Bouteflika ou Mohamed Lemkani. Ces hommes forment le groupe qui se soude pendant la guerre d’indépendance algérienne livrée contre la France, et se renforce après l’indépendance. Bénédicte Roy montre que ces hommes vont être les artisans principaux de la mise en place d’un système autoritaire, d’enfermement répressif de la société algérienne. La troisième originalité est celle de la tentative d’écriture de l’histoire des représentations, d’examen critique des mentalités dans la classe politique algérienne de l’après 1962, à travers la fabrication d’un mythe, celui d’un « Groupe d’Oujda » agissant dans l’ombre dans la conquête et l’exercice du pouvoir. Cette thèse apparaît ainsi comme une contribution neuve à la connaissance des mythes fondateurs de la nation algérienne actuelle. L’histoire des mythologies fondatrices d’une nation reste encore un sujet peu étudié dans les pays du Maghreb, et le reste du monde arabo-musulman, relève Benjamin Stora.
