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Propos recueillis parStéphane Aubouard in MARIANNE, 11 avril 2024.
Rare dans les médias sur le sujet depuis le début de guerre entre Israël et le Hamas, l’historien Benjamin Stora, spécialiste des relations franco-algériennes a aussi beaucoup travaillé sur les relations judéo-arabes. C’est en historien de la mémoire qu’il répond à nos questions… avec Albert Camus dans sa besace.
Marianne, Six mois après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, quel sentiment prédomine chez vous ?
Benjamin Stora Mon sentiment premier, c’est que les ponts sont rompus. Et qu’aujourd’hui, pour toute personne amenée à tenter d’analyser la situation ou d’apporter des idées, il faut obligatoirement choisir de se placer d’un côté ou de l’autre du précipice. Celui qui, depuis sa rive, essaie de créer des passages ou de dresser des passerelles est immédiatement accusé d’être un traitre et de nier la réalité.
« II n'y a pratiquement plus de juifs en Algérie » : entretien avec l'historien Benjamin Stora.
Éclairage sur le contexte historique du Chat du Rabbin avec ce spécialiste de l'histoire de l'Algérie, laquelle lui est aussi intime. Depuis cinquante ans et au moins autant d’ouvrages individuels comme collectifs, Benjamin Stora travaille sur l’histoire de l’Algérie, pays où il a grandi, dans la communauté juive séfarade de Constantine.
II préside actuellement le comité français de la commission franco-algérienne Mémoires et Vérités, chargée d’un travail mémoriel commun autour de la colonisation française. Une initiative préconisée
dans son rapport remis en 2021 à Emmanuel Macron. Dans cet entretien, il revient sur la vie des juifs dans l’Algérie du début du XXe siècle, contexte historique de la BD de Joann Sfar.

Préface de Naima Yahi
Cette bande dessinée est étonnamment la première du genre à offrir un récit sur le temps long de l'immigration algérienne en France. Quand les auteurs m'ont demandé d'en écrire la préface, j'ai mesuré l'honneur qui m'était fait mais aussi la place de mon regard sur ce bel ouvrage.
Au-delà de l'intérêt scientifique que j'ai pu moi-même porter à ces générations d'immigrés algériens par mes travaux de recherche, il s'agit là également de ma propre histoire, encore si peu documentée, notamment par le neuvième art. Car que sait-on vraiment de la présence de l'une des immigrations les plus importantes du xx° siècle, à la croisée du fait colonial et du fait migratoire ?
Compte-rendu de Jean-Charles Jauffret, Historien, Professeur émérite des universités, IEP Aix-en-Provence.
A l’inverse de la guerre civile des années 1990, la guerre d’indépendance croule à présent sous une avalanche d’images. Spécialiste de la mémoire visuelle depuis ses premiers documentaires, parmi ses nombreux talents de témoin et d’historien, Benjamin Stora livre une synthèse d’une rare hauteur de vue en s’interrogeant sur les valeurs de tout ce qui a trait à l’image et à ce qu’il appelle « une mémoire visuelle enfouie ».
C’est la continuation très documentée d’Imaginaires de guerre publié par l’auteur en 1997 etle reportage, qui a fait date, des Années algériennes Années algériennesle reportage, qui a fait date, des Années algériennes de 1991.
Outre un index, une bibliographie qui rappelle l’importance d’ouvrages clefs, dont la thèse publiée de Sébastien Denis sur Le Cinéma et la guerre d’Algérie (2013), est très utile, en fin de volume, une petite chronologie des images essentielles, depuis l’interdiction du film de René Vautier, en 1957, L’Algérie en flammes, jusqu’au documentaire de cinq heures, signé par l’auteur et Georges-Marc Benamou¸ C’était la guerre d’Algérie, diffusé en 2022 par France 2.
Benjamin Stora : Pourquoi la France tarde à reconnaître les massacres du 8 mai 1945 en Algérie
Par: Makhlouf Mehenni 05 Mai 2025
https://www.tsa-algerie.com/benjamin-stora-pourquoi-la-france-tarde-a-reconnaitre-les-massacres-du-8-mai-1945-en-algerie/
Pour les 80 ans des massacres de 1945, Benjamin Stora décortique pour TSA ce qui s’est passé dans les villes algériennes de Sétif, Guelma et Kherrata, au lendemain de la Seconde guerre mondiale.
L’historien spécialiste de l’Algérie décrit des massacres de "grande ampleur", même en prenant les estimations les plus minimalistes du nombre de victimes.
Benjamin Stora évoque aussi le rôle de ces événements dans le passage à la lutte armée qui a abouti à l’indépendance de l’Algérie et aborde le volet de la reconnaissance de ce crime par la France d’aujourd’hui.
Benjamin Stora est un historien français reconnu pour ses travaux sur l’Algérie contemporaine, la colonisation et les mémoires postcoloniales. Né à Constantine dans une famille juive, il porte les traces profondes de l’exil et des silences entourant la guerre d’indépendance, ce qui a façonné son travail d’historien.
Professeur des universités, il a enseigné à Paris XIII et à l’INALCO, et a occupé le poste d’inspecteur général de l’Éducation nationale. Il a présidé le Conseil d’orientation du Musée national de l’histoire de l’immigration, contribuant à la mise en lumière des récits souvent invisibilisés.
Auteur de nombreux ouvrages, il a bouleversé notre compréhension de la guerre d’Algérie en intégrant la mémoire et la transmission des blessures. La Gangrène et l’Oubli (1991) analyse l’effacement de ce conflit dans le récit national, tandis que Ils venaient d’Algérie (1992) explore l’immigration algérienne en France. Plus récemment, il a codirigé Histoire des relations entre juifs et musulmans, mobilisant plus d’une centaine de chercheurs.
La réticence des Français à regarder leur passé colonial en face semble, petit à petit, se lever. La conquête est aujourd'hui discutée, bien que les acquis de la recherche semblent avoir du mal à infuser le débat public.
L'Histoire : "Chaque année, en France, on commémore ce qui s'est passé à Oradour-sur-Glane, c'est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous en Algérie. Est-ce qu'on en a conscience ?" a déclaré Jean-Michel Aphatie sur RTL, le 25 février 2025. Pourquoi ces propos ont-lls choqué? La France a-t-elle toujours autant de mal à assumer son passé colonial ?
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Bien que largement couverte, la guerre d'Algérie laisse la sensation, notamment pour la communauté pied-noire, d'une absence d'images pour la raconter. Mais qu'en est-il vraiment ? L'historien Benjamin Stora s'interroge sur la place de l'image sur la guerre d'Algérie et, par extension, sur le toujours difficile travail de mémoire de la France à son égard.
Comment expliquer que la sensation d'absence d'images sur les " événements d'Algérie " ait longtemps dominé, harkis, immigrés ou appelés du contingent ? Est-ce que, très tôt, la France n'aurait pas voulu " regarder " cette page sanglante de son histoire ?
Le paradoxe est qu'en réalité la guerre d'Algérie a été montrée de mille façons : images fixes des photographies, publiées dans des magazines tel Paris Match ; images de cinéma, issues de films qui n'ont pas tous laissé un souvenir mémorable ; images de documentaires, nombreux à partir des années 1990, provenant surtout des archives de l'Ina ou de l'armée française.
Effet de génération ? Plus la longue histoire de la présence française en Algérie s'éloigne, plus elle semble enfin combler ses " lacunes mémorielles ". Et l'historien de s'interroger : le passage à l'image pour l'écriture de l'histoire est-il un moyen efficace d'approcher une vérité ?
L'avalanche des images est-elle, au contraire, un frein pour la connaissance ?
Une réflexion menée à la lumière du " travail de mémoire visuelle " entrepris par Benjamin Stora depuis plus de trente ans, au fil des films de fiction et documentaires auxquels il a contribué.
Auteur : Benjamin Stora
Éditeur : Éditions de L'Archipel
Date de parution : 17/10/2024
Collection : Histoire
Directeurs d'ouvrage : Karima Dirèche, Benjamin Stora, Mathias Dreyfuss.
La France est aujourd’hui le pays qui compte les populations juives et musulmanes les plus importantes du continent européen.
Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours propose une nouvelle lecture de l'histoire des relations entre ces deux populations depuis le XIXe siècle. Une histoire située de part et d’autre de la Méditerranée qui, après la décolonisation, se poursuit en France métropolitaine.
Ayant partagé la même langue et la même culture pendant près d’un millénaire, les juifs et les musulmans du Maghreb ont vu leurs destins collectifs bouleversés par la colonisation française. La conquête coloniale de l’Algérie, puis la mise sous protectorat de la Tunisie (1881) et du Maroc (1912) transforment les sociétés maghrébines. Elles tendent parfois à rapprocher juifs et musulmans dans une même communauté de destin, tantôt au contraire à les séparer selon différentes lignes de fracture et à les déterminer à quitter leur terre natale. Ces départs, de gré ou de force, se font majoritairement vers la France où la vie intercommunautaire se recompose difficilement. Malgré de nombreux points communs, la séparation se creuse.
Appuyé sur les recherches les plus récentes et en grande partie inédites au public francophone, ce catalogue richement illustré réunit autour de Benjamin Stora, Karima Dirèche et Mathias Dreyfuss un collectif international d’auteurs spécialistes de la question. Leur objectif : sortir des sentiers battus d’une histoire mal connue, et souvent réduite aux tensions actuelles et à l’image de « frères ennemis ».
Type : Catalogue d'exposition
Format : broché
Éditeur : Seuil
Parution : 15/04/2022
BENJAMIN STORA FRANCIA-ALGERIA
LE PASSIONI DOLOROSE
EDIZIONE ITALIANA A CURA DI FABIO LIBASCI E KATIA
MIMESIS/ STORIA E STORIE DEL MONDO
La colonisation est-elle le dernier grand tabou de l’histoire de France ? Doit-elle s’excuser ou réparer ce passé ? Peut-on réconcilier les mémoires de la colonisation, nécessairement plurielles, autour d’un récit commun ? Pour éclairer ces enjeux toujours brûlants, deux historiens de référence, Benjamin Stora et Pascal Blanchard interrogent tant la place de la colonisation dans la mémoire nationale que la nécessité de sa transmission.
Parler de la période coloniale reste un exercice délicat, presque toujours un défi, car elle est source de passions et de fractures. Au milieu de débats trop souvent polarisés entre les décoloniaux les plus radicaux et les nostalgiques d'une « grandeur perdue » de la France, il est difficile de faire entendre une autre voix, soucieuse du temps long : celle des historiens.
Deux siècles de domination, de luttes, d'exils... et des mémoires toujours irréconciliées Depuis plus de 60 ans, les relations entre la France et l'Algérie oscillent entre tensions diplomatiques, mémoires à vif et récits concurrents. Héritée de 132 ans de colonisation et d'une guerre d'indépendance sanglante, cette histoire commune reste un sujet brûlant des deux côtés de la Méditerranée. En 45 questions-réponses, Thomas Snégaroff et Benjamin Stora explorent les grandes étapes de la colonisation, les ressorts du nationalisme algérien, les fractures mémorielles et les conséquences profondes sur les sociétés contemporaines.
Broché,
17 euros, 200 pages, 155 x 210
ISBN : 979-10-375-1471-4
Éditeur : Éditions Les Arènes
Date de parution : 23/10/2025
Rare dans les médias sur le sujet depuis le début de guerre entre Israël et le Hamas, l’historien Benjamin Stora, spécialiste des relations franco-algériennes a aussi beaucoup travaillé sur les relations judéo-arabes. C’est en historien de la mémoire qu’il répond à nos questions… avec Albert Camus dans sa besace.
Marianne, dans la guerre entre Israël et le Hamas, quel sentiment prédomine chez vous ?
Benjamin Stora : Mon sentiment premier, c’est que les ponts sont en grande partie rompus. Et qu’aujourd’hui, pour toute personne amenée à tenter d’analyser la situation ou d’apporter des idées, il faut obligatoirement choisir de se placer d’un côté ou de l’autre du précipice. Celui qui, depuis sa rive, essaie de créer des passages ou de dresser des passerelles est immédiatement accusé d’être un traitre et de nier la réalité.
Dans leur livre « France/Algérie. Anatomie d’une déchirure », les historiens remontent à la source de la blessure coloniale pour éclairer les soubresauts de l’actualité. Par Frédéric Bobin.
Voici un petit livre éminemment salutaire par les temps qui courent. A l’heure où les agoras grondent de fausses évidences, la modeste pédagogie du savoir étayé et accessible au plus grand nombre tient de l’urgence citoyenne. En ce sens, le précis d’histoire signé par Thomas Snégaroff et Benjamin Stora France/Algérie. Anatomie d’une déchirure (Les Arènes/France Inter, 190 pages, 17 euros) est une heureuse surprise.
Né en 1933, Mohammed Harbi est décédé ce 1er janvier 2026 à Paris. Benjamin Stora rend hommage à cette grande figure de l’histoire algérienne, par ses engagements de citoyen et d’historien.
Publié en 1975, Aux origines du FLN, le populisme révolutionnaire en Algérie, le livre de Mohammed Harbi a été un vrai choc pour moi. J’étais alors un jeune étudiant de vingt-cinq ans préparant à l’École des hautes études en sciences sociales sous la direction de Charles-Robert Ageron une thèse sur Messali Hadj. A la lecture de son ouvrage, Mohammed Harbi m’est apparu comme un intellectuel maghrébin pour qui les mots n’ont pas de nationalité ni d’origine, et sont donc des êtres libres, rétifs à tout embrigadement, libres d’aller où bon leur semble sans devoir rendre des comptes aux États. Un historien qui n’a que faire des étiquettes politiques, plus attaché à l’intelligence, aux idées, qu’à la nationalité. Un être de chair et de sang, de solitude, mais qui veut partager avec les autres un peu de ce qui le constitue.
Introduction. L’histoire en marche l'Algérie après Bouteflika
Raconter une révolution toujours en acte, quasiment en temps réel et en direct, n’est pas une tâche facile. Les révolutions ouvrent « l’horizon des possibles ». Elles posent un défi à la narration historique de cet évènement. Le récit de l’historien est alors constamment bousculé par les aléas, confronté aux incertitudes d’une histoire qui s’amuse à décevoir les plus hardis de ses explorateurs.
MARE NOSTRUM 20 novembre, 2020.
C’est au sein de la prestigieuse collection “Bouquins” chez Robert Laffont que Benjamin Stora publie “Une Mémoire algérienne”. Il s’agit d’un recueil de textes écrits à partir de 2003. Ouvrage en grande partie autobiographique, car – sur les six essais – les trois premiers nous dévoilent l’homme, son enfance, son militantisme politique, son parcours professionnel.
De Jacques Chirac à Emmanuel Macron, il est devenu l'interlocuteur incontournable des Présidents sur la guerre d'Algérie. Issu d'une famille juive de Constantine confrontée à l'exil en 1962, Benjamin Stora s'est toujours attaché à explorer l'histoire par le biais de la mémoire.
« Charonne », ou l’oubli impossible.
Le nom de la station du métro parisien « Charonne » est entré dans le Panthéon des mémoires douloureuses françaises le 8 février 1962, comme un symbole de la résistance à la guerre d’Algérie. Ce soir-là, une manifestation est organisée contre l’OAS. Cette organisation rassemble les partisans de l’Algérie française qui pratiquent une politique de « la terre brûlée » contre les militants, algériens ou français, favorables à une solution négociée en Algérie (la guerre d’Algérie dure depuis novembre 1954…..). Au début de l’année 1962, en France, l’OAS multiplie ses actions violentes qui soulèvent l’indignation d’une opinion française excédée. La gauche dénonce « le danger fasciste » et appelle, ce 8 février 1962 à une manifestation de « défense républicaine ». La manifestation est organisée par les syndicats, CFTC, CGT, UNEF, SGEN, SNI, auxquelles se sont associées les organisations de gauche, dont le PCF et le PSU. Selon Alain Dewerpe, il s’agit « d’une manifestation de militants et, toutes obédiences confondues, de militants souvent durablement engagés dans la lutte anticolonialiste ». Il relate aussi, d’après témoignages, que « l’UNEF et le PSU sont majoritaires en tête et au sein du cortègecomposé en grande partie de militants communistes »[1]
De BENJAMIN STORA et SÉBASTIEN VASSANT
Un des meilleurs historiens de la guerre d’Algérie et un talentueux auteur de bande dessinée unissent leur passion et leur savoir-faire pour proposer la première histoire dessinée de la guerre d’Algérie.
Voici un récit vivant, à multiples points de vue, qui intègre les acquis de la recherche la plus récente et n’occulte rien des horreurs du conflit ni des déchirements qui le traversent. Et qui mobilise toutes les ressources de la narration graphique pour donner la parole à ses acteurs, restituer ses enjeux, ses atmosphères et ses paysages, d’une manière novatrice et accessible à
tous. Une initiation sans équivalent à une guerre dont les blessures ne sont pas encore refermées.
Né à Constantine, en Algérie, en 1950, BENJAMIN STORA est l’auteur d’une trentaine de livres et de nombreux documentaires qui font référence. Il préside le conseil d’orientation du musée national de l’Histoire de l’immigration. Son combat de toujours a été de faire toute sa place à la diversité des mémoires du conflit, des deux côtés de la Méditerranée.
Né en 1980, SÉBASTIEN VASSANT est dessinateur et scénariste de bande dessinée, et passionné d’histoire. Il est l’auteur de Frères d’ombre (Futuropolis, 2013), de Juger Pétain (Glénat, 2015) et de Politique qualité (Futuropolis, 2016).
Son travail s’est appuyé sur de nombreux documents d’archives : photographies,journaux d’époque, témoignages écrits et filmés.
Album: 190 pages, Éditeur : Seuil (6 octobre 2016), Collection : DOCUMENTS (H.C)
Benjamin Stora, avec Alexis JenniRéflexions de l'historien sur le racisme dans la société française contemporaine, hérité du passé colonial de la France, et sur la nécessité de se débarrasser de cette image dépassée pour pouvoir affronter les enjeux du monde moderne.
Elles sont précédées d'un dialogue avec A. Jenni dans lequel sont évoquées notamment les attaques terroristes qui ont frappé la France en 2015. ©Electre 2016
Les mémoires dangereuses : de l'Algérie coloniale à la France d'aujourd'hui
Le transfert d'une mémoire : de l'Algérie française au racisme anti-arabe de Benjamin Stora avec Alexis Jenni
Albin Michel Paris , collection Documents , (décembre 2015), 232 pages , 18 €

Pourquoi quoi a-t-on pris du retard dans l’enseignement de l’histoire coloniale et de la guerre d’Algérie en France ?
Benjamin Stora : Une grande partie de mes travaux depuis un demi-siècle porte sur ce sujet. En dépit du travail des historiens persiste cette impression de vide. De fait, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie, il y a eu plusieurs types d’oubli : avant tout, un oubli nécessaire pour vivre. Les principaux groupes porteurs de cette mémoire ne pouvaient pas se construire dans le ressassement. Ils voulaient avancer dans la société française d’autant que, dans les années 60-70, cette société est emportée par le vent de la modernisation. D’un côté, les harkis, les pieds-noirs et les anciens appelés veulent oublier pour refaire leur vie mais la société toute entière veut elle aussi sortir de la guerre qui avait commencé en 1939 et continué avec les guerres d’Indochine et d’Algérie. Il y a d’autres types d’oublis plus complexes à analyser : un oubli méthodique organisé par l’État, à travers toutes les lois d’amnistie votées, prévues dans les accords d’Evian, qui prévoient qu’aucun procès ne soient intentés contre les acteurs de cette guerre. Il y a ensuite la loi de 1964, celle de 1968 qui fait revenir et amnistie les anciens partisans de l’OAS, celle de 1974 qui indemnise les « rapatriés », enfin la loi de 1982 qui absout les généraux putschistes… Il y a enfin un oubli lié à la mauvaise conscience d’une société qui ne pouvait faire face aux exactions commises, à la violence de la pénétration coloniale, à l’abandon des harkis. La culpabilité favorise l’oubli.
Renaud de Rochebrune, Benjamin Stora. Editions Denoël, octobre 2011. Préface de Mohammed Harbi
Introduction de l'ouvrage
« La lutte s’est engagée entre deux peuples différents, entre le maître et le serviteur. Voilà tout. Il est superficiel de parler comme le font les journaux d’un réveil de la conscience algérienne. C’est là une expression vide de sens […]. Les Algériens n’ont pas attendu le xxe siècle pour se savoir algériens. » Le montagnard kabyle qui écrit ces lignes fin 1955, un an après le début de la guerre d’Algérie, n’est pas un indépendantiste radical.
Revue consacrée aux tirailleurs marocains pendant la seconde guerre mondiale
Aujourd'hui, historien médiatique dont l'influence s'étend jusqu'à l'Élysée, Benjamin Stora a grandi dans l'Algérie française avant de connaître l'exil et les luttes politiques du tournant des années 1970. Des années de formation qui ont profondément influencé son parcours et son travail. Cet article est le premier volet d'une série en trois parties consacrée à l'historien Benjamin Stora.
Benjamin Stora à 20 ans. En 1970, étudiant en histoire à Nanterre, il vient d'intégrer l'Organisation communiste Internationaliste (DR)
Les Clés retrouvées: Une enfance juive à Constantine, by Benjamin Stora, Paris, Éditions Stock, 2015, 152 pp., €17 (paperback), ISBN 978-2-234-
in THE JOURNAL OF NORTH AFRICAN STUDIES 533
Sous la direction de Benjamin Stora
Plusieurs siècles avant le début de l'ère chrétienne, les juifs vivaient autour de la Méditerranée, le long des bords de l'Euphrate. Des siècles précédant l'avènement de l'islam aux premières dynasties du monde musulman, de l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492 à l'essor de centres juifs dans l'Empire ottoman, et enfin de l'influence croissante de l'Europe dans le monde méditerranéen à l'exil des juifs du monde arabe, cet ouvrage met en lumière les expressions les plus signifiantes des cultures juives en terres d'islam et les échanges remarquables entre les deux communautés tout au long de l'histoire.
Editeur : Gallimard
Date de parution :18/11/2021
Collection : Albums Beaux Livres
EAN : 9782072953477
Spécialiste de la guerre d’Algérie, l’historien Benjamin Stora publie un nouveau livre consacré à la "déchirure" entre la France et l’Algérie. Pour lui, les accords de 1968 ont été vidé de leur substance il y a longtemps.
Avec ces accords de 1968 entre la France et l’Algérie, de quoi parle t’on exactement ?
«En 1962, les accords d’Evian prévoyaient la libre circulation totale entre les deux pays. Celle-ci visait surtout les Français d’Algérie. C’était les 30 Glorieuses. Les travailleurs algériens ont également traversé la Méditerranée et ont d’ailleurs contribué au développement de la France. En 1968, le général de Gaulle a décidé de réguler les frontières. C’est devenus plus strict, y compris pour les Algériens, malgré quelques compensations.»
En ce début mai, impossible de franchir le seuil d'une librairie ou d'ouvrir un journal sans tomber sur une commémoration de 1968. Images, récits, histoires, sous les pavés, cinquante ans de flash-back.
Madame la Ministre,
Monsieur le Président du Mucem,
Messieurs les représentants des ambassades d’Algérie et du Maroc,
Chers amis,
Je voudrais tout d’abord remercier tous les intervenants, souvent venus de fort loin, et qui se sont succédés tout au long de cette journée si particulière. Leur dire toute mon amitié et ma reconnaissance.
En ce moment si important de ma vie, j’ai une pensée particulière pour mes parents et je vois le visage de certains d’entre eux dans la salle ; une pensée pour ma sœur, et ma mère, femme juive de la tradition de Constantine, devenue ouvrière d’usine pendant de 25 ans à l’usine de Peugeot.
L'œuvre, l'itinéraire d'Albert Camus sont revenus en force sur le devant de la scène culturelle et politique. Et la sortie en salles du film de Gianni Amélio, adapté du livre de Camus, Le Premier homme, participe de ce mouvement général. Pourquoi, aujourd'hui, avons-nous encore tant besoin de Camus ?
De sa naissance à Mondovi dans le Constantinois en 1913, jusqu'à l'accident qui, en janvier 1960 jeta contre un arbre la Facel-Vega qui le transportait et le tua sur le coup, la vie d'Albert Camus, traversée par de longues vagues qui le portent et l'épuisent, nous intrigue, nous passionne toujours.
Le 23 octobre, dans l'émission “Face à l'info” sur Cnews, Eric Zemmour a affirmé qu'il se situait “aujourd'hui du côté du général Bugeaud”, même s'il a massacré “les musulmans, et même certains juifs” en Algérie. L'historien de l'Algérie Benjamin Stora revient sur cette figure méconnue.
Préface de l’ouvrage Décolonisations françaises. La chute d’un Empire
(Éditions de La Martinière, 2020)
Les décolonisations : importance et déni
Par Benjamin Stora
Capitalisme agraire, agriculture privée et paysannerie parcellaire, 1970-1984 : essai d’analyse des formes de décomposition de la paysannerie parcellaire, étude de cas : la région de Mouladheim et Terraguelt dans les hautes plaines de l’Est algérien.
Soutenue par Mohammed Guerras, à l’université Paris VIII, Saint Denis,
Thèse de doctorat en sociologie, soutenue en 1997.
Mention, Très honorable.
Résumé
Le travail entrepris sous le thème "capitalisme agraire, agriculture privée et paysannerie parcellaire" est un sujet à la fois ample et précis. Il est balisé dans l'espace (une étude de cas) et dans le temps (la période 1970-1984). Le sous-titre inscrit "essai d'analyse des formes de décomposition de la paysannerie parcellaire" dessine d'emblée les contours d'une problématique dans laquelle bon nombre de disciplines des sciences sociales sont sollicitées. A la complexité du sujet lui-même, va s'ajouter la difficulté d'ordre méthodologique qui consistera pour nous à quitter les catégories classiques de la sociologie, les certitudes de leur réalité empirique, pour explorer d'autres lieux nécessaires à la compréhension des processus qui sont à l'origine des différenciations sociales au sein de la paysannerie algérienne.
Résumé du film : Qui connaît Émilie BUSQUANT? Qui sait qu'elle fut la compagne de Messali HADJ, le père du nationalisme algérien, et qu'elle aurait cousu le premier drapeau algérien ? Dans les manuels scolaires, dans l’Histoire officielle française et algérienne, Émilie BUSQUANT n’existe pas.
Lundi 8 janvier 2007, Centre Pompidou - Avec : Mohammed Arkoun[1], Benjamin Stora[2] et Gilles Veinstein[3]. Modérateur : Emmanuel Laurentin[4].
Emmanuel Laurentin : Passons maintenant au xxe siècle, mais également au xixe siècle avec toute l’épopée coloniale, et donc à Benjamin Stora. Ce que vient de dire Gilles Veinstein, à savoir l’ambiguïté, l’ambivalence, mais également cet événement fondateur qu’a été l’entrée par effraction des armées de Bonaparte en Égypte, avec ce rapport très fort qui s’est établi alors entre ces populations, et cet échange violent ainsi que cette fragilisation de l’Empire ottoman ont des conséquences dans la perception que les Européens, et les Français en particulier, se font de ce que sont le monde arabe, l’islam et les musulmans.
Benjamin Stora : Pour prolonger ce que disait Gilles Veinstein, la conquête de l’Algérie marque une rupture en ce qu’elle consiste à arracher une partie de l’Empire ottoman – qu’on appellera par la suite « l’homme malade ».
L’Arrivée, de Benjamin Stora, premières lignes du livre.
« Dans l’avion, au moment du décollage, j’observe les passagers. Certains pleurent. Les visages sont tristes, fatigués. Très vite, un grand silence s’installe. L’inquiétude, la violence de la situation écrasent tout désir de conversation. Plus personne n’ose parler. Puis, derrière les hublots, la nuit apparaît. Si soudainement que nous n’avons pu voir la terre algérienne s’éloigner. Cette terre déjà absente. Ainsi, je n’ai pas conservé dans ma mémoire la “dernière image” d’un pays disparu.
Il fait nuit, encore, lorsque nous arrivons à Orly. Mon oncle Robert, le frère de ma mère, nous y attend. En guise d’accueil, une hôtesse de la Croix-Rouge offre à chacun de nous un bonbon. Nous étions en France et, à défaut de Ville lumière, installé sur la banquette arrière, à travers la vitre de la voiture, je contemplais la noirceur du périphérique jusqu’à notre destination, Montreuil, en banlieue parisienne… »
Benjamin Stora
Date de parution : 7 septembre 2023
19.90 €
240 pages
Format : 14,5 x 21,5 cm
EAN papier : 9791021054448
EAN numérique : 9791021054455
Droits disponibles à l'étranger

De BENJAMIN STORA
L’histoire des Juifs d’Algérie est riche de plusieurs millénaires, mais s’autonomise à partir de 1830, date de la conquête française. Puis, du décret Crémieux en 1870 qui leur donne la nationalité française à l’indépendance de l’Algérie en 1962, elle est scandée de ruptures, de déchirements, d’exils, malgré l’attachement profond à une terre avec laquelle chaque famille restera liée.Entre le récit historique et le document privé, la mémoire collective et individuelle, ce livre dessine le parcours et les grandes étapes de la communauté juive d’Algérie.
Plus de 150 photographies présentées et commentées avec précision et finesse nous emmènent à Alger, Constantine, Oran et dans le Sud algérien. Elles disent les rapports à la tradition culinaire, musicale, vestimentaire, à la France et à la République, mais aussi entre les différentes communautés. Elles racontent les lieux marquants, les odeurs, les fêtes, un quotidien et un mode de vie, un univers inoubliable tramé de relations familiales et amicales fortes.
Relié: 224 pages, Éditeur : Larousse (28 septembre 2016), Collection : Beaux livres Larousse
Le grand invité Afrique
Regarder l'histoire en face et sans se livrer à une guerre des mémoires, c'est l'enjeu de la Commission mixte de dix historiens algériens et français lancée il y a 18 mois, par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron et qui vient de tenir sa quatrième réunion à Paris, il y a 10 jours. Benjamin Stora, qui préside cette Commission côté français et qui, par ailleurs, vient de publier L'arrivée, de Constantine à Paris, aux éditions Tallandier, espère que, dès cette année, la France pourra restituer à l'Algérie des biens hautement symboliques.
Le journal Causeur vient de publier le 26 décembre 2024 sur son site un long article diffamatoire sur ma vie et mes travaux, signé de Jean-Pierre Lledo.
Avant de répondre, sur un plan factuel, aux graves accusations qui sont portés contre moi, je voudrai préciser deux points :
Je subis depuis de nombreuses années des violentes attaques antisémites publiées, en Algérie sur des sites comme Algérie patriotique (pas moins de huit articles qui m’attaquent en tant que juif) ; en France dans diverses publications comme Riposte Laïque (dans lequel écrit régulièrement monsieur Lledo) remettant en cause ma qualité d’historien, en me traitant « d’historien officiel », ou « d’historien de cour ».
Pendant que Jean- Pierre Lledo était militant du Parti communiste algérien pendant de nombreuses années (de l’indépendance de l’Algérie en 1962 à son départ du pays en 1993,) il n’a cessé de défendre en Algérie les différents pouvoirs qui se sont succédés : de celui de Houari Boumedienne, à celui de Chadli Bendjédid. Pendant toute cette longue période, je ne l’ai pas rencontré dans tous les combats que j’ai mené à cette époque : la défense des militants du « Printemps berbères » en 1980; le combat contre le code de la famille en 1983 ; les luttes pour la construction de la Ligue algérienne des droits de l’homme commencée en 1984 ; la campagne pour la libération des militants arrêtés en 1985…. Et je pourrai poursuivre la longue liste des combats menés où je n’ai jamais croisé Jean-Pierre Lledo.
Après l'engagement politique intense de sa jeunesse, Benjamin Stora a travaillé à une meilleure connaissance et compréhension de l'épisode douloureux de la guerre d'Algérie. Un travail d'historien, innovateur et parfois critiqué, qu'il a tenu à sortir des sphères académiques.
Benjamin Stora en 2010 I BERTRAND LANGLOIS / AFP
Cet article est le deuxième volet d'un portrait en trois parties de l'historien Benjamin Stora. À lire: Constantine, Sartrouville, Nanterre… Benjamin Stora, une jeunesse française
Chems-Eddine Hafiz, le recteur de la Grande mosquée de Paris, a reçuBenjamin Stora dans un podcast mis en ligne sur les réseaux sociaux. L’historien a parlé des 50 ans qu’il a passés à travailler sur l’histoire de l’Algérie, a fait des confidences sur le rôle qu’il a joué ces dernières années dans la tentative de réconciliation mémorielle entre l’Algérie et la France.
Première révélation de Benjamin Stora, le président Emmanuel Macron est venu le consulter sur la question en 2016, soit avant son élection en 2017. « Comme l’histoire est très longue, il faut être patient », a-t-il dit au jeune candidat à la présidentielle, lui conseillant de « choisir des gestes symboliques et aller pas à pas ».
Prix de la mise en scène au Festival de Cannes de 2005, Caché, est un saisissant thriller psychologique. Mais aussi une œuvre qui nous invite à revisiter notre passé. En particulier la guerre d’Algérie. Le jury du Festival de Cannes 2009 lui attribue la Palme d’Or pour Le Ruban blanc, son premier film en costumes et en noir et blanc qui narre le basculement d'une société villageoise allemande dans l'obscurantisme à l'aube de la première guerre mondiale. Le jury du Festival de Cannes 2012 lui remet une seconde Palme d'or pour Amour, avec Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva.
13 mars 2012 | Par Antoine Perraud - Mediapart
Des cataractes de documentaires et de fictions inondent les chaînes de télévision en ce mois de mars 2012, à l'occasion du cinquantième anniversaire des accords d'Évian et donc du cessez-le-feu en Algérie. Ce dimanche, il y a eu La Déchirure, sur France 2, avec son lot d'archives coloriées (le noir et blanc semble être devenu horrifique). Hier lundi, sur Arte, ce fut La Bataille d'Alger, de Gillo Pontecorvo, film tourné en 1965, au moment même où, sur place, profitant de ces prises de vues annoncées, Boumédiène (1932-1978) déployait ses chars pour renverser Ben Bella (né en 1916).
En cette année de cinquantième anniversaire de la fin d’une guerre qui vit l’Algérie accéder à l’indépendance, la diffusion d’un film documentaire (Guerre d’Algérie, la déchirure, de Gabriel Le Bomin et Benjamin Stora, diffusé sur France 2 le dimanche 11 mars 2012 à 20h30) fait ressurgir l’une des plus grandes polémiques médiatiques qu’ait connue la France pendant la guerre d’Algérie, dans les derniers jours de l’année 1955.
Votre film commence par la mise en scène d'un événement familial, le retour de votre mère et de votre sœur à Constantine, sur les lieux où vous avez vécu jusqu'à l'indépendance de l'Algérie. Ce procédé, qui met en scène votre intimité, n'est-il pas une entorse au devoir de distance qu'on attend de l'historien ?
Benjamin Stora : Tout à fait. Cette entrée en matière est un choix délibéré de ma part. L'histoire de l'Algérie est vécue, la plupart du temps, sur le mode passionnel. Elle est synonyme de subjectivité et de drame. J'ai donc décidé commencer ce propos en impliquant mon regard et ma sensibilité. Il s'agit d'une forme d'égo-histoire.
C'est sous le signe de l'amitié algéro-française que la communication intitulée justement "France-Algérie : Benjamin Stora, un historien des deux rives" a été donné, samedi dernier, à l'institut Français d'Alger.
Postface de Benjamin Stora au Rapport de préfiguration de l’exposition du Musée de l'immigration : "Faire musée d’une histoire commune", sous la direction de Patrick Boucheron et Romain Bertrand. Ed du Seuil, 2019.
C’est devenu un lieu commun de rappeler que l’intelligence du passé nous informe d’abord sur la préoccupation du présent.
Le parti socialiste S. F. I. O. en Algérie 1920-1954 par Mouloud Aouimeur
Thèse de doctorat en Histoire.
Soutenue en 1998, à l’université Paris VIII-Saint Denis.
Mention, Très honorable.
Résumé
Cette étude micro-historique consiste a écrire l'histoire du Parti Socialiste S. F. I. O (section française de l'internationale ouvrière) non a travers son appareil central mais en mettant en valeur ses instances de base. Elle prend pour lieu de recherche l'Algérie entre 1920 et 1954, dates marquant deux événements importants: le congres de Tours et l'insurrection algérienne. Pour la S. F. I. O, l'Algérie est plus un réservoir électoral qu'un territoire susceptible de devenir un jour socialiste.
En 1954, la France vit des jours heureux, les années noires de la Deuxième Guerre mondiale sont derrière elle, l'économie est en plein essor et les salaires augmentent. Aux confins de son empire colonial, un conflit s'achève dans la plus grande indifférence : la guerre d'Indochine. Entre les accords de Genève reconnaissant l'indépendance du Vietnam signés le 20 juillet, aux débuts du soulèvement armé en Algérie, en novembre, 100 jours font craquer l'Empire français et annoncent la fin d'un monde. S'inspirant de l'exemple vietnamien, des militants algériens, puis marocains et tunisiens, décident de passer à l'action pour obtenir l'indépendance.
De Benjamin Stora et Nicolas Le Scanff
Éditions la découverte
Collection : Bande Dessinée
En librairie, le 7 octobre 2021
Auteur d’une profusion d’ouvrages sur l’Algérie, dont La Gangrène de l’oubli, Transfert d’une mémoire et Imaginaire de guerre, professeur d’université à l’INALCO et directeur scientifique de l’Institut Maghreb-Europe, l’historien et sociologue Benjamin Stora restitue dans cet ouvrage une épisode fondamentale de l’Algérie coloniale.
Algérie 1954, publié aux éditions “Bargakh”, plonge aux sources du mouvement national, relate les différents cycles résistance-répression et jette un regard sur la crise de l’empire colonial. L’auteur projette ainsi un rayon de lumière sur les tenants et les aboutissants des événements politiques et donne une grille de lecture qui aide à mieux comprendre l’expression insurrectionnelle du 1er novembre 1954.
Il faut, dit-on, deux générations à la mémoire collective pour digérer un passé douloureux. Cinquante ans après le déclenchement de l'insurrection algérienne, le 1er novembre 1954, le moment est-il enfin venu de mettre définitivement fin à une amnésie qui a trop longtemps duré ?
C'est le défi qu'ont relevé Mohammed Harbi et Benjamin Stora en rassemblant les meilleurs spécialistes de la question. Vingt-cinq historiens, toutes générations, toutes nationalités, toutes origines confondues, font donc ici le point sur la connaissance historique actuelle de la guerre d'Algérie, pour passer de la mémoire à l'Histoire.
Privilégiant une approche thématique plutôt que chronologique, centrée sur les acteurs et le travail de mémoire, ils brossent un panorama complet du drame algérien, qui est appelé à faire référence.
Etude (broché)
Editeur : Robert Laffont (Mars 2004)
Langue : Français
ISBN : 2-2211-0024-7
LES MÉMOIRES DANGEREUSES
de Benjamin Stora, avec Alexis Jenni
Éditions Albin Michel, 232 p., 18 €
La lecture du petit livre de Benjamin Stora écrit avec Alexis Jenni intitulé Les Mémoires dangereuses, illustre la prégnance et la présence du passé commun dans l’actualité.
Contrairement à ce que l’on croit et va partout répétant, les peuples ont la mémoire longue. Sans cette masse innombrable et invisible de tenaces souvenirs qui sont une part importante de l’identité des communautés humaines, leur soubassement mental, l’histoire serait littéralement inexplicable et la violence totalement incompréhensible. Le passé colle à la peau de l’actualité et lui donne sa teinte dominante, entre le noir sinistre et le rouge sang. Les guerres et le terrorisme, ces plaies perpétuelles de l’espèce humaine, germent dans les têtes là où sont stockés les souvenirs de ce qui fut.
Le Front populaire se constitue officiellement en juin 1935. Il se disloque en octobre 1938. C’est une brève période, mais qui va affecter durablement l’histoire politique, économique et sociale de la France à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Curieusement, au milieu d’une Europe où les périls montent de mois en mois, les problèmes extérieurs (mise à part la question de l’Espagne à partir de l’été 36), ne vont jouer qu’un rôle secondaire. Ce qui frappe rétrospectivement, c’est l’extrême ignorance de l’opinion française à l’égard des problèmes internationaux, la sous-information vis-à-vis des réalités coloniales[2]. Mais au moment même où l’histoire est en train de s’accomplir, de petites organisations de la gauche du mouvement ouvrier français émettent les plus vives oppositions, prévoient que le blocage de la situation au Maghreb va conduire à des « explosions[3] ».
Il y a 68 ans, dans la nuit du 30 octobre au 1er novembre 1954, trois bombes explosaient à Alger, marquant le début de la « Toussaint rouge » et de la guerre d’Algérie. Spécialiste de l’histoire du conflit, Benjamin Stora analyse pour JA la perception qu’en ont aujourd’hui les populations sur les deux rives de la Méditerranée.
L’historien n’a eu de cesse d’œuvrer à la réconciliation franco-algérienne en amenant par ses travaux Paris à faire son devoir de mémoire. Un site nationaliste proche des militaires au pouvoir à Alger s’en est pris à lui en tant que Juif, sans susciter d’indignation dans le pays.
L’Algérie ne cesse de se refermer. La dégradation du débat général que l’on constate avec cette mécanique infernale, maintenant bien connue, de l’info en silo, par laquelle chacun voit le monde au prisme de sa communauté numérique, alimentée via les algorithmes, est démultipliée en Algérie. S’informer via les seuls réseaux sociaux n’équivaut plus à se documenter, à s’interroger sur le monde mais, le plus souvent, à nourrir d’arguments son avis préétabli.
Vortrag von Prof. Dr. Benjamin Stora (Paris-13-Universität) - Dienstag, 1. Februar 2011
19 Uhr, Goethe-Universität Frankfurt, Campus Westend ÜBERSETZUNG
Die anschliessende Diskussion wird konsekutiv von Dr. Thomas Lienhard (Leiter des IFHA) und Prof. Dr. Roland Spiller (Leiter des Instituts für Romanische Sprachen und Literaturen) übersetzt.
De Benjamin Stora et Renaud de Rochebrune.
Peut-on raconter autrement l’histoire de la guerre d'Algérie ? L’ambition de ce livre est de rapporter, en se fondant sur toutes les sources possibles et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles, un récit de cette guerre telle qu’elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les combattants indépendantistes. Ce second volume, qui s’ouvre avec l’assassinat d’Abane Ramdane par les autres chefs du FLN, au lendemain de la bataille d’Alger, et va jusqu’à l’indépendance et les implacables luttes pour le pouvoir qu’elle entraîne, confirme que, sous ce regard neuf, la plupart des aspects du conflit prennent un tour totalement différent. Le temps de la politique et des négociations en vue de mettre un terme au conflit, quand l’aspect militaire du combat devient peu à peu moins essentiel, sera en effet aussi celui de profonds bouleversements, ignorés du côté français, au sein du FLN. Des bouleversements provoquant des affrontements dont les premiers bénéficiaires seront Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene au cours de l’été 1962 , mais dont les conséquences se font sentir jusqu’à aujourd’hui.
Broché: 448 pages, Editeur : Denoël (13 octobre 2016), Collection : Médiations
Propos recueillis par Nadjia Bouzeghrane pour El Watan.com
Nadjia Bouzeghrane : Alors que l’immigration maghrébine est appréhendée sous un angle restrictif et négatif, Les hommes libres, le film d’Ismaël Ferroukhi, auquel vous avez collaboré, montre un aspect méconnu de l’immigration algérienne pendant l’entre-deux guerres et durant la Seconde Guerre mondiale, celui de sa participation à la résistance à l’occupation nazie. Comment expliquez-vous que ce volet de l’histoire de l’immigration algérienne soit peu connu ou occulté ?
Benjamin STORA : Les immigrés algériens en France étaient environ près de cent mille, au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale. Certains vont fuir après la débâcle de mai 1940, mais beaucoup resteront sur place, pris au piège.
Translated by Jane Marie TODD
Foreword by William B. QUANDT
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Cornell University Press
Les crispations croissantes entre Paris et Alger ramènent, une fois encore, à la mémoire de la guerre d’Algérie. L’historien Benjamin Stora, invite à penser la réconciliation sur le temps long.
Incarcération de l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, renvoi vers Paris d'un influenceur algérien expulsé pour ses appels à la violence. Pourquoi cette soudaine escalade ?
L'an dernier, Emmanuel Macron a décidé d'appuyer le plan marocain sur le Sahara occidental. Or, Alger soutient les indépendantistes de la région. Cette position a mis le feu aux poudres. Elle est venue percuter le travail mémoriel entrepris après la remise de mon rapport. L'Algérie et la France entretiennent une relation peu ordinaire sur la scène diplomatique qui explique l'apparition régulière de points de tension. Des millions de personnes sur le sol français ont un lien avec l'Algérie. Ces différends ne peuvent donc pas se résumer à une question de politique étrangère, ils ont aussi une dimension de politique intérieure.
François Hollande et Benjamin Stora en 2011 I PATRICK KOVARIK / AFP
À propos de la série
Benjamin Stora éclaire l'histoire complexe et passionnée des relations franco-algériennes, depuis la colonisation jusqu'à nos jours, en passant par la guerre d'indépendance, les fractures mémorielles et les héritages qui continuent de façonner le présent.
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/serie-france-algerie-anatomie-d-une-dechirure
Contrairement à une idée reçue selon laquelle la guerre d'Algérie aurait été un conflit sans images, de nombreux films se sont penchés sur les "événements". Du Petit Soldat de Godard à Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier, de La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo à R.A.S. de Yves Boisset, jusqu'à une flopée de documentaires dans les années 90 (Les Années algériennes, La Guerre sans nom...), les images sur la guerre d'indépendance existent et circulent. Mais, par-delà ces traces, doublées d'un important travail historiographique, il reste que la guerre ne s'est pas conclue sur ce que Benjamin Stora appelle un "consensus mémoriel".
Mesdames et Messieurs,
Cher Benjamin Stora,
Vous avez, vous aussi, durant ces dernières décennies, souvent endossé le costume d’ambassadeur. Un ambassadeur pour la paix, un ambassadeur des mémoires. Car l’histoire, lorsqu’elle est racontée, comme vous avez su le faire, dans toute sa vérité et sa complexité, est réparatrice. On dit souvent que vous êtes le meilleur connaisseur de l’histoire de l’Algérie. Soyez en remercié, car la France comme l’Algérie ont besoin et auront besoin de chercheurs, d’enseignants et d’intellectuels comme vous.
Un documentaire fort et nécessaire, pour passer de la mémoire à l’histoire, de la blessure à l’apaisement.
50 ans après les Accords d’Evian et l’indépendance de l’Algérie, le temps semble venu de raconter la Guerre d’Algérie en regardant l’histoire en face, sans tabou ni silence.
A partir d’images d’archives, en grande partie inédites et provenant de sources très diverses (archives de l’armée française et de la télévision française, mais aussi images des télévisions anglaises, algériennes et d’Europe de l’Est ou encore images d’amateurs).
Guerre d’Algérie – la déchirure donne à voir le conflit dans sa globalité, rendant compte de la diversité des points de vue pour chercher à comprendre ce qui s’est vraiment passé.
Programmation spéciale, cinquante ans après les accords d’Evian | LE MONDE TELEVISION | 02.03.12 |
Cinquante ans après la signature des accords d’Evian mettant fin à la guerre d'Algérie, documentaires et fictions fouillent les mémoires encore à vif pour esquisser une histoire commune aux deux pays, sans tabou ni a priori. D.R.
Surmonter les conflits de mémoires encore à vif pour esquisser enfin une histoire qui rassemble. Une histoire commune de la France et de l'Algérie, sans tabou ni a priori; une histoire à plusieurs voix mais d'un seul tenant, suffisamment complète pour que tout le monde s'y reconnaisse, assez solide pour que chacun s'y adosse. Cinquante ans après la signature des accords d'Evian (le 18 mars 1962), ce défi-là reste immense.
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La France avait voulu « effacer » les évènements de sa mémoire. Stora, Favre et Alfonsi les ressuscitent. Trois ans d’enquête. Quatre heures d’images. Le choc des témoignages. Trente ans après. Enfin…
En 1971, vingt-six ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, la sortie du film d’André Harris et Alain de Sédouy, réalisé par Max Ophuls, « Le Chagrin et la pitié », fut reçue comme un choc par les Français. Ce film révélait une vérité désormais admise mais jusqu’alors largement gommée : les résistants avaient été minoritaires face aux non-engagés, aux pétainistes et aux collaborateurs. Ainsi s’effondrait le mythe du « résistancialisme », fondé en 1945 et sur lequel, après la tourmente, s’était ressoudé, vaille que vaille, la société française.
Aujourd’hui, presque trente ans après la fin de la guerre d’Algérie, le film « Les années algériennes » conçu par Benjamin Stora avec Bernard Favre et Philippe Alfonsi –trois ans d’enquête- va provoquer un second choc, tout aussi violent, mais d’une autre nature.
Marraine du Djebel
De Isabelle Laurent.
Préface Benjamin Stora
Broché - format : 15,5 x 24 cm
Editeur Michalon Eds
ISBN : 978-2-84186-917-6 • À paraître le 4 avril 2019 • 240 pages
Plusieurs épisodes se superposent et s'enchevêtrent dans le long parcours d'Abdelaziz Bouteflika depuis l'indépendance de l'Algérie. Le grand historien, spécialiste de l'Algérie, commente pour "l'Obs" l'album photo du président déchu.
Sous la direction de Benjamin Stora et Émile Temime.
Broché: 382 pages
Editeur : Hachette Littératures (14 mars 2007)
Collection : Essais
Langue : Français
ISBN-10: 2012372619
ISBN-13: 978-2012372610
Thèse de doctorat de Caroline Bégaud,
La troisième république française coloniale en Algérie. Pour une histoire politique d’Oran, de 1930 à 1939.
Thèse de doctorat d’histoire, soutenue en 1999 à l’université Paris 8 Sant Denis.
Résumé
Cette thèse étudie les rapports à Oran, chef-lieu de département français en Algérie coloniale, entre 1930 et 1939. La France, en exportant son modèle politique outre-mer, installe à Oran, ville de deux cents mille habitants dans l’entre-deux-guerres, les mêmes partis ou modes électoraux qu’en métropole. Avec une particularité : seuls les Européens et les juifs naturalisés peuvent faire partie du corps électoral. L’auteure analyse comment la compétition électorale s’est construite autour d’un discours antijuif, exalté par le mythe de la latinité de l’Afrique du nord élaboré par le colonisateur. L’arrivé en mai 1934 d’un personnage charismatique, l’abbé Lambert, élu maire sans appartenance politique et sans filiation politique ancienne dans la ville, bouscule les références partisanes forçant les autres partis politiques à construire d’autres programmes politiques. L’époque de la formation du Front populaire se termine par la victoire du candidat socialiste SFIO aux élections législatives de 1936. Un affrontement se dessine entre deux camps : l’abbé Lambert prend la tête du « Rassemblement national », qui accueille les partis de droite comme le PPF ou le PSF, enracinés dans le département. ; et la gauche, SFIO et PCF qui tentent de recruter dans le monde européen et chez les indigènes musulmans. Ces derniers, très sollicités, commencent à poser le principe d’organisations qui leur appartiennent en propre. Dans la ville d’Oran, où la population ibérique est majoritaire, la guerre civile espagnole se rejoue avec les mots, et dans les faits par la multiplications d’affrontements physiques.
Histoire des relations juifs-musulmans : des origines à nos jours. Un succès de librairie. En France.
Histoire des relations entre juifs et musulmans des origines à nos jours, sous la direction d'Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora, Albin Michel, 1 152 p, 59 euros.
Car en Algérie, l’ouvrage collectif (120 auteurs) co-dirigé par Benjamin Stora et Abdelwahab Meddeb, n’est pas (encore) édité. Plus de dix mille exemplaires déjà vendus depuis octobre dernier. «Jouée» à guichet fermé, la conférence-débat, passionnante et passionnée, a drainé le public des grands jours mais en a laissé plus d’un sur sa faim. Mardi soir, la salle de conférences de l’Institut français d’Alger (IFA) s’est révélée ainsi exiguë pour contenir le public nombreux et hétéroclite venu boire la parole savante.
En juillet 2020, Emmanuel Macron commandait à Benjamin Stora un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie, ainsi que sur les moyens de favoriser une réconciliation entre la France et l'Algérie. L'historien s'est attelé à la tâche non seulement à partir de l'immense historiographie existante, à laquelle il a lui-même grandement contribué, mais aussi en rencontrant des dizaines d'interlocuteurs de tous bords. Pour tenter de rendre compte de cet archipel de mémoires aujourd'hui communautarisées, il ne fallait en effet écarter aucune catégorie d'acteurs : des combattants indépendantistes aux « pieds-noirs », des soldats français aux « harkis », des juifs aux Européens « libéraux », communistes ou partisans de l'Algérie française...
Cette enquête mémorielle est suivie d'un certain nombre de propositions audacieuses, qui touchent aussi bien à la symbolique qu'à l'accès aux archives historiques, afin de reconnaitre afin de mieux connaitre et reconnaitre ces « passions douloureuses ».
Benjamin Stora a publié de très nombreux ouvrages sur la colonisation, la guerre d'Algérie, l'immigration maghrébine, dont plusieurs ont été rassemblés récemment dans la collection Bouquins (Une mémoire algérienne, 2020). Chez Albin Michel, il a co-dirigé avec Abdelwahab Meddeb en 2013 l'encyclopédie Histoire des relations entre juifs et musulmans, et publié avec Alexis Jenni en 2016 Les mémoires dangereuses.
Auteur Benjamin Stora
Éditeur Albin Michel
Date de parution 03/03/2021
Format 14cm x 22cm
ISBN 2226460764
Nombre de pages 208
"La France en guerre d'Algérie" n'est pas un de ces grands sujets d'histoire contemporaine qu'on peut exposer avec la sérénité de l'âge et la tranquillité du savoir établi. Trois décennies après la signature des accords d'Évian, qui oserait soutenir que la douleur n'est pas vivace, que le débat ternit, que le silence s'ébruite, que les mémoires ont baissé les armes ? Et même si l'on parie, d'une génération l'autre, sur l'effet apaisant du temps qui passe, trop d'enjeux nouveaux, sur les deux rives de la Méditerranée, ont aujourd'hui quelque rapport avec cette guerre mal enterrée pour que le travail du deuil puisse suivre sans sursauts son cours inévitable.
L'année 1958 commence par un coup de tonnerre: l'aviation française, qui avait décidé de pourchasser les «rebelles» algériens, bombarde, le 8 février 1958, le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef.
Il y a de nombreuses victimes civiles. La France se retrouve isolée sur le plan international. La crise de la IVe République connaît de nouveaux développements avec la démission du gouvernement de Félix Gaillard le 15 avril. Ce qui semble une nouvelle péripétie de l'instabilité gouvernementale va vite se transformer en crise de régime lorsque, le 9 mai, le FLN, l'organisation indépendantiste algérienne, annonce l'exécution de trois militaires français. Diverses organisations appellent à manifester contre la «démission» des pouvoirs publics, leur incapacité à affronter la situation algérienne.
Deux événements récents, la création de la “Fondation de la mémoire de la guerre d’Algérie” et l’abandon – provisoire ? – du projet de loi algérien de “criminalisation du colonialisme français”, ainsi que la sortie de deux films, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, et Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, montrent, par les réactions qu’ils ont suscitées, que la mémoire de la guerre d’Algérie est devenue un enjeu politique important.
Spécialiste de la guerre d’Algérie, Benjamin Stora vient de publier « L’arrivée », aux éditions Tallandier. Soixante ans après, le récit du choc de sa découverte de la métropole en juin 1962.
En une dizaine d’années, le jeune Benjamin Stora passe de l’enfance à l’âge adulte, de Constantine en guerre au Paris de Mai-68. Il raconte sa propre histoire dans son nouveau livre L’arrivée. De Constantine à Paris (1962-1972). Entretien.
Par Makhlouf Mehenn.
Longue interview accordée par Benjamin Stora à TSA. L’historien français spécialiste de l’Algérie évoque le poids du passé dans la relation France – Algérie, la crise actuelle entre les deux pays, la mission qui lui a été confiée par le président français, la commission mixte d’historiens, les blocages, l’affaire Boualem Sansal et les attaques de l’extrême-droite contre sa personne. Non sans faire au passage quelques confidences.
Benjamin Stora, historien spécialiste des relations algéro-françaises, co-auteur de la BD "Les Algériens en France" aux éditions La Découverte, est l'invité de #LaMidinale.
 
 
L'homme, l'historien de l'entre deux
Cet hommage à Benjamin Stora qui vient de prendre sa retraite universitaire a été organisé à l'initiative de la dynamique NaïmaYahi, présidente de Pangée - Network et historienne spécialisée de l'immigration algérienne à travers la musique avec Marie Chominot...
Début 1960, à 22 ans, Jean-Michel Meurice débarque en Algérie comme appelé du contingent. Benjamin Stora, lui, a 10 ans, et sa famille – des commerçants juifs de Constantine – vit depuis plusieurs années dans l’angoisse de la guerre. Elle va causer quelque 500 000 morts en un peu plus de sept ans, mais comme une majorité de Français, le soldat Meurice en ignore alors à peu près tout. Et l’armée, qui lui « apprend à tuer », ne lui explique « ni qui ni pourquoi ». Un silence qui se fera de plus en plus pesant alors que l’Algérie française, au fil des mois, se défait sous ses yeux dans un chaos grandissant. Car le pouvoir gaulliste, accuse-t-il, va peu ou prou abandonner à leur sort, puis à leurs blessures, tous ses protagonistes : pieds-noirs, harkis, appelés. Sa chronique à la première personne du singulier débute avec les émeutes qui voient pour la première fois, en janvier 1960, des civils français dresser des barricades pour affronter leurs gendarmes à Alger. Elle s’achève avec la recrudescence des massacres qui, entre les accords d’Évian, le 18 mars, et l’indépendance algérienne, le 5 juillet 1962, frappent tous les camps, tandis que la France accélère le retrait de son armée.
Un film de Jean-Michel Meurice et Benjamin Stora
DVD PAL Version Française, 52 min.
Zadig Productions - ARTE France - INA 2011
Guerre d’Algérie, la déchirure
de Gabriel Le Bomin et Benjamin Stora
La guerre d’Algérie a bien eu lieu. La preuve, l’Assemblée nationale française l’a reconnu officiellement en juin 1999… Plus de trente ans après la fin du conflit. Jusqu’alors, on continuait à parler, contre toute évidence, d’« opérations de maintien de l’ordre ». Lesquelles ont fait, au final, quelque 400 000 morts côté algérien et 30 000 rien que chez les appelés du contingent.
Cette hypocrisie, ce déni de la réalité sautent aux yeux dans le documentaire en deux volets signé par le réalisateur Gabriel Le Bomin et l’historien Benjamin Stora. Car son personnage principal, c’est bien l’armée française. L’armée et ses centaines de milliers d’appelés qui pour la plupart n’avaient jamais quitté leur famille avant d’embarquer pour la rive sud de la Méditerranée. L’armée et ses paras accueillis à leur arrivée à Alger comme des héros par la population européenne. L’armée et ses figures de proue qui, jusqu’à leur disparition, continueront de susciter la polémique : les généraux Salan, Massu et autre Bigeard.
Échange entre le philosophe africain Souleymane Bachir Diagne et l'historien Benjamin Stora sur la question post-coloniale.
Antijudaisme et antisémitisme dans l’Algérie coloniale, 1830-1962,
De Geneviève Dermenjian, préface de Benjamin Stora
Aix-en Provence, Ed Presses universitaire de Provence, 2018.
Par : Hamid GRINE
Docteur en sociologie et en histoire, Benjamin Stora, fils de Constantine, est devenu, au fil de ses ouvrages, l’historien de référence de l’Algérie et du Maghreb. De livres en livres, il creuse son sillon sur son pays d’origine, devenant dans les années 90 un expert médiatique, malgré lui, de la terrible tragédie que vivait notre pays. Connaissant parfaitement la réalité du terrain, Benjamin Stora n’a pas servi de relais aux tenants de l’insidieuse question “Qui tue qui”. Il était alors l’une des rares voix à avertir sur le danger d’une Algérie sous étendard vert. Le voilà menacé de mort en France même par les islamistes l’obligeant à s’exiler au Vietnam, alors qu’il se relevait difficilement d’un quadruple pontage coronarien !
Musiques et musiciens de Constantine au XXe siècle. Par Abdelmadjid Merdaci,
Soutenue en 2002 à l’université de Paris VIII, Saint-Denis.
Thèse de doctorat en Sociologie.
Mention très honorable, avec les félicitations du jury.
Résumé :
L'évolution des conditions d'exercice musical à Constantine au XXe siècle est principalement marquée par le passage de la médina algérienne à la ville européenne. Ce passage consacre autant le changement de statut des musiciens que des musiques désormais régulés au plan économique par le marché et la gestion patrimoniale des musiques par l'état/nation. L'urbanisation du champ musical minorise et marginalise les musiques citadines et sanctionne l'hégémonie des musiques néo-urbaines issues des mutations démographiques de la Constantine d'après l'indépendance.
Benjamin Stora/Jean-Baptiste PERETIE CAMUS BRULANT Paris, Stock, « Parti pris »,2013,128 p.
Dans L’Hôte, une nouvelle intégrée au recueil L’Exil et le Royaume, publié en 1957, Albert Camus trace le portrait d’un instituteur – Daru – à qui un gendarme confie, le temps d’une nuit la garde d’un « Arabe » qui a tué son propre cousin, avec mission de le conduire, le lendemain, à un poste de police. Au lever du jour, Daru accompagne son « hôte » jusqu’à un croisement de chemins : vers l’Est, le poste de police, vers l’Ouest, la liberté. A lui de choisir. L’homme se dirige vers l’Est. De retour dans son école, l’instituteur découvre une inscription sur le tableau noir ; « tu as livré notre frère. Tu paieras. » La nouvelle se termine sur cette phrase : « Dans ce vaste pays qu’il avait tant aimé, il était seul. »
"Régis Debray et Benjamin Stora rendent ici la frontière à sa densité civique. C'est à l'horizon d'une réflexion renouvelée sur les limites et ses seuils que s'inscrit leur échange. Benjamin Stora se livre à un vibrant plaidoyer pour une France agrandie, aux antipodes de la nation autoconfinée des extrêmes. Régis Debray lui répond qu'il faut que "la France redevienne une puissance émettrice d'innovations et de traditions."
Rêvant que ce pourrait être un élargissement, cet archipel de francophonie qui reste encore à constituer".
Alexis Lacroix, journaliste et écrivain
Régis Debray, écrivain et philosophe, a récemment publié Du génie français et D'un siècle l'autre
Benjamin Stora est historien, spécialiste de l'histoire du Maghreb, il est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages dont en 2020, Retour d'histoire et Une mémoire algérienne.
Éditeur : Bayard
Date de parution : 17/03/2021
Collection : Société
Format : 12cm x 18cm
Nombre de pages : 96
ISBN : 2227499419
Cet ouvrage se présente comme la « fusion » de trois récits parus, en France, entre 1991 et 1994 dans la petite collection « Repères ». Il s’agissait alors de présenter à un public francophone une histoire accessible et claire de l’histoire de l’Algérie contemporaine au XIXe siècle et XXe siècle.
Sous la direction de Benjamin Stora et Laurent Gervereau
Pourquoi privilégier la photographie pour comprendre ces 'événements' algériens qui deviendront une guerre ? Parce que nous en avons fini, avec la Première Guerre mondiale, de la peinture de bataille. Parce que la nature même de ce conflit ne provoque pas cette abondance d'actualités filmées propre à la Deuxième Guerre mondiale. Parce qu'il faut attendre le Vietnam pour que les reportages télévisés se mettent à prendre le pas sur la photo de presse. Il existe donc une importance particulière de la photo pour cette période. Les 'événements' devenus 'guerre' occupent une place singulière, sur une durée longue (1954-1962), avec des résonances constantes jusqu'à aujourd' hui.
Broché: 176 pages
Editeur : Marval (22 mars 2004)
Langue : Français
ISBN-10: 2862343781
ISBN-13: 978-2862343785
