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Scénarios indochinois de l’après guerre. L’isolement, l’autre invisible.
Le 28 avril 1956, le haut commandement français en Indochine est dissous, les dernières troupes du corps expéditionnaire s’embarquent à Saigon. Ce départ marque la fin d’un siècle de présence française dans cette ville conquise par les marins de l’amiral Rigault de Genouilly, le 17 février 18591 . Une armée plus tard,
Nous revenons dans cet entretien sur la singularité du rapport de l’historien Benjamin Stora aux archives. Né en Algérie en 1950, spécialiste de l’histoire de la guerre d’Algérie, de l’immigration maghrébine en France et des questions mémorielles liées à la colonisation française en contexte maghrébin, l’originalité de la démarche archivistique de l’historien s’exprime notamment à travers le rôle de son engagement politique dans son rapport aux archives au long cours. A travers cinquante ans de pratique et de réflexion sur la multiformité des archives, sur le(s) territoire(s) des archives (archives écrites/orales, archives dissidentes/archives militantes, archives visuelles, archives étatiques, archives autobiographiques et archive-fiction) et sur la dialectique de l’archive, c’est autant l’historien qui cherche et trouve l’archive que l’archive qui trouve l’historien, a fortiori après la publication de La Gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie (1991) qui lance la trajectoire médiatique de l’historien.
De BENJAMIN STORA et SÉBASTIEN VASSANT
Un des meilleurs historiens de la guerre d’Algérie et un talentueux auteur de bande dessinée unissent leur passion et leur savoir-faire pour proposer la première histoire dessinée de la guerre d’Algérie.
Voici un récit vivant, à multiples points de vue, qui intègre les acquis de la recherche la plus récente et n’occulte rien des horreurs du conflit ni des déchirements qui le traversent. Et qui mobilise toutes les ressources de la narration graphique pour donner la parole à ses acteurs, restituer ses enjeux, ses atmosphères et ses paysages, d’une manière novatrice et accessible à
tous. Une initiation sans équivalent à une guerre dont les blessures ne sont pas encore refermées.
Né à Constantine, en Algérie, en 1950, BENJAMIN STORA est l’auteur d’une trentaine de livres et de nombreux documentaires qui font référence. Il préside le conseil d’orientation du musée national de l’Histoire de l’immigration. Son combat de toujours a été de faire toute sa place à la diversité des mémoires du conflit, des deux côtés de la Méditerranée.
Né en 1980, SÉBASTIEN VASSANT est dessinateur et scénariste de bande dessinée, et passionné d’histoire. Il est l’auteur de Frères d’ombre (Futuropolis, 2013), de Juger Pétain (Glénat, 2015) et de Politique qualité (Futuropolis, 2016).
Son travail s’est appuyé sur de nombreux documents d’archives : photographies,journaux d’époque, témoignages écrits et filmés.
Album: 190 pages, Éditeur : Seuil (6 octobre 2016), Collection : DOCUMENTS (H.C)
Quelles cicatrices a laissé la colonisation française ? Que doit faire la France pour guérir ces maux ? Doit-elle s’excuser ?
Cet échange comprend Pascal Blanchard, historien, spécialiste du « fait colonial » et des immigrations, chercheur-associé au CRHIM et co-directeur du Groupe de recherche Achac sur les représentations, les discours et les imaginaires coloniaux et postcoloniaux, et Benjamin Stora, docteur en Histoire et en Sociologie, ancien Président du Musée national de l’histoire de l’immigration.
De l’idéal révolutionnaire de Mai 1968 à une social-démocratie bousculée par la mondialisation, l’historien des mémoires française et algérienne livre son parcours et, au-delà, celui d’une génération.
Il y a cinquante ans, le discours de De Gaulle sur "l'autodétermination" marque un tournant décisif. Benjamin Stora décrypte cette date oubliée. Et il explique le poids de cette guerre dans la conscience française. Le dossier de L'Express en témoigne.
J.-P. Guilloteau/L'express
Est-il vraiment nécessaire de présenter à des collègues universitaires ou chercheurs les travaux de Monsieur le Pr. Benjamin Stora ? Qui ne connaît pas cet auteur fécond ? Qui n'a pas entendu parler de ses multiples publications qui font de lui le spécialiste
français le plus célèbre de l'histoire contemporaine de l'Algérie ?
Témoignage du Professeur Charles-Robert Ageron
Voir la présentation de Benjamin Stora par Le professeur Bruno ETIENNE
Évincé de l’exposition sur Albert Camus qui était prévue à Aix-en-Provence, l’historien revient sur la polémique et décrypte les survivances idéologiques d’une période qui demeure conflictuelle.
Une grande exposition sur Albert Camus, conçue par l’historien Benjamin Stora et le documentariste Jean-Baptiste Péretié, était prévue pour novembre 2013 à Aix-en-Provence (sud de la France), à l’occasion du centième anniversaire de la naissance du Prix Nobel de littérature. À l’orée de l’été 2012, les deux auteurs, sans doute parce que le premier était considéré par les milieux nostalgiques de la colonisation comme trop proche des Algériens, furent « débarqués » sans explication. Ils évoquent aujourd’hui, dans un petit livre stimulant, Camus brûlant, les circonstances comme l’arrière-plan politique et historique de cette affaire. Pourquoi Camus, que l’on croit consensuel, suscite-t-il tant de réactions passionnelles des deux côtés de la Méditerranée ?
La première partie commence avec l’instauration du « Pacte fondamental » de 1857 et se termine par l’arrivée des Français en 1881. L’auteur décrit le début du processus d’occidentalisation qui traverse les communautés juives indigènes (Swasa) et ibéro-italiens ( les Granas). Dans la seconde partie de la thèse, Madame Cohen Rubinstein aborde de front le processus de « modernisation » de la fin du XIX e siècle à la Seconde guerre mondiale. Pour Benjamin Stora c’est l’aspect le plus important de ce travail, puisque, à la fin de cette séquence, le processus « d’occidentalisation » semble achevé. Mais il regrette que les définitions (acculturation, assimilation, francisation, déjudaisation) ne soient pas plus approfondies dans le développement de ce processus.
Les instruments de la mémoire
« La mémoire, nous rappelle Michel de Certeau, est faite d’éclats particuliers. Or les éclats ont la faculté de se répandre au loin, et de refaire surface là où on ne s’attend pas à les trouver. Une quête systématique permet d’en rassembler quelques-uns, mais laisse toujours échapper des fragments dispersés. »
Lucette Valensi, Fables de la mémoire
La guerre d’Algérie est longtemps restée en France une guerre sans nom. Le 10 juin 1999, l’Assemblée nationale française reconnaissait le terme de « guerre d’Algérie » pour caractériser cette période de l’histoire 1. La France s’était enfin décidée à parler de guerre. Près de quarante ans après la conclusion de celle-ci, l’exigence de reconnaissance était devenue trop forte dans la société française pour que les euphémismes puissent persister. L’aspect traumatique de ce conflit, avec tout ce qui touche au domaine des mémoires, a traversé l’ensemble des générations, notamment celle des enfants de l’immigration algérienne en France. Le fait de reconnaître cette guerre a ouvert une nouvelle période difficile à traiter, et aux conséquences incalculables. Se confrontent encore les réclamations des soldats, des harkis, des pieds-noirs, mais aussi des Algériens, de tous les protagonistes et de toutes les victimes de cette tragédie coloniale aux effets encore sensibles.
Le problème de terminologie n’est pourtant pas vraiment réglé concernant la dénomination de cette guerre. Le mot utilisé n’est pas le même sur les deux rives de la Méditerranée. En Algérie, il est possible d’évoquer une guerre de libération, une guerre d’indépendance, une révolution algérienne. En France, après avoir longtemps parlé « d’événements », d’opérations de police, reconnaît-on vraiment la guerre ? Dans la loi du 10 juin 1999, il est question de guerre d’Algérie et non de guerre en Algérie. Dire guerre en Algérie, ce serait reconnaître alors une guerre entre deux pays séparés. Mais l’Algérie n’était pas séparée de la France à l’époque coloniale, formant trois départements intégrés au territoire national. Charles-Robert Ageron, dans sa monumentale Histoire de l’Algérie contemporaine 2, a magistralement reconstitué toutes les circonstances compliquées de ce rattachement progressif de l’Algérie à la France. Les querelles de mots ont leur importance car ceux-ci traduisent et forgent les imaginaires. Il en est de même des titres d’ouvrages consacrés à cette période brûlante pour dire, nommer, caractériser cette guerre 3.
Les catastrophes et le travail historique
sur la mémoire
Le travail récent des historiens sur la mémoire de la guerre d’Algérie ou les représentations liées à l’histoire coloniale 4 s’inscrit dans le sillage des travaux du sociologue Maurice Halbwachs sur La mémoire collective et Les cadres sociaux de la mémoire. Il se situe également dans le prolongement de l’école historique française émergeant à partir des travaux de Pierre Nora autour de l’ouvrage Les lieux de mémoire, dans les années 1980. Ce travail historique porte sur les constructions d’espaces culturels ou de commémoration (cimetières, palais nationaux...) autour desquels s’enracine la mémoire coloniale 5.
Mais cet exercice historique sur la mémoire trouve surtout son ancrage dans d’autres territoires, dans les moments de rupture de l’histoire, les « moments-catastrophe ». Les guerres ou les génocides, en provoquant de graves traumatismes, ont donné à la question de la mémoire une grande acuité. Ce que Sigmund Freud avait bien établi, dès 1915, dans ses Essais de psychanalyse 6 : « En proie à une rage aveugle, la guerre renverse tout ce qui lui barre la route, comme si, après elle, il ne devait y avoir pour les hommes ni avenir, ni paix. Elle rompt tous les liens faisant des peuples qui se combattent actuellement une communauté, et menace de laisser derrière elle une animosité qui, pendant longtemps, ne permettra pas de les renouer. »
Quatre soeurs : hier, en Algérie : aujourd'hui, en France / Frédérique Boblin, Eve Calo, Nelly Collet, Fabienne Rozotte ; préf. Benjamin Stora ; postf. Jean-Louis Le Grand
Date : 2001
Langue : français
Pays : France
Editeur : Paris : L'Harmattan, 2001
Description : 157 p. : ill. ; 22 x 14 cm
ISBN : 2-7475-1386-6 (Br) : 13.75 EUR
Le film « La Bataille d’Alger » de Gillo Pontecorvo a longtemps été invisible sur les écrans français. Mais cette censure est très particulière puisque ne venant pas de l’Etat, comme ce fût le cas de tous les autres films tournés pendant la guerre d’Algérie et sortis en salles après 1962[1]. Cette fois, l’interdiction est venue de la « société », les exploitants des salles renonçant à la projection de ce film à la suite de menaces proférées par des associations de rapatriés (les « pieds-noirs ») ou d’anciens combattants (les officiers ou soldats ayant accompli leur service militaire en Algérie).
L’historien Benjamin Stora ouvrira samedi à 14h au Mucem la série de rencontres « Algérie France, vue par », réunissant chercheurs, artistes et citoyens.
Au lendemain du 5 juillet, jour du 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’historien français a longuement échangé avec le président algérien. Il revient sur cette conversation pour Jeune Afrique. Par : Renaud de Rochebrune.

De BENJAMIN STORA
L’histoire des Juifs d’Algérie est riche de plusieurs millénaires, mais s’autonomise à partir de 1830, date de la conquête française. Puis, du décret Crémieux en 1870 qui leur donne la nationalité française à l’indépendance de l’Algérie en 1962, elle est scandée de ruptures, de déchirements, d’exils, malgré l’attachement profond à une terre avec laquelle chaque famille restera liée.Entre le récit historique et le document privé, la mémoire collective et individuelle, ce livre dessine le parcours et les grandes étapes de la communauté juive d’Algérie.
Plus de 150 photographies présentées et commentées avec précision et finesse nous emmènent à Alger, Constantine, Oran et dans le Sud algérien. Elles disent les rapports à la tradition culinaire, musicale, vestimentaire, à la France et à la République, mais aussi entre les différentes communautés. Elles racontent les lieux marquants, les odeurs, les fêtes, un quotidien et un mode de vie, un univers inoubliable tramé de relations familiales et amicales fortes.
Relié: 224 pages, Éditeur : Larousse (28 septembre 2016), Collection : Beaux livres Larousse
Par Nabila Amir
Lors de ce colloque international consacré à Hocine Aït Ahmed, l’historien français Benjamin Stora a livré une lecture du rôle d’Aït Ahmed dans l’émergence d’une jeune génération nationaliste radicale après les massacres du 8 Mai 1945.
M. Stora a insisté sur la précocité de son engagement politique. Né en Kabylie, Aït Ahmed est très tôt façonné par le refus de la colonisation et de l’injustice. Bien avant les massacres de 1945, il est déjà reconnu comme un militant engagé. «On pourrait presque dire qu’il était un ‘vieux militant’ alors qu’il était encore très jeune», fait remarquer l’historien, soulignant sa place «précoce» au sein du Mouvement national. Elève brillant, il bénéficie d’un parcours scolaire rare pour l’époque, nourri à la fois par la culture kabyle et la langue française, ce qui lui permet de développer une réflexion politique structurée dès sa jeunesse.
Université de Montéral, Faculté des études supérieures et postdoctorales
Vendredi, 14 décembre 2012, 14h00
C-2059, Carrefour des arts et des sciences
Pavillon Lionel-Groulx
3150, rue Jean-Brillant. Montréal
Affiche soutenance
Thèse de doctorat soutenue en 2012
Un an après l'annulation de l'exposition aixoise, l'historien publie "Camus brûlant"
Benjamin Stora avait préféré prendre ses distances face à ce "scandale délirant " qui avait mené à l'annulation de l'exposition aixoise sur Albert Camus.
D'abord désigné comme commissaire de cet événement de l'année Capitale, l'historien avait été "brutalement débarqué" et remplacé par le philosophe Michel Onfray, qui finit par renoncer.
Dans Camus brûlant, co-écrit avec le documentariste Jean-Baptiste Péretie, Benjamin Stora analyse les tentatives de captations politiques dont Albert Camus fait l'objet.
Benjamin Stora, historien, sera à Alger samedi prochain. Il animera une conférence de presse à la librairie du Tiers-Monde. Il y fera une vente-dédicace de deux de ses ouvrages réédités à Alger par Sédia, Le mystère de Gaulle, son choix pour l’Algérie et La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie. Dimanche 6 juin, il sera au Centre culturel français (CCF) pour une conférence-débat [1]. Il revient dans cet entretien sur les polémiques autour du film Hors-la-loi, le livre sur le colonel Amirouche et le projet de loi portant sur la criminalisation du colonialisme.
100 000 morts et une image
Notes :
[1] Philippe Sollers , « Nouvelle nuit, nouveau brouillard », préface in Les disparitions, Paris, ed Babel, Amnesty international, 1994, p 12.
[2] Pierre Bourdieu, « Dévoiler et divulguer le refoulé », in Algérie-France-Islam, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 24.
Lorsque la mère de Benjamin Stora est décédée en 2000, il a découvert, au fond du tiroir de sa table de nuit, les clés de leur appartement de Constantine, quitté en 1962. Ces clés retrouvées ouvrent aussi les portes de la mémoire.
La guerre est un bruit de fond qui s’amplifie soudain. Quand, en août 1955, des soldats installent une mitrailleuse dans la chambre du petit Stora pour tirer sur des Algériens qui s’enfuient en contrebas, il a quatre ans et demi et ne comprend pas. Quelques années plus tard, quand ses parents parlent à voix basse, il entend les craintes et l’idée du départ. Mais ses souvenirs sont aussi joyeux, visuels, colorés, sensuels.
Il raconte la douceur du hammam au milieu des femmes, les départs à la plage en été, le cinéma du quartier où passaient les westerns américains, la saveur des plats et le bonheur des fêtes. Ces scènes, ces images révèlent les relations entre les différentes communautés, à la fois proches et séparées. Entre l’arabe quotidien de la mère et le français du père, la blonde institutrice de l’école publique et les rabbins de l’école talmudique, la clameur des rues juives et l’attirante modernité du quartier européen, une histoire se lit dans l’épaisseur du vécu.
Benjamin Stora a écrit là son livre le plus intime. À travers le regard d’un enfant devenu historien, il restitue avec émotion un monde perdu, celui des juifs d’Algérie, fous de la République et épris d’Orient.
Benjamin Stora, historien, professeur des Universités, Président du conseil d’orientation du musée de l’histoire de l’immigration, est l’auteur de très nombreux ouvrages.
Il a publié chez Stock : La Dernière Génération d’Octobre (2003), Les Trois Exils, Juifs d’Algérie (2006), Les Guerres sans fin (2008), Voyages en postcolonies (2012), Le 89 arabe, dialogue avec E. Plenel (2011) et Camus brûlant, avec J.-B. Péretié (2013).
Benjamin Stora, Les clés retrouvées - Une enfance juive à Constantine.
Editions Stock, coll. Un ordre d’idées, 2015.
L’autocensure des images
La sortie du film Mon colonel a remis à l’ordre du jour les rapports compliqués du cinéma français et de la guerre d’Algérie. On a encore, à cette occasion, évoqué la « fin d’un tabou » et « la sortie du silence ».
Le cinéma colonial au Maghreb : l'imaginaire en trompe-l'oeil / Abdelkader Benali ; [préface de Benjamin Stora]
Date : 1998, cop. 1998
Langue : français
Pays : France
Editeur(s) : Paris : Cerf, 1998, cop. 1998
Description : 1 vol. (371 p.) : ill., couv. ill. ; 23 cm
Appartient à la collection : (7e art, ISSN 0768-1496 ; 107)
ISBN : 2-204-06164-6 (br.) : 240 FRF
Spécialiste de l'histoire du Maghreb particulièrement reconnu pour ses travaux sur la guerre d'Algérie, Benjamin Stora est commissaire général de l'exposition que l'Institut du monde arabe consacre aux juifs d'Orient.
À travers 280 manuscrits, pièces d'orfèvrerie, peintures, vêtements et photographies, le parcours dévoile cette histoire plurimillénaire.
Quelques questions autour de l’histoire des migrations. Par Benjamin Stora. Publié dans La Revue Socialiste N° 61, février-mars 2016.
Benjamin Stora est Professeur d’histoire à Paris XIII et Président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Son dernier ouvrage s’intitule
La « question de l’immigration » connaît toujours une actualité politique brûlante : arrivée massive de migrants en provenance de pays en guerre comme la Syrie et l’Irak ; installation dans le paysage politique français d’une forte extrême droite française aux élections régionales (près de sept millions de voix) ; montée du racisme, de l’antisémitisme et de l’islamophobie ; débats très vifs autour de la question de la déchéance de la nationalité française pour les personnes reconnues coupables de terrorisme… A chaque fois, la peur de l’immigré domine, fait irruption dans le paysage politique et culturel.
Rembob'INA revient sur un débat historique des Dossiers de l'écran, « Les pieds-noirs ça va ? » qui avait déchiré les pieds-noirs d'Algérie, vingt-cinq ans après l'indépendance et l'exode, avec, entre autres, Roger Hanin, Enrico Macias, Robert Castel, Marthe Villalonga et Paul Amar.
En plateau, deux hommes issus de cette histoire et de cet exil apportent leur éclairage : le cinéaste Alexandre Arcady venu présenter son dernier film « Le petit blond de la Casbah » et l'historien Benjamin Stora avec son nouveau livre « L'arrivée ». Invités : - Alexandre Arcady, cinéaste - Benjamin Stora, historien - Richard Poirot,
INA C'est une plongée dans l'histoire de notre pays au travers des trésors cachés de la télévision. Fictions, documentaires, magazines d'actualité, émission de divertissements, débats politiques... Le dimanche, Patrick Cohen nous invite à jeter un coup d´oeil dans le rétroviseur de notre petite lucarne. En présence d´acteurs ou de témoins de l'époque, de spécialistes des archives de l´INA, Patrick Cohen revient sur les grandes heures de la télévision. Emblématiques ou polémiques, ces programmes ont marqué les esprits et l'histoire du petit écran.
Extrait du documentaire "Les années algériennes" réalisé par Bernard Favre, Philippe Alfonsi et Benjamin Stora
Né en 1933, Mohammed Harbi est décédé ce 1er janvier 2026 à Paris. Benjamin Stora rend hommage à cette grande figure de l’histoire algérienne, par ses engagements de citoyen et d’historien.
Publié en 1975, Aux origines du FLN, le populisme révolutionnaire en Algérie, le livre de Mohammed Harbi a été un vrai choc pour moi. J’étais alors un jeune étudiant de vingt-cinq ans préparant à l’École des hautes études en sciences sociales sous la direction de Charles-Robert Ageron une thèse sur Messali Hadj. A la lecture de son ouvrage, Mohammed Harbi m’est apparu comme un intellectuel maghrébin pour qui les mots n’ont pas de nationalité ni d’origine, et sont donc des êtres libres, rétifs à tout embrigadement, libres d’aller où bon leur semble sans devoir rendre des comptes aux États. Un historien qui n’a que faire des étiquettes politiques, plus attaché à l’intelligence, aux idées, qu’à la nationalité. Un être de chair et de sang, de solitude, mais qui veut partager avec les autres un peu de ce qui le constitue.
Camus brûle-t-il ?
Brutalement évincé en mai 2012 de l’exposition du centenaire Camus qu’il devait proposer dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Benjamin Stora signe avec le documentariste Jean-Baptiste Péretié un Camus brûlant qui remet les pendules à l’heure… L’ouvrage revient sur le « pataquès » d’Aix-en-Provence, « une des villes françaises où les nostalgiques de l’Algérie française forment, aujourd’hui encore, soulignent-ils, un groupe de pression non négligeable ». Là où se trouvent les archives de l’écrivain, mais aussi une mairie qui « était, semble-t-il, hostile à l’un de nous, historien spécialiste du Maghreb ». Les deux auteurs souhaitaient notamment montrer « l’engagement de Camus contre les injustices de l’administration coloniale et sa position complexe lors de la guerre d’Algérie ». Cela reste sans doute insupportable aux yeux de certains partisans de la « nostalgérie »…
A propos de l’Ennemi intime, de Florent-Emilio Siri.
Musique grave et paysages grandioses, bruit sourd des hélicoptères qui emportent des blessés et longue file de soldats épuisés dans le djebel, foules villageoises martyrisées…. On se dit que cette fois, avec L’ennemi intime, le cinéma français a pris à bras le corps le sujet « guerre d’Algérie »…
Connaissance de la guerre d'Algérie : trente ans après, enquête auprès des jeunes Français de 17 à 30 ans / Alain Coulon ; préface de Benjamin Stora ; [enquête réalisée par le Laboratoire de recherche ethnométhodologique de l'Université de Paris VIII]
Note : Enquête réalisée à l'occasion du colloque "Mémoire et enseignement de la guerre d'Algérie" tenu à la Sorbonne les 13 et 14 mars 1992
Date : 1993
Langue : français
Pays : France
Editeur : Saint-Denis : Association internationale de recherche ethnométhodologique, 1993
Description : 1 vol. (87 p.) : ill., couv. ill. en coul ; 21 cm
ISBN : 2-909915-00-X (br.) : 50 F
Comment refermer les plaies de ce conflit ? L’historien Benjamin Stora, qui a rendu en janvier 2021 un rapport au Président Emmanuel Macron pour une réconciliation franco-algérienne, revient sur une autre guerre, celle de la mémoire.
GEO Histoire : Quelles ont été les spécificités de l’Algérie française et son conflit ?
Benjamin Stora : Deux points importants sont à souligner. Tout d’abord, l’Algérie faisait partie intégrante de la France. De 1848 jusqu’à 1962, ce territoire était constitué de départements. Un modèle unique dans l’histoire de la colonisation française.
L’Algérie était administrée par le ministère de l’Intérieur. Elle relevait donc du territoire français, au même titre que la Bretagne, la Savoie ou la Corse. Il était donc inimaginable de s’en séparer. Ensuite, ce morceau de France était un paradoxe absolu. Les musulmans, population majoritaire, n’avaient pas les droits du citoyen français.
Sortir de la violence des mémoires et affronter, par une prise en compte sereine de l’histoire, les enjeux du présent : c’est ce à quoi nous enjoint Benjamin Stora dans son dernier ouvrage, co-écrit avec Alexis Jenni, et qu’il met en débat à la Fondation.
La France n’en a pas fini avec son passé colonial. Il a imprégné les imaginaires et a constitué un socle idéologique sur lequel le Front national s’est construit. Avec ce dialogue inédit entre un historien et un écrivain, c’est la nature de cet imaginaire colonial et son actualité, dans une France secouée par les grands défis qui surgissent après janvier 2015, qui sont éclairées dans cet ouvrage. Face aux crispations identitaires, cet échange passionnant invite à mener une bataille culturelle décisive.
De Benjamin Stora et Renaud de Rochebrune.
Peut-on raconter autrement l’histoire de la guerre d'Algérie ? L’ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu’elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s’ouvre avec l’assassinat d’Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d’Alger, et va jusqu’à l’indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu’elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects du conflit prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l’aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l’été 1962 , mais dont les conséquences se font sentir jusqu’à aujourd’hui.
Broché: 448 pages, Editeur : Denoël (13 octobre 2016), Collection : Médiations
Dans leur livre « France/Algérie. Anatomie d’une déchirure », les historiens remontent à la source de la blessure coloniale pour éclairer les soubresauts de l’actualité. Par Frédéric Bobin.
Voici un petit livre éminemment salutaire par les temps qui courent. A l’heure où les agoras grondent de fausses évidences, la modeste pédagogie du savoir étayé et accessible au plus grand nombre tient de l’urgence citoyenne. En ce sens, le précis d’histoire signé par Thomas Snégaroff et Benjamin Stora France/Algérie. Anatomie d’une déchirure (Les Arènes/France Inter, 190 pages, 17 euros) est une heureuse surprise.
Préparée sous la direction de :
Serge Berstein, Professeur émérite des universités, Institut d’Etudes Politiques de Paris
Benjamin Stora, Professeur d’Histoire contemporaine, Université Paris 13
La soutenance a eu lieu le mercredi 5 juin 2013 à 14h
Ecole doctorale de Sciences Po
3e étage. Salle de réunion
199 Boulevard Saint-Germain
75007 Paris.
Par Jean-Pierre Bonnel
B.Stora m'a offert son dernier livre (disponible dans les librairies, début septembre, éditions Stock, 12,50 euros) : "Camus brûlant”, écrit en collaboration avec le documentariste Jean-Baptiste Péretié, sur l'affaire trouble de l'exposition sur Camus, prévue à Aix pour le 100ème anniversaire de sa naissance en novembre 2013.
Je me disais que j'avais bien de la chance d'être un des premiers lecteurs de ce livre, dédicacé aux “Templiers” de Collioure, et qui se lit comme un polar : l'écriture rapide, mais précise, sèche comme la lame d'un laguiole, qui se ferait du bien en rentrant dans le lard des protagonistes vulgaires, hypocrites et fanatiques de cette histoire presque marseillaise... L'ouvrage débute de façon modérée en désirant montrer que l'affaire est "symptomatique et révèle les questions soulevées par Camus restent extrêmement sensibles et provoquent des tensions toujours vives..." Ensuite, Benjamin Stora et son complice expliquent le contexte de ce qui aurait dû être une belle histoire et a fini en polémique et gesticulations de nostalgiques de l'Algérie française...
La guerre d'Algérie expliquée en images.
La guerre d’Algérie fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses. Et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. Né à Constantine en Algérie, l’historien Benjamin Stora raconte ici cette guerre longtemps restée « sans nom », ses épisodes majeurs (des massacres du Constantinois à la politique de la « terre brûlée » de l’OAS, en passant par le putsch des généraux et la répression des immigrés en métropole) et ses acteurs principaux, français comme algériens. Il restitue cette histoire dans toute sa complexité et rend compte des acquis et des débats de la recherche historique la plus récente, en racontant par exemple comment la guerre fut vécue du côté algérien. Enfin, il revient sur les séquelles politiques et mémorielles de cette guerre de huit ans des deux côtés de la Méditerranée.
Né en 1950 en Algérie, Benjamin Stora est Professeur des universités et Inspecteur général de l’éducation nationale. Il a enseigné l’histoire du Maghreb contemporain, les guerres de décolonisations et l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe, à l’Université de Paris 13 et à l’INALCO (Langues Orientales, Paris). Il a publié une trentaine d’ouvrages et dirigé avec Abdelwahab Meddeb une Histoire des relations entre juifs et musulmans parue en 2013.
Territoires du visible, territoires de l’invisible
Ce livre est le bilan le plus complet possible sur la manière dont cette guerre a été photographiée. Il présentera des tirages d’époque, des albums et de la presse. Elle sera complétée par une série d’entretiens avec des photographes et (éventuellement après négociation des droits avec l’INA) d’extraits d’images télévisées.
Trois parties le composent : quels photographes ? Quel regards ? Quelles images publiques ?
Mais il faut d’abord s’interroger sur le caractère inégalitaire de cette guerre, observable dans le déséquilibre de la production d’images. D’un côté, une énorme masse de clichés, produite notamment par les services de l’armée française. De l’autre, quelques photos prises par les Algériens dans les maquis et retrouvés sur eux au moment de leur arrestation et de leur mort (donc saisis par les troupes française), ou des reportages effectués par des reporters étrangers dans des zones étroites contrôlées par l’ALN. Les Algériens sont donc les grands absents des représentations de ce conflit, même si quelques photographes ont fait l’effort de les « regarder ». Ainsi les clichés de Marc Garanger, qu’ils aient pour modèle une femme algérienne des Hauts P¨lateaux, ou un paysage se refusent aux facilités de l’exotisme ou de la propagande. Ce photographe veut comprendre l’Autre, si éloigné soit-il. Dans ce travail de retrouvailles de mémoires visuelles, on trouvera donc, surtout, deux « reportages » montrant le côté algérien de cette guerre si peu présent dans les collections, expositions et albums consacrés à la guerre d’Algérie. L’un, réalisé dans les maquis du Constantinois en 1957 par un photographe suédois, a longtemps été censuré en France. Il est montré ici pour la première fois. Un autre, réalisé par un photographe de France Soir, présente des images inédites de la répression des Algériens à Paris dans la nuit du 17 octobre 1961.
Quels photographes ? insiste sur la diversité du statut des auteurs de photographie. Elle montrera le travail des agences ou des « pools » créés par les journaux (Paris-Match). Elle consacrera aussi une part importante à ce qui est produit par les services de l’armée et soulignera la différence de pratique entre deux auteurs : Marc Flament et Marc Garanger. Le voile sur cette guerre a été levé avec la publication des livres poignants de Marc Garanger, alors jeune appelé photographiant des femmes algériennes pour les besoins de l’état civil. Le regard de ces femmes en disait long alors beaucoup sur les tragédies de cette guerre[1]. Dans un autre registre, et d’un autre bord idéologique, le travail de Marc Flament livre les visions de la guerre avec des albums photographiques disant l’Algérie des théâtres d’opérations, et de « l’abandon » de populations restées fidèles à la France[2]. De leur côté, les appelés ont fait paraître leurs souvenirs accompagnés de quelques photos prises par eux. Le rythme de publication de ces livres-témoignages ira en s’amplifiant tout au long des années 1990, au fur et à mesure des retours de mémoires autour de la séquence-guerre d’Algérie[3].
Quels regards ? fera l’inventaire des « figures » de cette guerre. La mémoire photographique de la guerre d’Algérie semble avoir laissé peu de traces dans la société française, après l’indépendance de 1962. Les Français ne paraissaient pas éprouver le besoin de revisualiser cette séquence noire, à la différence des Américains transformant sans délai leur défaite au Vietnam en fait d’histoire. Pourtant un stock important de d’images existe. Quelles sont les scènes photographiées ? Qu’occulte-t-on ? Des patrouilles aux attentats, des massacres à la torture, des joies et des drames, où se porte le choix photographique, l’instant décisif cher à Cartier-Bresson ? Cette guerre est-elle exemplaire ou renvoie-t-elle à des schémas anciens ? Retrouvons-nous aujourd’hui le même visible et surtout le même invisible ?
Quelles images publiques ? insiste sur un point essentiel : qu’en ont vu les populations d’Afrique du Nord, de métropole, et dans le monde ? Quel fut le tamis de la censure et l’amplificateur de la propagande ? La presse, mais aussi les tracts illustrés et les affiches, permettront d’aborder la question de la diffusion de masse des stéréotypes, mais aussi d’indiquer tout ce qui s’en échappe, toutes les visions non contrôlée d’une guerre qui ne dit pas son nom. Dans cette partie, pourra être évoquée en parallèle la télévision en pleine ascension (journal télévisé et « Cinq colonnes à la une »). Cette guerre a été l’occasion de la « fabrication » d’une importante quantité d’images de toutes sortes, ne se limitant pas à la période de l’après-1958, marquée par la présence imposante du général De Gaulle. Il suffit par exemple de consulter la collection de Paris Match des années 1954-1958, première période d’une guerre qui ne s’avouait pas, pour découvrir des reportages photographiques impressionnants : les opérations de « ratissage » menées par les commandos de l’armée française, des « plongées » au cœur de la Casbah pendant la « bataille d’Alger », la peur des colons européens dans le bled, ou « la vie quotidienne » d’immigrés algériens à Paris confrontés à la terrible guerre que se livraient le FLN et la MNA. Il faudra aussi prendre connaissance de l’énorme travail visuel entrepris par les services de l’armée française dans les villes et les campagnes d’Algérie, travail pour observer, s’informer, surveiller des populations jugées « perméables » à l’influence de l’indépendantisme algérien ; mais aussi, travail photographique en vue de construire des tableaux de propagande, de soldats qui soignent, éduquent, enseignent, bref… « pacifient » le pays. Au moment de l’ouverture des archives militaires en 1992, cet énorme amoncellement d’images montrant une image particulière de l’Algérie en guerre est apparue. Quelques-unes de ces photographies ont été montrées au public au moment de l’exposition La France en guerre d’Algérie [4] au musée des Invalides à Paris. Entre censure et propagande, toutes ces photos anticipent sur la vague du photo-journalisme de guerre qui ira crescendo après la guerre d’Algérie[5] .
La conclusion présentera quelques photos exemplaires du propos d’ensemble. Ce sont les photos qui, de toute façon, « tiendront » par leur force d’expression l’ensemble du propos. Traces fragiles, friables, presque perdues, quelques photographies se sont incrustées dans un stock de souvenirs : le général De Gaulle à Alger en juin 1958, les bras en « V », juste avant de lancer le fameux « je vous ai compris » ; le même général devenu chef de l’Etat s’adressant aux Français à la télévision dans des discours disant la fin de l’Algérie française ; le regard fatigué des généraux putschistes en avril 1961 ; le visage défiguré de la petite Delphine Renard victime d’un attentat de l’OAS à la « une » des journaux parisiens en février 1962 ; et puis l’exode des pieds-noirs en juillet 1962, avec cette couverture de Paris Match d’un jeune couple sur un bateau serrant leur bébé….. Ces images témoignent d’un autre temps, celui des débuts de la Véme République, et qui, en vieillissant, ont perdu un peu de leur force, de leur douleur pour devenir des « icônes » admirées, reconnues.
[1] De Marc Garanger, Femmes algériennes, 1960, Paris, Ed Contrejour 1982, 114 pages, La guerre d’Algérie vue par un appelé du contingent, Paris, Le seuil, 1984, 133 pages, Femmes des hauts plateaux, Paris La Boite à documents, 1990, 75 pages.
[2] Par exemple, de Philippe Héduy, Algérie française, Paris, ed SPL, 1980, 376 pages.
[3] Sur les photographies prises par les appelés, voir l’énorme travail publié par la FNACA, Témoignages, 1989, 834 pages, et Algérie 1954-1962, Arrêt sur images inédites, ed FNACA, Gaje, 1993, 260 pages ; voir aussi des photos d’appelés, dans Appelés en guerre d’Algérie, B. Stora, Paris, Gallimard, collection « découvert » e, 1997.
[4] La France en guerre d’Algérie, sous la direction de Laurent Gerverau, Jean Pierre Rioux, et Benjamin Stora, Paris, ed BDIC, 1992, 320 pages.
[5] Voir, sur l’après-algérie, Vietnam INC, (publié pour la première fois en 1971), de Philip Jones Griffith, Paris, 2001, Ed Phaidon, 266 photos, 224 pages.
Islam et nationalisme en Algérie : d'après "El Moudjahid", organe central du FLN de 1956 à 1962 / Monique Gadant ; [préface de Benjamin Stora] / Paris : l'Harmattan , 1988.
Date : 1988
Langue : français
Pays : France
Editeur : Paris : l'Harmattan, 1988
Description : 1 vol. (221 p.) : couv. ill. ; 24 cm
ISBN : 2-85802-938-5 (br.) : 130 F
Spécialiste de l’histoire de l’Algérie, où il est né en 1950, Benjamin Stora a rédigé un rapport en janvier 2021 sur les questions mémorielles liées à la guerre d’Algérie. L’historien décrypte ce conflit complexe.
Il devient toujours plus urgent de chercher à expliquer les ressorts du redoutable succès électoral du Front national. L’historien Benjamin Stora apporte une contribution fort intéressante en énonçant l’hypothèse d’un «sudisme à la française ». Reprise dans l’entretien avec l’écrivain Alexis Jenni qui ouvre Les Mémoires dangereuses, cette notion est surtout développée dans Transfert d’une mémoire, un ouvrage passé inaperçu lors de sapublication, en 1999, et opportunément réédité. Aux Etats-Unis, la tradition sudiste n’avait laissé aux Indiens qu’une alternative : l’assimilation ou l’éviction.
Docteur en sociologie et historien, spécialiste de l'Algérie, Benjamin Stora vient de publier son nouveau livre, "L'Arrivée". Dans ce récit captivant, il relate son histoire familiale, son départ de Constantine, en Algérie et son arrivée en France, en 1962. En 2020, à la demande du président de la République Emmanuel Macron, Benjamin Stora a également publié un rapport dédié aux questions mémorielles de la colonisation et de la guerre d'Algérie. Il est l'invité de Virginie Guilhaume pour en parler.
- Grand témoin : Benjamin Stora, historien et auteur de « L'arrivée » (Tallandier)
Mars 1962, les accords d'Évian sont signés. A 11 ans, Benjamin Stora doit quitter Constantine pour la France. Il est alors confronté à une difficulté majeure : s'intégrer dans la société française en tant qu'algérien et juif. Son adolescence et ses premières amours viennent adoucir l'amertume de l'exil. Au lendemain de mai 1968, il s'engage dans la politique au sein de l'extrême gauche. Son militantisme trotskisme associé à ses connaissances d'historien lui permettent d'acquérir de la légitimité pour devenir enfin français. Dans quelle mesure l'histoire intime d'un historien peut-elle affecter son travail ?
Jeune Afrique : La proposition de loi en Algérie pour « criminaliser » le colonialisme survient après la loi française sur les bienfaits de la colonisation, en 2005. Comment sortir de cette concurrence mémorielle ?
Pourquoi Good Morning Djebel et La 7ème compagnie au Vietnam n’ont jamais été tournés ? Benjamin Stora s’est posé la question dans son livre, Imaginaires de guerre.
Pour vous, qu’est-ce qu’un “imaginaire de guerre” ?
Un imaginaire de guerre, c’est un système de représentation porté par chaque individu quand sa société est en état de conflit, d’affrontement ou de haine. C’est une mémoire particulière, traumatique. Un imaginaire de guerre, en fait, renvoie toujours à une autre guerre, il y a toujours un phénomène de déplacement.
Spécialiste de la guerre d’Algérie, l’historien Benjamin Stora publie un nouveau livre consacré à la "déchirure" entre la France et l’Algérie. Pour lui, les accords de 1968 ont été vidé de leur substance il y a longtemps.
Avec ces accords de 1968 entre la France et l’Algérie, de quoi parle t’on exactement ?
«En 1962, les accords d’Evian prévoyaient la libre circulation totale entre les deux pays. Celle-ci visait surtout les Français d’Algérie. C’était les 30 Glorieuses. Les travailleurs algériens ont également traversé la Méditerranée et ont d’ailleurs contribué au développement de la France. En 1968, le général de Gaulle a décidé de réguler les frontières. C’est devenus plus strict, y compris pour les Algériens, malgré quelques compensations.»
Paris, Autrement-Cité nationale de l’histoire de l’immigration, 2012, 224 pages, 30 €
Les commémorations importantes ont ceci d’excellent qu’elles font en règle générale l’objet de manifestations à caractère historique, invitant les spécialistes du passé à proposer, sur des sujets parfois passionnels et brûlants, une analyse scientifique. Leur tâche se révèle, on le comprend d’emblée, tout sauf aisée. Ainsi, cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, apparaissait-il nécessaire de répondre à une demande sociale en revenant sur l’un des versants métropolitains de ce conflit multiforme, à travers la question de l’immigration algérienne en France. Une exposition intitulée Vies d’exil - 1954-1962. Des Algériens en France pendant la guerre d’Algérie, se tient ainsi d’octobre 2012 à mai 2013 à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI).
Extrait de l’introduction d’A. Meddeb et B. Stora :
Cet ouvrage, qui n’occulte ni les malheurs ni les heures fastes, a pour humble ambition de rendre accessible le résultat des recherches contemporaines afin de proposer une synthèse commune sur les mémoires des uns et des autres. Il pourra servir de préambule destiné à être prolongé en suscitant les rencontres et les concertations. Notre intention est de donner la chance au laboratoire du chercheur de féconder le sens commun du citoyen. Alors chacun sera en mesure d’établir le bilan du contentieux en fabriquant le compromis qui l’aidera à tracer les voies de la réconciliation (sans forcément occulter la part de l’inconciliable). Nous ambitionnons aussi de mettre à la disposition des autorités des pays concernés la matière pédagogique qui pourra rapprocher les systèmes éducatifs, afin d’établir les fondements
didactiques de la reconnaissance mutuelle tant attendue et qui reste à venir. [...]
1200 pages environ, au format 19 x 25,5 cm, maquette en couleur avec plus de 200 illustrations, éditions Albin Michel.
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Avec Imaginaires de guerre, Benjamin Stora continue un travail de publication entamé voici bientôt vingt ans sur l’Algérie, et qui s'est traduit jusqu'ici par la production d'une (bonne) quinzaine de livres, et un grand nombre d'articles et de contributions à des œuvres collectives. La production de cet universitaire est ainsi devenue incontournable pour quiconque s'intéresse à la question. Même s'il a fallu attendre ces dernières années pour que certains de ses livres aient commencé à être réédités et diffusés en Algérie, le pays où il est né et autour duquel se concentre l'essentiel de ses écrits. C'est d'ailleurs la première fois qu'un de ses ouvrages est mis à la portée du public algérien l'année même de son édition en France. Ceci est révélateur du chemin parcouru dans notre pays, vers un regard moins conformiste sur tout ce qui touche à une période essentielle pour l'émergence de ce qui fait notre présent. En fait, il s'agit moins ici d'un travail historiographique au sens traditionnel du terme, que d'une production visant l'exploration de la mémoire de la guerre, en continuité avec le livre décapant pour la pensée que constitue La gangrène et l'oubli (édité une première fois en 1991). Imaginaires de guerre est cependant original d'un triple point de vue.
Tout d'abord, Benjamin Stora fait une approche croisée entre deux guerres qui ont marqué le mouvement de décolonisation en ce XXe siècle, celle qui concerne, nous dit l'auteur, le pays de sa vie (l'Algérie qu'il a quitté très jeune) et celle du pays de son combat politique quand il était jeune (le Viêt-Nam).
Il aborde ensuite la question de la mémoire de ces guerres, telle qu'elle fonctionne dans les pays dont les velléités dominatrices sont à l'origine de ces guerres :
La mémoire est interrogée à travers un outil privilégié, l'image sous ses différents aspects : photographique, télévisuelle ou cinématographique, bande d'actualité et documentaire ou film de fiction (contemporain ou postérieur aux deux guerres). Il faudra, bien entendu, faire la part des choses entre ce qui relève des nécessités du travail de propagande mené par chacun des pays, et ce qui relève du témoignage. Le rapport à l'image, en France et aux Etats-Unis, ne semble pas avoir fonctionné de la même manière à propos des deux guerres. Durant les conflits, tout d'abord, puisque la guerre d'Algérie était surtout couverte à travers les informations transmises par la radio et le transistor, ainsi que des reportages de magazines (tel Paris-Match) ou les actualités cinématographiques ; tandis que le conflit du Viêt-Nam, plus récent et contemporain de la génération du poste T.V, fera durant des années la une de journaux télévisés, et sera couvert par un flot d'images chaque jour renouvelées. Après la guerre ensuite, le cinéma de fiction français n'a pas produit à propos de l'Algérie l'équivalent des superproductions américaines touchant à la guerre du Viêt-Nam.
Benjamin Stora nous permet cependant de vérifier combien la réalité est en fait plus complexe. La lecture de son livre devrait par ailleurs inciter les Algériens à approfondir une recherche à travers la mémoire par l'image et le cinéma, d'autant plus que quelques écrits, il est vrai épars et pas toujours accessibles à notre public, ont déjà commencé à aborder la question. L'idée d'approches comparées avec d'autres mouvements nationaux, peut aussi être porteuse de fécondité pour la compréhension de notre présent.
Hassan Remaoun, historien, avril 1998. Préface à l'édition algérienne
Préface de Benjamin Stora
La France arabo-orientale, au carrefour de nos histoires
Les bibliothèques sont pleines à craquer d’« Histoire de France », de récits de grands historiens, et les archives de cette histoire nationale ont été fouillées, triturées jusqu’à plus soif. Tout a été dit, vraiment ? Les visages d’une autre France restent pourtant à découvrir, ceux de femmes et d’hommes en provenance des anciennes colonies, d’Orient et du pourtour méditerranéen.
Mohamed El Korso, l’un des initiateurs de la fronde des historiens algériens contre les « entraves » dans l’accès aux archives, dénonce une pratique « administrative de nature coercitive ».
En 1999, l’historien Benjamin Stora publiait dans une certaine indifférence son livre Transfert d’une mémoire, dans lequel il analysait pourquoi la société française échouait à penser son passé colonial et n’arrivait pas à l’inscrire dans un grand récit englobant l’histoire de ses blessures : un récit qui aurait le mérite de renforcer une unité nationale dans le respect de sa pluralité interne.
Born in Constantine, Algeria, on December 2, 1950, Benjamin Stora is professor of Maghreb History at the Institute of Oriental Civilizations and Languages (INALCO) in Paris and university Paris 13 - Villetaneuse.
Le journal Causeur vient de publier le 26 décembre 2024 sur son site un long article diffamatoire sur ma vie et mes travaux, signé de Jean-Pierre Lledo.
Avant de répondre, sur un plan factuel, aux graves accusations qui sont portés contre moi, je voudrai préciser deux points :
Je subis depuis de nombreuses années des violentes attaques antisémites publiées, en Algérie sur des sites comme Algérie patriotique (pas moins de huit articles qui m’attaquent en tant que juif) ; en France dans diverses publications comme Riposte Laïque (dans lequel écrit régulièrement monsieur Lledo) remettant en cause ma qualité d’historien, en me traitant « d’historien officiel », ou « d’historien de cour ».
Pendant que Jean- Pierre Lledo était militant du Parti communiste algérien pendant de nombreuses années (de l’indépendance de l’Algérie en 1962 à son départ du pays en 1993,) il n’a cessé de défendre en Algérie les différents pouvoirs qui se sont succédés : de celui de Houari Boumedienne, à celui de Chadli Bendjédid. Pendant toute cette longue période, je ne l’ai pas rencontré dans tous les combats que j’ai mené à cette époque : la défense des militants du « Printemps berbères » en 1980; le combat contre le code de la famille en 1983 ; les luttes pour la construction de la Ligue algérienne des droits de l’homme commencée en 1984 ; la campagne pour la libération des militants arrêtés en 1985…. Et je pourrai poursuivre la longue liste des combats menés où je n’ai jamais croisé Jean-Pierre Lledo.

PRÉFACE de Benjamin STORA
Le 26 avril 1901, à une centaine de kilomètres d’Alger, la population musulmane d’un petit centre de colonisation vinicole dénommé « Margueritte » se soulève contre la présence française. On compte cinq victimes parmi les Européens. La répression se veut exemplaire.
« Si la France laisse subsister ce régime, elle perdra l’Algérie ou elle aura fatalement à réprimer des insurrections encore plus terribles » prophétise pourtant un journaliste de la Dépêche de Toulouse après le procès d’assises où furent jugés plus de cent inculpés. Ne suffirait-il pas de remplacer « ou » par « et » pour décrire avec exactitude l’impasse dans laquelle s’enfermera la puissance coloniale en déniant de manière persistante tous droits économiques et politiques à la grande masse de ses « sujets » ?
Qu’un demi-siècle avant la guerre d’indépendance, une révolte villageoise n’ayant pas duré plus de huit heures ait pu suggérer un pronostic aussi lucide souligne combien cet épisode d’apparence minime est révélateur des réalités de la « pacification » coloniale comme des formes souterraines de résistance qui y cheminaient.
Quelques réflexions sur l'histoire de l'immigration
L'histoire des migrations a-t-elle commencé dans les années 1980? Il faut sans doute remettre les choses au point et ne pas se contenter d'affirmations trop faciles.
Il est vrai qu'on ne fait pas, jusqu'à la fin des années soixante, de ce thème un objet particulier d'études, en France du moins. Car il y a longtemps qu'on l'étudie aux Etats-Unis – et cela paraît naturel dans un pays dont la population s'est formée de flux migratoires successifs.
Préface de Mohammed Harbin, Denoël, 2011, 446 pages, 23,50 euros
Y aurait-il un art algérien de la guerre pour paraphraser le titre du dernier et remarquable Goncourt signé Alexis Jenni ? Une façon de régler les conflits et les problèmes et surtout de se fourvoyer, des années après que les armes se sont tues, à creuser le même, le tragique sillon de la force et de la violence. De cette guerre d’Algérie, sont nées bien des mémoires, des controverses, des interrogations et autant de regrets. Si, “faire comprendre est bien meilleur que faire souvenir” (Baltasar Gracian), le rôle et la fonction de l’historien sont essentiels. Pour peu qu’on lui fiche la paix, que les politiques évitent de lui donner des leçons, de lui tenir la jambe et accessoirement le crayon, l’historien peut aider chacun à forger les outils indispensables pour non pas se souvenir, mais comprendre, pour non pas choisir entre le paradis ou l’enfer, mais mieux distinguer l’un de l’autre et en mesurer les enchevêtrements.
Écrire l'histoire au présent n’est pas une mince affaire, particulièrement quand il s’agit de l’histoire des relations entre la France et l'Algérie, marquées par un siècle de colonisation, une guerre d’indépendance sans merci, des mémoires identitaires à vif, celle des pieds-noirs, des appelés, des harkis, des Algériens combattants, ou celle des immigrés.
Depuis plus de trente ans, Benjamin Stora s’est consacré à ces allers-retours entre histoire et mémoires. Son livre est une réflexion sur la manière d'écrire cette l'histoire complexe ; mais pose aussi la question de la fonction de l'histoire et de l'historien dans les réconciliations nationales, en France et en Algérie, et aussi entre ces deux pays tellement liés l'un à l'autre.
Historien de la colonisation et des guerres coloniales, Benjamin Stora a publié de nombreux ouvrages dont, en « Pluriel », La guerre d’Algérie, La fin de l’amnésie (avec Mohamed Harbi) ; Les trois exils. Juifs d’Algérie ; Messali Hadj ; La dernière génération d’Octobre ; François Mitterrand et la guerre d’Algérie (avec François Malye) ; et De Gaulle et la guerre d’Algérie.
2709582
2013-XI
Dos : 192 pages / 96 mm
110 x178
Couverture : Rémi Pépin
Illustration : Algérie, guerre civile 1995 © Abbas/Magnum Photos.
PLUS LOIN AVEC… – Chaque dimanche, interview au long cours avec un acteur ou un observateur de notre époque. Aujourd’hui, l’historien Benjamin Stora, qui a récemment rendu un rapport au chef de l’État pour aider à la réconciliation franco-algérienne – que les éditions Albin Michel viennent de publier.
Conférence de Benjamin Stora dans le cadre du cycle de conférences mensuelles 2006-2007 du CEHD, consacré à "L’image de l’ennemi". Cette conférence a eu lieu le lundi 14 mai 2007 au Palais abbatial de Saint-Germain-des-Près et a été diffusée, le 02 Juin 2007 sur les ondes de France Culture. Texte intégral, transcription faite par Taos Aït Si Slimane
La guerre d’Algérie a toujours été racontée par les Français. Il n’est que de jeter un oeil sur la bibliographie pour constater l’écrasante suprématie de l’historiographie française. Pendant longtemps, les Algériens ont subi un récit de leur propre insurrection élaboré par leur « ennemi complémentaire ».
En Algérie même, ceux qui ont confisqué l’indépendance ont imposé une version de l’histoire expurgée de ses principaux acteurs. Dans les deux volumes de « La guerre d’Algérie vue par les Algériens1 » (éditions Denoël) préfacée par Mohammed Harbi, pour la première fois, sous l’impulsion décisive de Benjamin Stora, sur une idée suggérée par Renaud de Rochebrune, une autre histoire de la guerre d’Algérie nous est proposée, cette fois-ci de l’autre côté, avec des moments forts qui ne sont pas nécessairement ceux retenus par les historiens français.
Faire vivre l'Histoire, c'est le pari réussi d'un récit graphique bouleversant, "Dans l'ombre de Charonne", nourri du témoignage d'une rescapée du drame, symbole de la résistance à la guerre d'Algérie, qui fit neuf morts le 8 février 1962 dans la station de métro parisienne.
Dans ce premier titre d'une nouvelle maison d'édition baptisée Mauconduit, Désirée Frappier (texte) et Alain Frappier (dessin) ont restitué avec beaucoup de justesse ce témoignage intime en le replaçant dans son contexte.
Album graphique d'une grande force, dans la lignée de "Maus" de Art Spiegelman ou de "Gaza" de Joe Sacco, les auteurs mélangent mémoire individuelle et Histoire, tout en immergeant le lecteur dans l'ambiance des années 60 : la société de consommation naissante, les flippers, les boums, la Nouvelle Vague...
Les crispations croissantes entre Paris et Alger ramènent, une fois encore, à la mémoire de la guerre d’Algérie. L’historien Benjamin Stora, invite à penser la réconciliation sur le temps long.
Incarcération de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, renvoi vers Paris d'un influenceur algérien expulsé pour ses appels à la violence. Pourquoi cette soudaine escalade ?
L'an dernier, Emmanuel Macron a décidé d'appuyer le plan marocain sur le Sahara occidental. Or, Alger soutient les indépendantistes de la région. Cette position a mis le feu aux poudres. Elle est venue percuter le travail mémoriel entrepris après la remise de mon rapport. L'Algérie et la France entretiennent une relation peu ordinaire sur la scène diplomatique qui explique l'apparition régulière de points de tension. Des millions de personnes sur le sol français ont un lien avec l'Algérie. Ces différends ne peuvent donc pas se résumer à une question de politique étrangère, ils ont aussi une dimension de politique intérieure.
Retours.
La « question juive » a fait un retour remarqué dans la société française, notamment au moment du meurtre atroce du jeune Ilan Halimi en février 2006. Des manifestations de protestations se sont succédées à Paris et en province, où le gros des cortèges était composé de membres de la communauté juive. Certains observateurs ont alors évoqué les « dérives identitaires » ou « la fin d’un modèle républicain français » allant vers plus d’affirmation religieuse, de séparation avec le reste de la société ; où l’on peut désormais répertorier en France les personnes en fonction de leur origine, devenir bourreaux ou victimes en raison de son sang. D’autres ont préféré deviner dans ce processus, face à la montée de l’antisémitisme, un réflexe d’auto-protection d’une communauté de plus en plus isolée, ou cherchant à se rassembler dans l’adversité. Il était possible également de voir dans les attitudes différentes adoptées au moment de l’assassinat d’Ilan Halimi, la grande diversité sociale, politique, culturelle, des Juifs de France.
Compte-rendu de l’intervention de Benjamin Stora au lycée Alfred Nobel, de Clichy Sous Bois, sur « les mémoires de la guerre d’Algérie ».
Etabli Mme PANCRATE, Professeur d’histoire et géographie au Lycée Polyvalent Alfred Nobel, Clichy Sous Bois, et Mme AISSAOUI, Professeur de lettres-histoire au Lycée Polyvalent Alfred Nobel, Clichy Sous Bois.
Le mercredi 10 avril 2013, dans le cadre d’un projet sur les mémoires et le patrimoine mené par deux classes de Terminale générale et professionnelle du lycée Alfred Nobel de Clichy- Sous-Bois, M.STORA est intervenu sur la question des mémoires de la guerre d’Algérie, question fort sensible, encore enjeu de débats comme ce fut le cas ce jour.
L’affaire de l’exposition sur Camus, prévue à Aix-en-Provence pour le centième anniversaire de sa naissance en novembre 2013, a fait scandale. Sollicité pour la concevoir, ce qu’il fit avec Jean-Baptiste Péretié, Benjamin Stora fut ensuite brutalement évincé et remplacé par Michel Onfray, qui accepta puis finit par renoncer.
Au-delà de la polémique, cette affaire est symptomatique et révèle combien les questions soulevées par l’auteur de L’Étranger restent extrêmement sensibles et provoquent des tensions toujours vives. C’est évidemment le cas de la question coloniale et de l’ ombre portée de la guerre d ’Algérie dans la société française d’aujourd’hui. Nombreux sont ceux qui voudraient annexer Camus, le lire de façon univoque, l’ enrôler dans leur combat politique, notamment à l’extrême droite. Peine perdue, la complexité de cet homme entre deux rives ne saurait être réduite à une cause ou une identité.
Dans ce texte vif et précis, Benjamin Stora et Jean-Baptiste Péretié dénoncent ces tentatives de captation multiples. Ils montrent aussi combien la position de l’écrivain pendant la guerre d’indépendance fait encore polémique en Algérie. Camus est toujours brûlant.
Benjamin Stora, historien, professeur à l’université Paris-13, est l’auteur de très nombreux ouvrages, dont, chez Stock : La dernière génération d’octobre (2003), Les trois exils. Juifs d’Algérie (2006), Les guerres sans fin (2008), Le 89 arabe (dialogue avec Edwy Plenel, 2011) et Voyages en postcolonies. Viêt Nam, Algérie, Maroc (2012).
Jean-Baptiste Péretié, documentariste, a notamment réalisé, en 2011, Voyage au bout de Céline. Ses documentaires sont diffusés principalement par Arte ou France Télévisions.
Couverture : Claire de Torcy
Editions Stock Paris, 12,50 €
ISBN 978-2-234-07482-8
www.editions-stock.fr
Historien spécialiste de l’Algérie, Benjamin Stora vient de remettre un rapport au président de la République sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, dans lequel il propose des pistes et des outils pour réconcilier les Français avec leur histoire et favoriser un rapprochement entre nos pays. Un document précieux qui soulève des débats des deux côtés de la Méditerranée.
Le Congrès de la Soummam du FLN, tenu en août 1956, avait institué une hiérarchie des combattants avec grade, fonction etc. Mais, l’ALN dans les maquis, à la différence de l’armée française, ne regroupera pas vraiment plusieurs types de combattants, ce qui ne sera pas le cas de l’armée des frontières qui instituera à partir de 1958 cette savante hiérarchie à l’intérieur de cette armée des frontières qui dans le fond a assez peu combattu.
De Gaulle : Un destin face à l'histoire (1958-1969) Stéphane Renault, Max Gallo, Benjamin Stora, Christophe Barbier
Fondateur et président de la Ve République de 1958 à 1969, Charles de Gaulle fait plus que jamais figure de référence incontournable dans les discours politiques. Sous sa présidence, c'est une page importante de notre histoire contemporaine qui s'est écrite, marquée par la guerre d'Algérie, la décolonisation, l'élection du président de la République au suffrage universel, les référendums, les essais nucléaires, les relations étrangères de la France, la confrontation des blocs Est-Ouest, les révoltes de Mai 68...
Dans ce document, les plus belles plumes de L'Express nous font revivre cette période, à travers une riche sélection d'archives remises dans leur contexte.
Par Makhlouf Mehenn.
Longue interview accordée par Benjamin Stora à TSA. L’historien français spécialiste de l’Algérie évoque le poids du passé dans la relation France – Algérie, la crise actuelle entre les deux pays, la mission qui lui a été confiée par le président français, la commission mixte d’historiens, les blocages, l’affaire Boualem Sansal et les attaques de l’extrême-droite contre sa personne. Non sans faire au passage quelques confidences.
Fidèle à une approche hybride, dans laquelle l’expérience personnelle et les observations enrichissent l’analyse historique, Benjamin Stora revient ici sur les séjours qu’il fit, de 1995 à 2002, successivement au Viêt Nam, en Algérie et au Maroc. Trois longs voyages dans ces pays devenus indépendants qui ont connu, chacun à sa manière, le système colonial français. Il raconte le silence le soir sur Hanoï comme un renvoi lointain au couvre-feu, les traces de guerre dans les paysages et les ombres diffuses laissées par le passé. Il décrit l’Algérie de 1998, émergeant des horreurs de la guerre civile, les traumatismes, les oublis et la nouvelle génération qui s’ébroue. Il dépeint le Maroc au début du règne de Mohammed VI, un pays saturé d’histoire, qui bouge lentement et où une jeunesse, en mal d’avenir, regarde ailleurs.
Passant de l’analyse comparative au diagnostic politique, de la rencontre avec quelques personnages clés à l’étude des images et des films, l’histoire écrite par Benjamin Stora est tout à la fois intellectuelle, sensible et visuelle. C’est une histoire vive qui puise à de multiples sources et éclaire, aussi, ce qui se passe dans notre propre pays. Un quatrième voyage, d’ailleurs, ramène l’historien en France où il constate, et regrette, que la question postcoloniale soit si largement ignorée. Ni le passé colonial, ni celui des minorités ne sont en effet intégrés dans le récit national républicain. Quant à la mémoire franco-algérienne, cinquante ans après l’indépendance, elle demeure conflictuelle.
Les instruments de la mémoire
« La mémoire, nous rappelle Michel de Certeau, est faite d’éclats particuliers. Or les éclats ont la faculté de se répandre au loin, et de refaire surface là où on ne s’attend pas à les trouver.
Parution : Benjamin Stora, Voyages en Postcolonies Ed. Stock, Paris, 2012.
L’historien emprunte ici les pas d’un chroniqueur.
Le dernier ouvrage de Benjamin Stora est un récit intitulé Voyages en Postcolonies. Ce titre peut avoir deux hypothèses de sens. D’abord, on peut supposer qu’il s’agit d’impressions de voyage dans des pays ayant accédé à leur indépendance et/ou évidemment, une sorte d’essai qui traiterait des études postcoloniales. Comme avec Benjamin Stora, on n’est jamais loin de l’histoire et de ce que recèlent les mémoires, on peut dire que Voyages en Postcolonies combine les deux.
HISTOIRE - Ce n’est pas tous les jours qu’un rapport remis par un historien provoque autant de commentaires. En rendant ses travaux au président de la République à la fin du mois de janvier, Benjamin Stora a déclenché malgré lui une avalanche de réactions, parfois outragées, révélant que la plaie mémorielle liée sa matière de prédilection, la guerre d’Algérie, était encore ouverte dans la société, près de soixante après la fin du conflit. Preuve, selon lui, de l’urgence de mettre des mots sur ce passé douloureux qui ne fait toujours pas consensus et qui ne cesse de faire l’objet de tensions diplomatiques entre Paris et Alger.
La trahison, un film de Philippe Faucon
Appelé sous les drapeaux durant la guerre d’Algérie, le futur journaliste et écrivain Claude Sales - dans le film le lieutenant Roque, interprété par Vincent Martinez - y a effectué son service militaire de septembre 1957 à janvier 1960. Au printemps 1959 dans un village des hauts plateaux, à la tête d’une trentaine de soldats chargés de patrouilles, d’embuscades et de contrôles, en même temps que d’une mission d’action psychologique, le sous-lieutenant est tenaillé entre une population locale soumise à la répression et à la torture, et des soldats dont il doit entretenir le moral tout en maintenant sa vigilance. La section qu’il dirige comprend en outre quatre recrues des appelés d’origine nord-africaine (des « F. S. N. A. » : Français de Souche Nord-Africaine), comme le caporal Taïeb dont il apprécie la compagnie. Mais un jour tout se précipite...
Avec Benjamin Stora, historien, Auteur du rapport Stora "Les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d'Algérie" et présent dans la délégation française en Algérie avec Emmanuel Macron.
Pas besoin d'habiter l'Alabama pour pratiquer le "sudisme", apparu en France "dans les combats désespérés pour la sauvegarde de l'Algérie française". Cette mentalité, qui rappelle celle des "petits Blancs" des Etats-Unis, s'est implantée et greffée en métropole pour produire un surgeon nationaliste et raciste.
"Alger, la Mecque des révolutionnaires", Un documentaire restitue l'âge d'or de diplomatie algérienne. Rédaction du Huffpost AlgériePublication: 01/02/2017
"Alger, la Mecque des révolutionnaires" (1962-1974), un documentaire dont l'idée est d'Amirouche Laïdi et réalisé par Mohamed Ben Slama, projeté mardi soir en avant-première à Paris, restitue l'âge d'or de la diplomatie algérienne, juste après son indépendance. La projection s’est déroulée au Musée de l’Immigration à Paris en présence des historiens Mohammed Harbi et Benjamin Stora (conseiller historique du film), de Yannis Chebbi, directeur d’Electron Libre Productions et d’Edwy Plenel, président et co-fondateur de Médiapart.
Simone Molina Archives incandescentes. Écrire, entre la psychanalyse, l’Histoire et le politique, Ed L’Harmattan, Novembre 2011. Préface Benjamin Stora
« À l'époque où j'ai lu vos premiers livres sur la guerre d'Algérie, l'Histoire, ni le politique d'ailleurs, n'entraient dans les réflexions de la plupart de mes collègues analystes, extrêmement dogmatiques, ou frileux peut-être dans ma région. Quant à la question algérienne, largement refoulée, il n'était pas même envisageable de l'aborder. Vos ouvrages m'ont aidée, personnellement et en tant qu'analyste, à entendre ce qui se jouait pour moi et pour mes patients dans les questions d'exil et de traumatismes liés aux guerres. C'est avec la littérature que j'ai commencé à faire entendre publiquement ce que j'avais à dire dans mon domaine, la psychanalyse ; là encore, de façon assez décalée puisque les mots de la psychanalyse ne me semblaient pas suffire à faire percevoir aux néophytes les souffrances intimes, surtout celles liées à la grande Histoire.»
Préface de Benjamin Stora
Format Broché
EAN13 : 9782742449392
ISBN : 978-2-7424-4939-2
Éditeur : Gallimard Loisirs
Date de publication : 11/05/2017
Collection : Cartooning for Peace
Nombre de pages : 120
Dimensions : 20 x 19 x 1 cm
Poids : 245 g
Langue français

Abdelmadjid Merdaci et Benjamin Stora
Pour la France, « l’Algérie est une défaite du nationalisme français, qui devait céder à une forme de nationalisme universel».
Par Makhlouf Mehenni 18 Févr. 2025. https://www.tsa-algerie.com/benjamin-stora-historien-francais-et-admirateur-de-la-revolution-algerienne/
"En cinquante ans, les choses ont profondément changé". C’est le constat que fait, avec une certaine amertume, Benjamin Stora, 75 ans, sur l’évolution de la société française vis-à-vis de la question coloniale.
Lorsqu’il a commencé à travailler sur l’histoire de l’Algérie, au milieu des années 1970, la situation était différente. « Le courant anticolonialiste était très important, notamment à gauche. Il y avait tout un bain culturel qui reconnaissait la nécessité de l’indépendance de l’Algérie. C’était quelque chose de normal, d’évident », raconte-t-il à TSA.
Résumé du livre : La Guerre d'Algérie expliquée à tous
La guerre d’Algérie (1954-1962) fut le grand épisode traumatique de l’histoire de la France des Trente Glorieuses. Et les blessures ouvertes alors ne sont pas encore refermées, comme en témoignent les polémiques mémorielles récurrentes qu’elle continue de soulever. Né à Constantine en Algérie, l’historien Benjamin Stora raconte ici cette guerre longtemps restée "sans nom", ses épisodes majeurs (des massacres de Sétif à la politique de terreur de l’OAS, en passant par le putsch des généraux et la répression en métropole) et ses acteurs principaux, français comme algériens. Il restitue cette histoire dans toute sa complexité en rendant compte des acquis et débats de la recherche historique la plus récente, par exemple en racontant comment la guerre fut vécue du côté algérien. Enfin, il revient sur les séquelles politiques et mémorielles de cette guerre de huit ans des deux côtés de la Méditerranée.
Date de parution: 01/03/2012
Editeur: Seuil
EAN: 9782020812436
FORMAT : 125 pages, 19 X 11 cm, 128 grammes
Les Algériens en France, une histoire politique
Des jeunes exaspérés et des quartiers en ébullition, des protestations et des peurs qui se répandent d’une « communauté » à l’autre : c’est peu de dire aujourd’hui que la question des enfants de l’immigration en provenance des anciennes colonies (maghrébine ou africaine) est sur le devant de la scène en France. Mais autour des réponses possibles à cette situation dangereuse, tout est vu, souvent, par le seul prisme du religieux, celui de l’Islam. Cette référence est bien sûr décisive. Mais elle n’est pas la seule si l’on veut bien se donner la peine de comprendre les enchaînements historiques d’une telle situation. Et concernant l’immigration algérienne, une des plus anciennes en France[1], très enracinée socialement et culturellement, il y a bien d’autres histoires à raconter. En particulier celle de l’engagement politique.
Entre 1995 et 2002, l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie et de l’histoire de ce pays où il est né en 1950 au sein de la communauté juive constantinoise, a vécu successivement au Viêt Nam, en Algérie et au Maroc. Trois anciennes colonies françaises (ou protectorats) qu’il (re) découvrit à la fin du siècle dernier et à l’orée du nouveau millénaire.
Entretien réalisé par Maya Zerrouk.
L'historien et spécialiste de l'Algérie Benjamin Stora est à Alger à l'invitation du recteur de la Grande Mosquée de Paris, M. Chems-eddine Hafiz, afin de participer aux festivités de la célébration du 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
En 1961, Vincent, côté scène, est un jeune chanteur dans un groupe de rock, Les Gold Star. Mais, dans le privé Vincent s'appelle Mohand, il est Algérien dans la France des « Événements d'Algérie ».
Le soir du 17 octobre, son groupe participe à un tremplin rock donnant au gagnant accès à la scène réputée de l’Olympia. Mohand est partagé entre son envie de participer au concert et sa volonté de soutenir son peuple en manifestant à l'appel du FLN. Finalement, il rejoint le groupe au Golf Drouot. En sortant du concert il découvre un Paris en guerre. Dans la nuit, de retour chez lui, il apprend que sa soeur Khelloudja a disparu. Commence alors une quête qui révèlera la violence de la répression de la manifestation.
Cette bande dessinée rend hommage à Fatima Bédar, tuée pendant la manifestation, dont le nom a été mentionné la première fois par Didier Daeninckx en 1986. Mais aussi à tous les anonymes qui ont participé à cette tragédie.
Depuis plusieurs mois, les tensions entre la France et l’Algérie font la une de l’actualité. Benjamin Stora, professeur émérite des universités et spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain, livre son regard sur cette situation et sur les pistes qui, à ses yeux, pourraient permettre de se positionner autrement face aux blessures d’un passé complexe, riche et tragique.
Au pays de mes racines - La Recherche, 19 mars 2012
19 mars 2012. Cinquantième anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, au lendemain de la signature des accords d’Evian. La Découverte réédite en coffret la trilogie très remarquable de Benjamin Stora, Histoire de l’Algérie coloniale (1830-1954), Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), Histoire de l’Algérie depuis l’indépendance (I. 1962-1988) (coll. « Repères », 3 x 128 p., 30 €).
La commémoration de la fin de la guerre, qui marque la fin de la colonisation et la fin de la présence française en Algérie, va durer plusieurs mois, jusqu’à l’été et le double souvenir qui sera réactivé de l’indépendance de la nation algérienne et de l’exil définitif d’un million d’Européens et seulement quelques dizaines de harkis (sur 230 000 musulmans profrançais). De nombreux ouvrages sont annoncés ou déjà parus sur ce conflit aux 500 000 morts (toutes catégories confondues mais surtout algériens).
